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Le retour de "mon" crapaud

Publié le par Françoise Andersen

"Françoise, Françoise". Entendant ces appels pressants de mon mari, je me suis précipitée sur la terrasse, en prenant bien soin de prendre, au passage,  mon appareil photo. N'importe qui d'autre que moi, c'est-à-dire n'importe qui de NORMAL, se serait dit immédiatement: "Il a besoin d'aide" ou bien  "Une tornade s'approche de la maison" (Oui, c'est arrivé il y a quelques années, je vous raconterai), Moi,  je me doutais qu'il y avait un animal intéressant à photographier.  En effet mon mari m'a dit en me montrant un coin à l'ombre: "Ton crapaud". Je ne l'avais pas encore vu depuis notre retour au Danemark. Il était camouflé parmi des feuilles mortes, que le vent hivernal avait apportées sur la terrasse et que je n'avais pas encore balayées.

 

Le retour de "mon"  crapaud

Il y a sûrement toute une famille de crapauds chez nous, mais contrairement aux écureuils je n'arrive pas à les différencier, alors ça se résume pour moi à un individu: "Mon" crapaud . Des liens se sont en créés au fil des ans entre lui et moi et ils se sont renforcés le jour où je l'ai délivré de la moustiquaire.

Il faut que je vous explique. Comme j'aime lire ou manger à l'extérieur sans être dérangée par des insectes, j'ai fabriqué et suspendu une moustiquaire au-dessus de notre petit coin-détente, qui est protégé par le toit qui avance au-dessus d'une partie de la terrasse.

Le retour de "mon"  crapaud

Un matin en sortant sur la terrasse, j'avais découvert mon pauvre crapaud pétrifié,  avec avec les griffes prisonnières des mailles de la moustiquaire.

Le retour de "mon"  crapaud

 

Il avait dû se glisser sous la moustiquaire et ensuite  il n'avait pas pu ressortir. Pris de panique, il  avait donc  essayé de grimper sur un côté et, à un moment, la fatigue venant, il n'avait plus pu dégager ses griffes.

 

J'avais mis immédiatement en branle un plan de sauvetage. Je ne savais pas depuis combiren de temps il se trouvait dans cette position très inconfortable, mais il fallait vite le tirer de là.  L'opération était difficile, car il fallait retirer une à une les griffes des mailles du filet tout en tenant un animal qui n'inspire guère les caresses. J'ai donc mis mes gants de ménage en caoutchouc pour éviter le contact avec une peau qui doit, à mon avis,  être visqueuse. Bien entendu même s'il fallait faire vite, j'ai quand même pris le temps de lui tirer le portrait. J'ai cru alors lire un certain reproche dans ses gros yeux. Il devait me supplier intérieurement : "Tire-moi de là, au lieu de jouer les photographes animaliers".  

 

Je suis ensuite entrée sous la moustiquaire. Je l'ai attrapé délicatement mais fermement de la main droite et, avec d'infinies précautions, j'ai libéré les griffes une à une. Cela a pris un certain temps car, pendant que je libérais une patte, il se raccrochait avec l'autre. Vous savez, comme les enfants à qui on essaie de faire lâcher prise. Enfin je me comprends : les enfants n'ont ni pattes ni griffes ! J'opérais avec la minutie d'un chirurgien et j'aurais bien eu besoin d'un assistant, mais connaissant la répulsion de mon mari pour ce genre de bestioles, je me suis dit "Même pas en rêve", et j'ai continué seule.

 

Une fois libéré, je l'ai posé délicatement sur le sol et il y est resté pendant plusieurs minutes complètement immobile, avant de disparaître dans la lavande où il vivait l'année précédente.  

 

 

Le retour de "mon"  crapaud

J'ai bien sûr droit régulièrement aux plaisanteries des voisins: "Tu devrais essayer de l'embrasser. Il se transformerait peut-être en prince charmant". Sur quoi je réplique immanquablement : "Qu'est-ce que je ferais d'un prince charmant à mon âge !"

 

Les premières années, il disparaissait à toute vitesse en me voyant, mais maintenant il reste sur place à me regarder. Peut-être est-il paralysé par la peur, mais je préfère imaginer qu'il me reconnaît. J'aime bien créer des liens avec "mes" animaux sauvages.

