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14 articles avec chiens

Le chien handicapé

Publié le par Françoise Andersen

Nous étions allés nous promener dans le parc de la plage d'Amphion pour essayer de photographier un héron dans son nid en haut d'un grand arbre, quand j'ai cru tout à coup voir un loup au bord du lac. Il avait des yeux clairs et son pelage ressemblait plus à celui d'un loup qu'à celui d'un berger allemand.

Le chien handicapé

De retour à la maison, j'ai cherché des images de loup sur Internet et avouez que la ressemblance est frappante.

Loup

Loup

Peut-être s'agissait-il d'un croisement entre un chien et un loup ? Cela m'a fait penser à l'histoire du "loup-chien".

A part le fait qu'il ressemblait à un loup, je n'avais rien remarqué d'anormal. Il était assis sur la pelouse devant le lac et semblait très intéressé par ce qui se passait dans une barque de pêcheurs.

 

J'ai donc moi-même porté mon regard sur cette barque. Elle était immobile et il m'a semblé qu'au lieu de pêcher, ses occupants étaient occupés à s'embrasser. Comme j'ai toujours trop d'imagination je me suis imaginé une liaison extra-conjugale dans un lieu original. Peut-être qu'il s'agissait plus de "pécheurs" que de "pêcheurs". Comme quoi un accent peut parfois faire toute la différence ! Peut-être qu'en cliquant pour agrandir la photo vous me donnerez raison ?

Le chien handicapé

J'en étais là de mes réflexions quand la propriétaire du chien a avancé une sorte de petite charrette. Elle a harnaché le chien qui a eu du mal à se mettre sur ses pattes. C'est seulement à ce moment que j'ai vu que la pauvre bête avait tout l'arrière-train paralysé et que ses jambes arrière pendaient lamentablement. Mais il semblait quand même heureux et il est parti tout guilleret se promener le long du lac. Il a de la chance d'avoir une maîtresse qui lui permette de bien vivre son handicap.

Le chien handicapé

Publié dans CHIENS

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Retrouvailles avec le "chien ingrat"

Publié le par Françoise Andersen

Les météorologues nous avaient promis du soleil et une hausse de la température. Pour une fois ils ne se sont pas trompés. On avait envie de chanter la chanson de Michel Fugain "Le printemps est arrivé".

Vu d'en haut, le lac Léman semblait se prendre pour la Méditerranée.

Vous avez vu ce bleu ?

Retrouvailles avec le "chien ingrat"

Avant d'arriver en haut, je n'ai pu m'empêcher de prendre des photos de ce beau ciel bleu.

Retrouvailles avec le "chien ingrat"
Retrouvailles avec le "chien ingrat"
Retrouvailles avec le "chien ingrat"

Et comme un bonheur ne vient jamais seul, j'ai vu arriver le "chien ingrat" qui accompagnait un couple de personnes âgées, qui gravissaient péniblement la pente.

    

 

Quand je l'ai appelé, il est tout de suite monté vers moi en frétillant de la queue. Cela m'a fait vraiment plaisir, car j'avais été peinée quand il avait, à plusieurs reprises, fait semblant de ne pas me reconnaître.

Retrouvailles avec le "chien ingrat"

J'ai eu l'impression qu'il hésitait entre continuer à monter avec des gens qui marchaient aussi lentement que nous ou bien nous suivre dans la descente. Mais après avoir échangé quelques mots avec nous, la dame, lui a dit "Viens, le chien" et il l'a suivie. J'ai juste eu le temps de le photographier de dos. Vous voyez mon ombre à sa gauche

Retrouvailles avec le "chien ingrat"

 

J'ai été un peu déçue mais malgré tout heureuse que mes relations avec ce chien se soient quand même améliorées. Peut-être que la prochaine fois, c'est nous qu'il suivra. Aujourd'hui il voulait profiter de ce temps magnifique et il n'avait pas envie de redescendre déjà chez lui.  C'est compréhensible.

