Perdus dans le brouillard

Publié le par Françoise Andersen

Quand nous sommes partis de Thonon ce jour-là, le ciel était gris et une légère brume enveloppait la ville, mais nous savions que nous allions trouver le soleil et le ciel bleu en montagne. En général, quand nous dépassons une certaine altitude (environ 1000 m ), le brouillard devient tout à coup opaque et nous nous retrouvons dans les nuages. Mais une fois que nous les avons traversés, nous voyons tout à coup le soleil qui brille dans un magnifique ciel bleu. Je ne me lasse pas de ce petit miracle. Bien sûr, il y a eu des exceptions et nous avons dû parfois faire demi-tour, car il y avait aussi du brouillard là où nous avions prévu de faire une randonnée. C’est pourquoi, avant de partir, je téléphone désormais à la gentille aubergiste du col du Feu qui me sert de Madame Méteo et qui me dit la plupart du temps : « Montez vite. Ici nous avons un temps magnifique. »

Perdus dans le brouillard

A Trés-le Mont, nous avons garé la voiture devant l’auberge.

Un petit chien bâtard noir avec un collier rouge auquel était attachée une clochette est venu nous accueillir. Comme tous les "chiens randonneurs", il a attendu patiemment que nous ayons changé de chaussures et il nous a suivis en direction du Mont-Forchat.

La promenade s’annonçait bien, même si au loin il y avait une légère brume.

Perdus dans le brouillard

Mais tout à coup, nous avons vu de gros nuages envahir la montagne.

Perdus dans le brouillard

C’était apparemment ceux que nous avions traversés plus bas et qui étaient remontés entre temps. Ils avançaient très vite et nous avons décidé de faire demi-tour. Mais c’était déjà trop tard. En l’espace de quelques secondes, nous nous sommes retrouvés dans un brouillard à couper au couteau. On n’y voyait pas à cinq mètres. Le petit chien avait disparu, mais j’entendais le bruit de sa clochette qui nous suivait et qui me rassurait. Nous suivions les marques jaunes du sentier de randonnée peintes sur des pierres à espaces réguliers. Grâce à elles, nous allions pouvoir retrouver le chemin de l’auberge.

Mais tout à coup, il n’y a plus eu de marques jaunes. Nous nous sommes souvenus qu’à un endroit le chemin se divise et part vers la droite. Apparemment, sans nous en rendre compte, nous avions pris le chemin qui n’est pas balisé et qui s’enfonce dans la forêt. Je me suis rendu compte que nous étions perdus et j’ai commencé à avoir vraiment peur. Je n’entendais plus la clochette du chien. Lui ne s’était pas trompé et il était sûrement, loin de nous, en direction de l’auberge. Mais peut-être pouvait-il encore nous entendre ? J’ai regretté de ne pas connaître son nom et je me suis contentée de crier, aussi fort que je le pouvais : « Le chien, le chien, où es-tu ? »

Silence total. J’ai renouvelé mes appels. L’angoisse m’envahissait de plus en plus. Mais à mon grand soulagement, j’ai entendu, venant de très loin, le tintement de la clochette qui se rapprochait. J’ai continué à appeler pour guider le chien vers nous. Quelle joie de le voir tout à coup apparaître à travers le brouillard ! Il s’est apparemment rendu compte qu’il était devenu un chien guide, et prenant son rôle au sérieux, il nous a précédés, en se retournant de temps en temps, pour s’assurer que nous le suivions. Il nous a remis sur le bon chemin et nous a ramenés à l’auberge.

Je sais bien qu’il ne pouvait pas me comprendre, mais je lui ai quand même dit, en le quittant, avec beaucoup de reconnaissance dans la voix : « Merci le chien ! »

Publié dans CHIENS

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