 

Je m'occupe bien de "mon" crapaud, car ce n'est pas de sa faute, s'il est si moche. D'ailleurs ma petite voix intérieure me dit: "Tu ne t'es pas regardée?". Et puis j'ai entendu dire que ces animaux étaient très utiles. Ils mangent des insectes nuisibles et même des limaces, dont se plaignent mes voisins, qui en sont réduits à faire d'elles des alcooliques, en leur servant de la bière, dans laquelle elles se noient. Moi j'ai mon "nettoyeur" parfaitement biologique.

Publié dans ANIMAUX DIVERS, CRAPAUD

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Les voleurs de pierres

Publié le par Françoise Andersen

Nous montons souvent aux ruines des châteaux des Allinges, qui ne sont qu'à 6 km de chez nous (Thonon, Haute-Savoie).

 Les voleurs de pierres

Malheureusement des amateurs de vieilles pierres, qui s'en servent sûrement sur leur propriété, viennent sans scrupules se servir sur le petit mur qui borde la montée vers les ruines et le monastère.

 Les voleurs de pierres

Inlassablement la commune d'Allinges le reconstruit, mais dès qu'une portion est réparée, c'est à côté que ça recommence. Un vrai travail de Sisyphe qui doit être désespérant pour les ouvriers municipaux qui l'accomplissent.

Voici le mur après une énième réparation. Avant les ouvriers lui laissaient son apparence d'origine, en construisant "à l'ancienne", sans joint, et en choisissant des pierres qui s'encrastraient les unes dans les autres. Mais maintenant ils cimentent, espérant sûrement rendre les vols plus difficiles. Mais c'est dommage, et en plus ça ne sert à rien, car les pierres continuent à disparaître.

 Les voleurs de pierres

Il y a quelques années, le lierre poussait entre les pierres et retombait joliment de l'autre côté.Mais les racines ont été arrachées lors des vols de pierres et le mur est maintenant dénudé.

 Les voleurs de pierres
 Les voleurs de pierres

En rentrant du Danemark cette année, j'ai constaté, avec une tristesse mêlée de rage, que le dernier travail avait été vain et que le pillage avait recommencé

Le pire c'est qu'à un endroit il y a un trou et que c'est justement en haut où il y a un grand dénivelé à droite (voir la photo suivante). Quand nous redescendons vers le parking et que je vois des enfants que leurs parents laissent marcher seuls en équilibre sur le muret, j'ai toujours peur qu'ils tombent à cet endroit. Je crie toujours: "Attention, il y a un trou un peu plus loin". Je me demande souvent combien il y a d'accidents, quand je ne suis pas là pour les empêcher. ;))

Plaisanterie mise à part, ces vols de pierres peuvent en effet avoir des conséquences dramatiques.

 Les voleurs de pierres

Un jour, j'ai parlé de ce problème avec un monsieur, que j'ai croisé à cet endroit-là. !l m'a dit que ce n'était pas un phénomène nouveau et que plusieurs vieilles maisons du coin avaient été construites avec des pierres des ruines. En effet, en 1703, Victor-Amédée II de Savoie, attaqué par Louix XIV, avait démantelé la forteresse, faute de pouvoir la défendre. Des habitants de la région avaient alors commencé à piller ces ruines.

Mais les pilleurs actuels ne se donnent même pas la peine de monter jusqu'aux ruines. Ils peuvent venir se servir en voiture, car le chemin, qui mène au monastère et aux ruines des deux châteaux est goudronné. Il est interdit à la circulation - à part pour celle des deux moines qui habitent encore au monastère. Mais certains feignent de ne pas voir l'écriteau, dans la journée. Raison de plus pour ne pas se gêner, à la tombée de la nuit, pour venir chercher des pierres en voiture.

Si vous saviez dans quel état de rage cela me met ! C'est comme quand je croise, des enfants avec un bouquet de jolies fleurs sauvages à la main, dans la réserve de Ripaille, au bord du lac. Un écriteau stipule pourtant que toute cueillette est interdite. Ils sont  pourtant accompagnés de leur parents, mais après avoir fait un gros bouquet, ils le jettent une fois fané, avant même d'arriver à la sortie.

Et le pire, ce sont les gens qui, au lieu de se contenter d'aller cueillir du muguet dans le bois, arrachent les racines, sans penser que ce muguet ne refleurira pas l'année suivante, pour la joie de tous. Ils ne connaissent sûrement pas la belle phrase de Saint-Exupéry:

"Nous n'héritons pas de la terre de nos parents, nous l'empruntons à nos enfants".