 

Retrouvailles avec le "chien ingrat"

Publié dans CHIENS

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Un chien ingrat (nouvelle histoire)

Publié le par Françoise Andersen

Je vous ai déjà parlé de ce que j'appelle les "chiens randonneurs" de Haute-Savoie. Ils n'aiment pas se balader seuls en montagne. Ils attendent souvent près d'un parking. Quand ils voient des gens qui se préparent à partir en rando, ils viennent se coucher près de leur voiture et attendent patiemment qu'ils soient prêts pour leur emboîter le pas.

 

Étant donné que nous ne pouvions plus faire de grandes marches en montagne, cela faisait longtemps que cela ne nous était pas arrivé d'en croiser un. Eh oui, l'âge venant ( je vais sur mes 76 ans et mon mari sur ses 79 ), nous devons nous contenter de courtes promenades, qui ne demandent pas trop d'efforts. Finies les marches de cinq  ou six  heures d'affilée sur des chemins escarpés. Mais j'ai heureusement la sagesse de suivre le principe d'un vieil ami : "Il ne faut pas se plaindre de ce qu'on ne peut plus faire, mais se réjouir de ce qu'on peut encore faire". Donc je suis quand même heureuse et fière de pouvoir encore arriver à gravir la petite route pentue qui mène au monastère et aux ruines des Châteaux. Je me dis qu'il faut me réjouir de pouvoir encore aller de Thonon aux Allinges, avant de passer à l'étape suivante, "... du lit au fauteuil et du fauteuil au lit", suivant les paroles de Brel dans "Les vieux". Elles m'ont toujours fait frémir, même quand j'étais jeune.

 

Un jour, l'hiver dernier,  alors que nous venions de nous garer sur le parking, qui était désert, j'ai vu un chien que j'ai tout de suite reconnu comme étant un "chien randonneur". Il nous avait aussi repérés et il est venu vers notre voiture. Je lui ai adressé la phrase traditionnelle:  "Alors le chien, tu viens te promener avec nous ?". Il a acquiescé de suite en langage chien, c'est-à-dire qu'en entendant le mot "promener", il a levé les yeux vers moi en frétillant de la queue. Il semblait très content d'avoir trouvé de la compagnie. En effet l'hiver les promeneurs sont rares pendant la semaine, à moins qu'il fasse vraiment beau. Il nous a suivis non seulement ce jour-là, mais plusieurs fois pendant  l'hiver. Chaque fois que nous arrivions au parking des Châteaux je le cherchais des yeux. Il n'était pas toujours là, mais s'il l'était, il semblait content d'avoir enfin de la compagnie et il nous suivait toujours. Je me suis aperçue un jour qu'il habitait une maison en face, dont la grille était toujours ouverte.

 

Il me semblait l'avoir déjà vu quelque part, mais c'était parce qu'il ressemblait au chien de l'auberge du Col du Feu, dont je vous ai parlé dans "Le chien qui aimait la montagne".

 

Avant, quand nous marchions encore d'un pas allégre,  les chiens restaient à nos côtés. Les gens que nous croisions pensaient qu'ils étaient à nous. Cela nous valait même parfois des regards mauvais de la part de personnes tenant leur chien en laisse, mécontents que nous n'en fassions pas autant avec "le nôtre", s'il y avait un écriteau portant la mention: "Les chiens doivent être tenus en laisse". Je me sentais donc parfois obligée d'expliquer: "Je ne connais pas ce chien. Il nous a suivis".

 

Comme nous marchons maintenant très lentement, le chien des Allinges prenait vite de l'avance, mais il se retournait régulièrement pour voir si nous le suivions toujours. Souvent il s'arrêtait pour nous attendre patiemment. Mais il arrivait aussi qu'il disparaisse tout à coup. 

 
Un chien ingrat (nouvelle histoire)
Un chien ingrat (nouvelle histoire)

Mais il nous attendait toujours à l'entrée du monastère.

Un chien ingrat (nouvelle histoire)

Pendant que je prenais des photos, il tuait le temps en fouinant ici et là et en semblant penser: "Elle a pas bientôt fini, la vieille ?". Je voyais bien qu'il aurait préféré continuer à grimper.