Remarque:

Je viens de lire sur Google qu'il s'agirait en fait d'une adaptation d'un proverbe indien: "La Terre n'est pas un don de nos parents. Ce sont nos enfants qui nous la prêtent".

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La guerre entre les pêcheurs et les cormorans

Publié le par Françoise Andersen

Depuis que je sais qu'il y a des cormorans sur les piquets qu'on peut voir de très loin depuis "notre" banc sur la digue, au Danemark, je vais régulièrement les photographier, pendant notre long séjour estival sur l'île de Lolland. 

Ces piquets, qui retiennent des filets de pêcheurs, s'étendent à perte de vue et parfois il y a un oiseau sur chaque. C'est vraiment impressionnant.

La guerre entre les pêcheurs et les cormorans
La guerre entre les pêcheurs et les cormorans

On m'a dit que les pêcheurs sont en colère, car ils posent des filets entre les piquets, mais les cormorans n'ont qu'à plonger et se servir, pour attraper un poisson, quand ils ont un petit creux. Les cormorans danois ne sont pas, comme les cormorans chinois et japonais, au service des pêcheurs mais, au contraire,  ce sont ces derniers qui pêchent pour eux.

La guerre entre les pêcheurs et les cormorans

Ils sont pourtant de très bons pêcheurs. Ils peuvent rester jusqu'à 1 minute sous l'eau pour chercher leur nourriture, mais ceux-ci ont apparemment choisi la facilité. 

Je trouve les pêcheurs bien bêtes: je m'étonne qu'ils n'aient pas pensé à mettre une sorte de couvercle métallique conique sur les piquets, de façon à ce que les cormorans ne puissent pas y atterrir. 

Un jour les pêcheurs en ont eu assez et ils sont passés à l'action. Nous les avons vus, de loin, depuis "notre" banc, dans deux barques, en train d'installer des cordes entre les piquets. Ils pensaient sûrement que cela allait empêcher les oiseaux de plonger dans les filets.

La guerre entre les pêcheurs et les cormorans

Quand nous nous sommes rapprochés nous avons vu qu'ils avaient aussi relevé les filets en les suspendant aux rochers. On voyait maintenant le haut des filets qui semblaient être mis en biais, alors qu'avant ils étaient entièrement sous l'eau à l'horizontale. Cela avait demandé beaucoup de temps et d'efforts aux pêcheurs qui espéraient sûrement ainsi empêcher les cormorans de venir se servir.

Dans un premier temps cela a semblé efficace. le lendemain il n'y avait plus de cormorans sur les piquets

La guerre entre les pêcheurs et les cormorans

Mais quand nous sommes revenus, quelques jours plus tard, peu avant notre retour en France, ils étaient à nouveau à leur poste et nous avons même vu un cormoran qui plongeait entre les cordes. 

Certains semblaient même apprécier l'installation des cordes, qui leur permettaient de s'y poser et d'être ainsi plus près des filets.

La guerre entre les pêcheurs et les cormorans

Je pense que les pêcheurs, comme l'a dit le général de Gaulle à propos de la seconde guerre mondiale, ont "perdu une bataille mais n'ont pas perdu la guerre" et j'attends avec impatience d'en connaître l'issue, quand nous serons à nouveau au bord de la Baltique.

Publié dans OISEAUX

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Un vol de cormorans au-dessus de la Baltique

Publié le par Françoise Andersen

Cet été, lors de notre promenade quotidienne le long de la mer Baltique, j'ai soudain entendu un bruit que je connais bien: des cris d'oiseaux qui volaient en formation. Je ne comprends pas d'ailleurs pourquoi certains oiseaux  font tant de bruit. Ils dépensent ainsi inutilement de l'énergie. Mon mari prétend que c'est pour que l'espace aérien soit libre devant eux, comme quand les serveurs crient "chaud devant". Mais je crois qu'il plaisantait. Je suis très naïve et j'avale toutes les blagues ;)

 

En tout cas, c'est vraiment bruyant, surtout s'il s'agit d'oies sauvages ou de canards. Les vols de cygne , je les remarque juste à cause du bruit de bruissement d'ailes. Et j'arrive donc ainsi en général trop tard pour les photographier.

 

Bref j'ai vu au loin, venant de l'Ouest, au-dessus de la mer, quelques petits points en V qui correspondaient à une migration et qui se dirigeaient vers le Sud-Est. Mais le temps que je sorte mon appareil, ils s'étaient tellement éloignés, qu'on ne les voyait presque plus. Et j'étais là toute frustrée avec mon appareil qui ne me servait plus à rien.

 

Mais à mon grand étonnement, un miracle s'est produit: ils ont tout d'un coup changé de direction en faisant un virage à 90 degrés vers le Nord. Pendant qu'ils se rapprochaient de nous, j'ai eu le temps d'allumer à nouveau mon appareil et j'ai pu prendre cette photo au moment où ils passaient presque au-dessus de nous.

 

 

       P1090588.JPG

 

Je crois qu'un des oiseaux m'avait repérée et avait dit aux autres:

 

"Mais c'est-y pas Mme Andersen qui est sur la digue avec son appareil ? Vous savez,  celle qui est l'amie des animaux. C'est dommage pour elle, elle n'a pas pu nous photographier. Allez les gars, soyons sympas, faisons demi-tour. On lui doit bien ça avec tout ce qu'elle fait pour la gent animale".

 

Et c'est ainsi que j'ai pu prendre cette photo   

 

D'accord ce n'est peut-être pas la bonne explication, mais n'empêche que c'est très bizarre qu'ils aient tout à coup changé de direction.  

 

Le temps était en train de changer, la visibilité était très mauvaise, surtout au-dessus de la côte allemande. En revanche le ciel était encore bleu vers le Nord. Ils ont donc peut-être décidé d'aller faire une escale sur les lacs de Maribo (dont je vous parlerai une autre fois). Je pense que cette explication est un peu plus plausible !

 

J'ai appris le lendemain qu'il ne s'agissait ni d'oies sauvages ni de canards, mais de cormorans.

 

J'ai copié à la fin de cet article le lien d'un site où vous pourrez voir un magnifique cormoran en plein vol. J'ai agrandi la photo d'un des oiseaux migrateurs et en effet il y a une ressemblance, même si le "mien" vole dans l'autre sens. 

 

 

 

                                           Pminiature.JPG

 

 

En mai 2012, un jour où le ciel était bien bleu, j'avais  eu la chance de photographier des oies sauvages

 

 

P1050088

Publié dans OISEAUX

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Une libellule en fin de vie ?

Publié le par Françoise Andersen

J'ai réussi un jour, au Danemark, à prendre une photo que je ne pensais jamais pouvoir prendre: celle d'une libellule au repos. En effet jusqu'ici je ne les avais vues qu'en vol et ce n'est pas évident de faire un macro d'une libellule qui zigzague à toute allure.

Voilà le résultat, dont je suis assez fière (Le "assez" c'est pour essayer d'atténuer mon manque total et incurable de modestie) ;)

Une libellule en fin de vie ?

J'ai trouvé ensuite des photos encore plus impressionnantes sur un blog ainsi que sur Wikipedia, où il y a un très beau gros plan d'une tête de libellule.  

 

Si vous voulez en savoir plus sur cet insecte vous pouvez consulter l'encyclopédie Larousse  

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Odonata

http://fr.wikipedia.org/wiki/Odonata

 

 

Peut-être qu'en fait cette libellule n'était pas en fin de vie. Elle se plaisait peut-être tout simplement chez nous. Je la comprends: moi aussi je me plais bien sur la terrasse de notre petite maison de vacances danoise   ;)

Publié dans INSECTES

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Le mini Bambi

Publié le par Françoise Andersen

Un jour en revenant de la ville en voiture, nous avons vu, devant notre haie, ce que nous avons d'abord pris pour un petit chien taille XXS. Mais c'était un petit chevreuil. Je n'en ai jamais vu de si petit. Il n'était guère plus grand que la boîte aux lettres. Il était seul. Mon mari a immédiatement arrêté la voiture de l'autre côté du chemin, pour ne pas l'effrayer.

 

Le petit faon a d'abord couru dans notre direction, puis il a fait demi-tour et est entré dans notre jardin par un petit trou dans la haie.

 

 

                                DSCN1481.JPG

 

 

 Une fois la voiture garée le long de la maison, nous avons vu un chevreuil adulte dans le jardin du voisin d'à côté. J'ai voulu le photographier depuis l'intérieur de la voiture mais, manque de chance, mon appareil m'a annoncé que la batterie avait besoin d'être rechargée. Je suis donc sortie pour aller chercher, avec des ruses de Sioux,  celui de mon mari dans la maison. J'étais courbée en deux pour ne pas dépasser de la voiture et être vue par l'animal, qui était calmement allongé dans l'herbe. 