 

Un chien ingrat (nouvelle histoire)
Un chien ingrat (nouvelle histoire)

Mais il nous suivait malgré tout à chaque fois que nous redescendions. De retour sur le parking, suivant l'habitude des "chiens randonneurs", il s'en allait, indifférent. A chaque fois, je m'attends à de touchants adieux avec ces  chiens, car je m'attache vite. Mais je suis toujours déçue car, une fois la promenade finie, nous n'existons plus. 

 

Un jour nous montions péniblement, car nous venions de rentrer du Danemark, plus précisément de l'île de Lolland qui culmine à 34 m. et nous n'étions plus habitués aux chemins raides. Le pauvre chien était donc obligé de nous attendre souvent et je croyais sentir chez lui un certain agacement. Cela s'est confirmé quand un jeune couple nous a doublés d'un pas sportif. Quand ils sont arrivés à sa hauteur, au lieu de continuer à nous attendre, il leur a emboîté le pas. Quand nous sommes arrivés en haut, il était couché aux pieds de ses nouveaux "maîtres", qui avaient trouvé un banc au soleil. Nous sommes allés nous installer sur un autre banc et je l'ai appelé, mais il a fait comme s'il ne m'entendait pas. Pareil quand nous sommes redescendus. Il a refusé de nous suivre.

 

La fois suivante quand je l'ai vu sur le parking et que je lui ai proposé de venir avec nous, il a fait semblant de ne pas nous connaître. Je vous assure que c'est vrai: Il a tourné la tête ostensiblement, en ayant l'air d'être très absorbé par la contemplation de quelque chose dans le lointain. Il se comportait comme quelqu'un qui ne veut pas vous parler et fait semblant de ne pas vous reconnaître. Dès qu'il a vu des jeunes gens s'apprêter à monter, il les a suivis, sans même qu'ils l'y invitent. Je n'existais plus pour lui. Il en avait eu assez de devoir sans arrêt nous attendre. Il préférait les gens qui marchent plus vite.

 

Je lui en veux car quand il n'avait personne d'autre que nous, pendant l'hiver, il était bien content de nous trouver. Il pourrait bien être un peu reconnaissant et venir avec nous ne serait-ce que de temps en temps. J'aime beaucoup les chiens mais je n'ai jamais pu en avoir, alors je suis contente quand j'ai l'impression d'en avoir un, le temps d'une promenade. Mais non,  je vous le dis: ce chien est un ingrat sans coeur.

Publié dans CHIENS

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Le Noël de Blacky

Publié le par Françoise Andersen

 

Blacky, c’était le labrador de mon fils et de ma belle-fille.

 

                           Labrador_retriever_bulaj1.jpg

 

Le soir de Noël, j’étais arrivée avec un faux os en couenne pour lui, mais je n’avais pas fait un paquet cadeau. Je n’ai jamais eu de chien et j’avais toujours trouvé ridicules les gens qui font des paquets pour leur chien et les mettent sous l’arbre avec les autres. Mais je viens de changer d’avis et j’ai très mauvaise conscience vis-à-vis de ce pauvre Blacky.

 

Pendant la distribution des cadeaux, il était assis par terre, l’air assez abattu. Quand il entendait crier un nom, il levait un sourcil et puis il retournait à sa rêvasserie.

 

                                      sapindecore.gif

 

Le beau-père de mon fils, Niels, lisait à haute voix le nom du destinataire de chaque cadeau, avant de le donner à ma petite-fille qui faisait la distribution.

 

Niels s’est écrié soudain : "Un cadeau pour Blacky !". Celui-ci s’est levé d’un bond, a arraché le cadeau de ses mains d’un coup de dents. Avant de l’ouvrir, il est venu le montrer à tout le monde, en balayant tout sur son passage, à grands coups de queue. Il s’arrêtait devant chacun d’entre nous en se trémoussant et en hochant la tête pour bien attirer notre attention sur ce cadeau qui lui faisait tant plaisir.

 

Les autres invités avaient ouvert leurs cadeaux en feignant souvent poliment une joie qu’ils n’éprouvaient pas. Les enfants, habitués à être trop gâtés et à recevoir tout au long de l’année presque tout ce qu’ils désiraient, semblaient assez blasés. Mais dans le regard de ce chien, il y avait cette joie simple et authentique que j’avais cherchée en vain chez les humains qui se trouvaient autour de moi ce soir-là.