 

Il était toujours là quand je suis ressortie de la maison avec l'appareil, toujours pliée en deux et cachée par la voiture.

 

 

                                         P1080464.JPG

 

 

 Je pense qu'il nous a vus l'observer dans la voiture, car il s'est levé. Mais ne pressentant aucun danger, il s'est juste léché le dos. 

 

 

                     P1080468.JPG

 

Il a ensuite regardé à nouveau dans notre direction, puis il est parti sans se presser.

 

         P1080466.JPG

 

 

Je ne pense pas que ce soit la maman du "mini Bambi". Mais c'est peut-être son papa. Je lui trouve en effet plutôt une allure masculine. 

 

J'espère que, quand  nous avons vu le petit devant notre haie, à l'extérieur du jardin, sa maman était à l'intérieur  et qu'il est allé la rejoindre. 

 

De telles rencontres me remplissent de joie. Dire qu'il y a des gens qui n'aiment pas vivre à la campagne car, d'après eux: "Il ne s'y passe rien" !"

Publié dans CHEVREUILS

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LA MAMAN ÉCUREUIL QUI ATTENDAIT DES PETITS

Publié le par Françoise Andersen

éjà publié 

 

L’écureuil qui vient régulièrement se nourrir dans mon jardin, est très agile et très rapide, surtout quand il s’agit d’aller voler les graines des mésanges, dans la grande cage en osier qui leur sert de mangeoire. Très souvent, je vois sa queue qui pend à l’extérieur. Cela veut dire qu’il a réussi, une fois de plus, à se faufiler entre les barreaux, qui sont pourtant très rapprochés. Je ne le vois jamais manger ou boire sur le gazon, comme le font les faisans. Il préfère apparemment être en hauteur. Quand il grimpe aux arbres, il va tellement vite que j’ai du mal à le suivre du regard.

 

                           

 

Quand je suspends une boule à une branche, à l’aide d’une ficelle, celle-ci ne résiste pas longtemps à ses petites dents aiguisées. Une fois qu’il est parvenu à la couper, il s’enfuit en vitesse avec son précieux butin pour aller le déguster ailleurs. Le jour où la photo a été prise, nous venions d’arriver au Danemark. Il devait être affamé, car 10 minutes plus tard, il était encore là à s’empiffrer et le filet était presque vide. J’avais peur que ce petit glouton se rende malade, alors je suis sortie pour qu’il s’arrête. Il s’est enfui mais, apparemment, il n’était pas encore rassasié car, à peine avais-je tourné le dos qu’il recommençait. Je l’ai donc laissé terminer son repas pantagruélique.

 

Ensuite je ne l’ai plus vu pendant plusieurs jours. Je suppose qu’il a fait une bonne indigestion ! Je me suis fait vraiment du souci pour lui, jusqu’à ce qu’il finisse par réapparaître un beau matin, en pleine forme.

 

Puis un jour j’ai remarqué que, contrairement à ses habitudes, il mangeait, sur l’herbe, des graines que les oiseaux avaient laissées tomber. Mon mari m’a fait remarquer qu’il avait grossi. Il m’a reproché de trop bien le nourrir et d’en faire un écureuil obèse. En effet il avait vraiment pris de l’embonpoint et son petit ventre blanc commençait à s’arrondir. Devais-je le mettre au régime ?

 

J’ai compris la cause de cette prise de poids quand j’ai vu, un jour, que son ventre ressemblait carrément à une boule. Il n’y avait pas de doute. Il s’agissait d’une maman écureuil qui attendait des petits. Elle était si mignonne : elle se tenait le ventre, comme le font les femmes enceintes.

 

 

Il fallait que je m’occupe bien d’elle pour qu’elle fasse de beaux bébés. J’ai donc mis sur la pelouse de la nourriture et de l’eau dans des petites coupes puisque, apparemment, 

elle ne grimpait plus aussi facilement qu’avant. Mais elle, qui avait si souvent volé la nourriture des petits oiseaux, a été à son tour victime de vol de la part du faisan. Celui-ci semblait très heureux qu’on lui serve ainsi dignement à boire et à manger, alors qu’avant il devait se contenter des graines qui traînaient sur la pelouse. La maman écureuil avait peur de lui et devait donc désormais attendre qu’il s’en aille.