 

                                                            -ooOoo-

 

J'ai déjà publié cette histoire, il y a quelques années, sur le site de l'école communale de Martigny (Suisse)

 http://zwook.ecolevs.ch/martigny/zwook/enfants/histoiresvraies

 

 

 

© Françoise Andersen

Cette histoire a déjà été publiée, il y a quelques années, sur le site de l'école communale de Martigny (Suisse)

Publié dans CHIENS

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Le chien qui avait perdu son ami

Publié le par Françoise Andersen

Ce jour-là, nous étions allés marcher dans la neige au-dessus du Col du Feu

 

                 DSCN5453.JPG

 

En redescendant, j'ai eu le regard attiré par les allées et venues d’un chien sur le parking, en face de l’auberge. Il semblait chercher quelque chose ou quelqu’un. Quand nous sommes arrivés près de notre voiture, il est venu vers moi et je lui ai trouvé l’air très triste. 

 

                        ancien_chien_d-arret_danois.jpeg

 

Il avait un collier, était très bien entretenu et n’avait rien d’un chien perdu. Je me suis donc dit que ses maîtres étaient sûrement en train de s’équiper avant de partir en randonnée et qu’il trouvait peut-être simplement le temps long. Nous sommes donc rentrés à la maison et je ne me suis plus souciée de ce chien.

 

Quelques jours plus tard, nous sommes revenus au Col du Feu et quelle n’a pas été ma surprise de voir le même chien, qui se comportait exactement comme la dernière fois. Quand je suis sortie de la voiture, il s’est approché et a levé vers moi un regard implorant. J’avais vraiment l’impression qu’il essayait de me dire que je devais l’aider. Mais je ne pouvais rien pour lui et il s’est éloigné en continuant à regarder dans tous les sens. Puis il s’est dirigé vers le sentier qui mène au plateau de Trécout, mais est vite revenu sur le parking.

 

                                                         DSCN9488.JPG

 

Je lui ai proposé : « Tu viens te promener avec nous ? ». Il nous a emboîté le pas, mais dès que nous nous sommes dirigés vers la route de Trés-le-Mont, il a fait demi-tour pour aller se poster sur le bord de la route de Lullin.

 

Nous avions l’habitude, en revenant de randonnée, d’aller boire un bon chocolat chaud au bar de l’auberge. Je me suis dit qu’en questionnant la propriétaire j’allais peut-être avoir une explication au comportement très étrange de ce chien. J’ai donc demandé à la dame : « Est-ce que vous avez remarqué ce grand chien qui a l’air si triste et qui semble chercher quelqu’un ? ».

 

                        DSCN9484.JPG

 

Elle m’a alors raconté son histoire. Une ferme qui se trouvait en contrebas, sur la route de Lullin, avait brûlé. Les fermiers avaient deux chiens qui étaient inséparables, celui-ci et un autre plus petit. Quand l’incendie s’était déclaré, les deux chiens s’étaient enfuis, pris de panique, mais un seul était revenu bien plus tard, seul, par le sentier de Trécout. On n’avait plus jamais revu le petit chien. Peut-être qu’il s’était perdu et était mort de froid dans la montagne, ou bien que quelqu’un l’avait recueilli. On ne le saura jamais. Mais "le chien triste" était inconsolable d’avoir perdu son ami. C’est pourquoi il restait là à l’attendre, espérant qu’un miracle allait se produire et qu’il allait le voir surgir tout à coup, soit du sentier de Trécout, soit de la route de Lullin, où se trouvait la ferme. Peut-être qu’il a fini par accepter la perte de son ami, car nous ne l’avons plus jamais revu sur le parking du Col du Feu.

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LE CHIEN QUI AIMAIT LA MONTAGNE

Publié le par Françoise Andersen


 

Nous partons souvent marcher en montagne à partir du Col du Feu, qui n’est pas très loin de Thonon. Il y a quelques années quand, pour la première fois, nous sommes arrivés sur le parking, le chien de l’auberge est tout de suite venu vers nous à pas lents. C’était un sympathique chien de chasse à poils longs.


Il nous a regardés, avec beaucoup d’intérêt mettre nos chaussures de randonnée. Quand nous avons été prêts à partir, je lui ai demandé : « Tu veux venir te promener avec nous ? » Semblant m’avoir comprise, il a remué sa longue queue d’un air guilleret et il nous a emboîté le pas.


Il nous a suivis jusqu’à la chapelle d’Hermone. Il s’est allongé discrètement à quelques mètres de nous, sans mendier quoi que ce soit. Quand nous avons déballé notre pique-nique et que je lui ai offert un bout de jambon, il l’a toutefois accepté, mais on aurait dit que c’était plutôt par gourmandise. Ce n’était donc pas par intérêt qu’il nous avait suivis. Il aimait, comme le « chien randonneur » d’une autre histoire, accompagner des promeneurs. Il a pris l’habitude de nous suivre chaque fois que nous partions en balade. Il grimpait bien plus vite que nous, mais il s’arrêtait de temps pour nous attendre.

 

Un jour, alors que nous redescendions, la pluie s’est mise à tomber. Il a alors quitté tout à coup le chemin et pris un tout petit sentier que je ne connaissais pas. Nous hésitions à la suivre. Alors il est remonté vers nous, puis a refait quelques pas dans le sentier. On voyait qu’il voulait nous montrer qu’il fallait aller par là. J’avais envie de lui faire confiance pensant qu’il connaissait un raccourci, mais mon mari n’a pas osé. Nous avons donc pris notre chemin habituel. Le chien est remonté vers nous en soupirant. Il semblait penser que nous étions bêtes, mais il ne voulait pas nous abandonner. La pluie est devenue plus forte. Nous avons mis nos imperméables et cela me faisait de la peine de voir ce pauvre chien tout mouillé qui marchait á côté de nous. Je lui ai dit sans trop d’espoir qu’il me comprenne : « Ne nous attends pas. Va vite te mettre à l’abri à l’auberge. » 

 

Croyez-moi si vous voulez, mais il est parti immédiatement à toute allure. Quand nous sommes arrivés à l’auberge, il était allongé bien à l’abri sous le balcon. Et le plus drôle, c’est que je lui avais parlé en danois, étant donné que je parle toujours danois quand je suis seule avec mon mari. Peut-être que la transmission de pensée marche avec les animaux... Pour ce qui est du sentier, nous avons su ensuite que c’était un raccourci qui nous aurait menés bien plus vite à la voiture.

 

Certains jours le chien préférait rester à l’auberge. Le patron m’avait expliqué que c’était quand il avait déjà fait trois ou quatre heures de marche avec d’autres personnes. Je n’insistais donc pas, surtout qu’au fil des années ce chien était devenu très vieux. Mais la présence de ce gentil compagnon me manquait ensuite.

 

La première fois, il était resté à l’écart pendant que nous pique-niquions. Mais, nous connaissant mieux, il avait pris l’habitude de s’installer à nos pieds pour faire une petite sieste. Parfois même sur nos pieds, nous servant de bouillotte. Quand il se réveillait, il allait s’asseoir là où on avait la plus belle vue sur les montagnes environnantes. J’avais dit à mon mari : « Regarde, il admire le paysage ! ». Mais il m’avait taxée d'anthropomorphisme. Son explication était beaucoup plus terre à terre. D’après lui, il cherchait simplement un éventuel gibier. Mais je ne suis pas du tout persuadée que mon mari ait eu raison.

 

Un soir, comme leur vieux chien n’était pas rentré, ses maîtres, inquiets, sont partis à sa recherche. Ils l’ont trouvé sans vie sur un sentier. Je crois que sentant sa fin proche, il avait choisi d’aller faire, seul, une dernière balade, pour finir sa vie dans cette montagne qu’il aimait tant.

 

Je repense toujours à lui avec émotion quand nous allons au Col du Feu. Je le revois courant devant nous, puis se retournant et nous attendant patiemment, et c’est un peu comme s’il n’était pas vraiment mort.