 

Ensuite je ne l’ai plus vue pendant longtemps. Je me suis inquiétée à nouveau. Est-ce que la naissance s’était bien passée ? Est-ce que les petits allaient bien ? Je ne pensais pas que j’aurais la chance de les voir, mais un jour, sur la terrasse, j’ai pu photographier de très près un des bébés écureuils. Il n’avait pas encore appris à se méfier des animaux et des hommes et ma présence ne l’a pas du tout gêné. C’était le portrait craché de sa maman. On pourrait croire que tous les écureuils se ressemblent, mais c’est faux. Même dans le cas de la même race (l’écureuil roux) il y en a qui ont le ventre plus ou moins blanc, une queue qui est bien fournie ou qui, au contraire, ressemble presque à une arête de poisson ; parfois ils ont une zone plus sombre au milieu du dos, etc. Ce bébé écureuil était en tout cas très mignon et j’espère qu’il va revenir dans mon jardin cet été. Mais il sera devenu adulte et je ne suis pas sûre que je pourrai faire la différence entre lui et sa maman.

                                    -ooOoo-
 
J'ai déjà publié cette histoire, il y a quelques années, sur le site de l'école communale de Martigny (Suisse
 

 

 

Publié dans ÉCUREUILS

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Le retour de "mon" écureuil

Publié le par Françoise Andersen

 

 J'avais les deux appareils dans mes mains, car je m'apprêtais à les mettre dans un sac pour les emporter au bord de la mer, où nous voulions chercher un peu de fraîcheur. La température frisait en effet les 30 degrés. Tout d'un coup j'ai apercu un écureuil sur la pelouse. Je l'ai regardé un moment, ravie et incrédule, sans même penser à le photographier. Mais quand il s'est dirigé vers la cage-mangeoire, j'ai posé mon appareil sur la table et pris celui de mon mari qui a un zoom plus puissant.

 

       P1080499.JPG

 

Le temps que l'écureuil arrive au pied de la cage, j'étais prête à le photographier, alors qu'il fouinait dans l'herbe à la recherche de graines de tournesol, que les oiseaux avaient fait tomber. J'étais contente d'avoir à nouveau un écureuil dans le jardin, mais je ne savais pas si c'était "mon" écureuil.

 

Quand il a levé la tête et que j'a vu qu'il reconnaissait la cage, je n'ai plus eu de doutes: c'était bien "mon" écureuil. Il s'est dressé sur ses quatre pattes, comme pour mieux voir. On aurait presque dit un chat. Je ne l'avais jamais vu ainsi.

 

       P1080497.JPG

 

 

Quelques secondes plus tard, il se metttait debout, le regard toujours levé vers la cage. On aurait presque dit qu'il souriait de plaisir. 

 

       P1080498.JPG

 

Il est monté si vite le long du support que je n'ai pas eu le temps de prendre une autre photo. Mais je suppose que je vais avoir plein d'occasions de faire de jolis clichés.

 

J'ai été vraiment contente pour lui qu'il ait retrouvé la "cage-mangeoire" des oiseaux, où il avait l'habitude de venir voler leurs graines de tournesol.   

 

 

         DSCN8745-copie-1.JPG

 

 

Il m'avait à la fois amusée et fait de la peine, lors de notre départ, l'an dernier, quand il s'était aperçu, avec effroi, que la cage avait disparu.

 

Pour lire le début de cette histoire cliquez sur le lien ci-dessous.

 

Publié dans ÉCUREUILS

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Mon petit écureuil coquin

Publié le par Françoise Andersen

 

L'été, au Danemark, dans notre jardin, j'ai la visite d'animaux sauvages (écureuils, lièvres, chevreuils, hérissons). Mes préférés sont les écureuils et, plus particulièrement, celui-ci qui vient tous les jours et qui est presque apprivoisé.

 

          P1060033-copie-1

 

C'est un petit délinquant très malin et déterminé, qui ne recule pas devant des cambriolages risqués, parfois même avec effraction. 

 

            J'ai pu, à plusieurs reprises, le prendre en flagrant délit.