 

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LE CHIEN OBÉISSANT

Publié le par Françoise Andersen

Nous venions de pique-niquer en montagne. Avant de partir, mon fils s’était amusé à grimper en direction d’un chalet qui était au-dessus de nous.

 

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Tout à coup, je le vois dévaler la pente à toute vitesse. Il avait à ses trousses un chien furieux. Il avait beau courir aussi vite qu’il le pouvait, le chien était en train de le rattraper.

 

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Je sentais que celui-ci allait bientôt planter ses crocs dans les fesses rebondies de mon petit chérubin. Ayant entendu dire qu’il ne fallait pas courir, que cela excitait les chiens, j’ai hurlé "STOP" pour que mon fils s’arrête. Mon ordre impérieux a eu un effet vraiment inattendu : mon fils, qui n’était pas très obéissant de nature, a continué sa course. En revanche, le chien a "freiné" brutalement. Comme la pente était très abrupte, en essayant de s’arrêter net, il s’est immobilisé, la tête en arrière et les pattes de devant toutes raides. S’il avait été une voiture, on aurait entendu crisser les pneus ! Après m’avoir lancé un regard où se mêlaient la crainte et le respect, il est remonté rapidement en direction du chalet.


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Le loup-chien

Publié le par Françoise Andersen

 

Nous étions en vacances au bord du lac Léman, il y a une trentaine d’années. Nous venions de manger des grillades dans un petit restaurant d’Excenevex. Un chien est alors venu quémander des caresses, que je me suis bien sûr empressée de lui accorder. Les bêtes savent instinctivement que je les aime, et elles viennent toujours vers moi.


Avec son museau pointu, ses yeux en amandes et son pelage noir, il me faisait penser au loup du "Petit chaperon rouge".

 

                             photo47469-m.jpeg

 

J’en ai fait la remarque amusée à son propriétaire qui s’est exclamé aussitôt : "Mais c’est un loup ! Enfin... il est moitié chien, moitié loup". 

 

J’ai immédiatement retiré ma main, provoquant chez le "loup-chien" un doux regard de triste reproche et dans ma conscience une auto-accusation d’injustice et de racisme. J’ai donc repris mes caresses, mais plus prudemment.

 

Le propriétaire du restaurant nous a expliqué qu’il y avait une cinquantaine de ces "loups-chiens" en France, * et qu’ils étaient destinés à la garde. On devait les amener au contrôle tous les six mois, afin de s’assurer que l’instinct du loup n’avait pas repris le dessus. Il a continué : "Il a l’air tout doux, comme ça, mais c’est un excellent gardien. Vous voyez mon camion frigorifique pour ma viande, là-bas ? Il y en a pour de l’argent dedans. Essayez de faire mine de vous en approcher, vous allez voir."

Je n’ai jamais vu, car j’ai préféré le croire sur parole !

* Il y a longtemps de cela et j'ignore si cette pratique est encore autorisée

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La passagère clandestine

Publié le par Françoise Andersen

 

 

Quand il avait quatre ou cinq ans, Yann, mon plus jeune fils, regrettait beaucoup de devoir se contenter de petits animaux domestiques (cochons d’Inde, hamsters, etc), étant donné que nous habitions un immeuble. Il aurait tant aimé avoir un gros chien. Je lui avais expliqué que ce serait triste pour ce pauvre animal d’être enfermé seul, toute la journée, dans l’appartement. 

 

Il compensait donc cette frustation en jouant avec Flicka, la chienne de ma belle-soeur, quand nous allions lui rendre visite à la campagne. Mon fils aîné aimait bien aussi Flicka, qui était presque aussi grande que lui, quand elle se tenait sur ses pattes de derrière.

 

Au fil des mois, Yann s’attachait de plus en plus à Flicka. Il pleurait quand il devait dire au revoir à son amie et j’avais beaucoup de mal à les séparer, car Flicka l’aimait aussi beaucoup. Il m’avait demandé plusieurs fois s’il ne pouvait pas l’emmener avec nous, juste pour quelques jours. J’avais bien entendu toujours refusé.

 

Un jour, pendant que disais au revoir à ma belle-soeur, j’ai vu que Yann s’était déjà installé dans la voiture, sans que je le lui demande. Pourtant, d’habitude c’était difficile de lui faire abandonner Flicka. A ma grande surprise, j’ai vu qu’il avait même l’air ravi et, dans son oeil, il y avait une lueur coquine qui m’a un peu inquiétée et que j’avais déjà vue auparavant, quand il m’avait joué des tours. Mais je me suis dit qu’il ne fallait pas chercher à comprendre. Je devais juste me rejouir qu’il soit soudain devenu si raisonnable. Peut-être qu’en grandissant il s’était enfin rendu compte que c’était impossible pour nous d’avoir un chien à Copenhague.

 

Nous sommes donc repartis et tout était pour le mieux. Mais au bout de quelques kilomètres, j’ai tout à coup senti un souffle chaud sur ma nuque et j’ai entendu un léger halètement. Je me suis arrêtée immédiatement, assaillie par un mauvais pressentiment. Celui-ci s’est confirmé quand j’ai vu la tête de Flicka qui était juste derrière moi. Elle semblait toute réjouie avec sa gueule entrouverte qui lui donnait, comme à tous les chiens de sa race (colley) un semblant de sourire. Mon fils l’avait fait monter dans la voiture, en lui faisant signe de rester couchée au fond, pour que je ne la voie pas, faisant de cette passagère clandestine sa complice. Elle devait en effet être heureuse de cette aventure. Quand il avait estimé que nous étions assez loin, il s’était sûrement dit que je n’allais pas revenir en arrière et qu’il avait gagné la partie. Il l’avait donc laissée se redresser. Mais j’ai fait demi-tour et je suis allée rendre Flicka à ma belle-soeur, qui ne s’était même pas aperçue de sa disparition. Yann n’a plus fait de tentative d’enlèvement et il a accepté un compromis : nous avons acheté un adorable lapin nain blanc aux yeux bleus, à qui il a appris à se comporter comme un chat.

 

Je n’ai jamais pu avoir de chien et je le regrette, car je les aime beaucoup. Je me contente des "chiens randonneurs" savoyards, qui font de temps en temps un bout de chemin avec nous.

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LE CHIEN EN DEUIL

Publié le par histoires


Nous nous promenions dans un petit village danois, quand mon attention a été attirée par un vieux labrador noir au museau grisonnant, qui s’approchait à pas lents de l’église. Comme beaucoup d’églises danoises, celle-ci était entourée d’un joli petit cimetière. A part la petite plaque en marbre où était gravés le nom du défunt ainsi que la date de sa naissance et de sa mort, chaque tombe ressemblait presque à un petit jardin entouré de buis, dans lequel étaient plantés des arbustes, cyprès, rhododendrons, lilas, rosiers, etc. Le sol était recouvert de graviers et pas une mauvaise herbe ne dépassait. Contrairement aux cimetières français si tristes et angoissants avec leurs grosses pierres tombales, leurs monuments funéraires et leurs fleurs souvent artificielles ou fanées, celui-ci donnait à la mort un aspect naturel et presque acceptable

LE CHIEN EN DEUIL

En passant près de moi, le chien a levé les yeux et je lui ai trouvé l’air très triste. J’avais entendu dire qu’il arrive que des chiens viennent chaque jour sur la tombe de leur maître ou de leur maîtresse. Je me suis donc arrêtée pour voir ce qu’il allait faire. Il est entré effectivement dans le cimetière et est allé jusqu’à une tombe, qui se trouvait sur la gauche, au coin de l’église, derrière les deux cyprès. On voyait bien qu’il n’avait pas erré au hasard dans les allées, et qu’il savait très bien où il allait. Il s’est arrêté et est resté là quelques instants, immobile. Il ressemblait vraiment à quelqu’un qui vient se recueillir sur la tombe d’un proche. Il a ensuite refait lentement le même chemin en sens inverse. J’attendais devant l’entrée. Il a levé à nouveau vers moi un regard plein de détresse, avant de s’éloigner du même pas lent qui lui donnait l’air si accablé.


Les animaux ne peuvent pas exprimer leur chagrin par des larmes, mais je crois qu’à l’intérieur, ce pauvre chien pleurait.

Publié dans CHIENS

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