 

 

                               023

 

 

Jusqu'à cette année, il n'avait pas pu avoir accès à la petite cage-mangeoire en osier, dont les barreaux étaient très rapprochés et lui en interdisaient l'accès. Mais un beau matin, que vois-je ? Il avait réussi à y pénétrer, par effraction, en grignotant et cassant trois barreaux.

 

 

                                          DSCN8405.JPG       

 

J'étais bien ennuyée: comment conciler mon envie de nourrir les petits oiseaux tout en donnant aussi à l'écureuil la possibilité de venir manger des graines de tournesol, en toute légalité, sans qu'il ait besoin d'avoir recours à des actes de vandalisme ? 

 

J'ai donc trouvé une solution: j'ai acheté la même cage-mangeoire en taille XXL. Les barreaux étant plus espacés, j'espérais qu'il pourrait s'y glisser sans faire de dégâts et que lui et les oiseaux y viendraient, à tour de rôle. 

 

Juste après l'installation de la cage, une tourterelle a essayé en vain d'y pénétrer, et c'était parfait, mon but étant de nourrir les petits oiseaux et non pas tous les pigeons du voisinage.

 

 

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Mais en même temps, je me suis dit: "Puisque cette petite tourterelle ne peut pas entrer, comment mon écureuil va-t-il faire ?"

 

Très vite cette cage a attiré également la convoitise du pic épeiche. La perplexité se lisait sur son visage. Enfin vous voyez ce que je veux dire...

 

 

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J'ai dû attendre le lendemain matin pour assister aux  tentatives infructueuses de mon petit coquin d'écureuil. En effet, il a l'air tout mignon, mais en fait c'est un prédateur. Il est l'ennemi des oiseaux, dont il mange les oeufs (et parfois même les oisillons) dans leurs nids. 

 

 

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S'il est reparti bredouille le premier jour, c'est qu'il n'avait pas encore procédé à d'indispensables travaux de réaménagement de la cage.  Une fois ces travaux effectués, y entrer a été pour lui un jeu d'enfant.

 

 

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Les barreaux sont partout deux par deux, comme on peut le voir sur les photos précédentes.  Mais si vous regardez bien, dans le trou d'où pend sa queue, on voit que, le lendemain, il n'y en avait plus qu'un à un endroit, car il avait grinoté l'autre en bas et en haut, afin de s'en débarrasser. Cela lui a permis d' écarter plus facilement le barreau restant et d'agrandir ainsi l'ouverture, afin de s'y faufiler.  On voit bien que le barreau qui est à gauche de la tige métallique est légèrement arqué.

 

Mais le jour du départ pour la France est arrivé, et nous avons dû démonter la cage, pour qu'elle ne s'abîme pas pendant l'hiver, à cause des intempéries.

 

Quel drame pour mon pauvre petit écureuil, qui m'a vraiment fait mal au coeur. Il s'est passé alors une sorte de phénomène de télépathie entre lui et moi et j'ai lu dans ses pensées. Je vous les confie ici :                          

 

1.  "Non, mais j'hallucine grave ! Je ne vois plus la cage. J'ai peut-être des problèmes de vue. Ils n'ont pas pu me faire ça: partir sans penser que je risquais de mourir de faim pendant l'hiver. Il vaut mieux que j'aille vérifier ça de plus près"

 

                                                                                         

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2. Eh ben oui, je dois me rendre à l'évidence. On ne peut plus avoir confiance en personne. Elle avait pourtant l'air bien gentille la pt'ite dame."

 

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3. "Il vaut mieux que je me dépêche de trouver le gîte et le couvert dans un autre jardin"

 

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De retour en France, je pensais souvent à lui et j'étais un peu inquiète à son sujet. Heureusement j'ai trouvé ceci sur un site pour enfants: 

 

"L'écureuil ne fait pas partie des animaux qui hibernent. Il fait des provisions durant tout l'été pour pouvoir manger pendant l'hiver. Il cache sa nourriture un peu partout (dans le creux des arbres, dans la terre, sous la neige...). Il entasse ainsi des graines, des glands, des champignons, des escargots, des insectes... Comme il ne les retrouve pas toujours, certaines graines se mettent à germer et font des arbres. Quand il fait très froid, l'écureuil peut toutefois rester calfeutré dans son nid plusieurs jours."

 

Étant donné que tout l'été nous l'avons vu faire des provisions dans la pelouse, j'ai été rassurée. Heureusement qu'il a été prévoyant !

 

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Publié dans ÉCUREUILS

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