Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Le loup-chien

Publié le par Françoise Andersen

 

Nous étions en vacances au bord du lac Léman, il y a une trentaine d’années. Nous venions de manger des grillades dans un petit restaurant d’Excenevex. Un chien est alors venu quémander des caresses, que je me suis bien sûr empressée de lui accorder. Les bêtes savent instinctivement que je les aime, et elles viennent toujours vers moi.


Avec son museau pointu, ses yeux en amandes et son pelage noir, il me faisait penser au loup du "Petit chaperon rouge".

 

                             photo47469-m.jpeg

 

J’en ai fait la remarque amusée à son propriétaire qui s’est exclamé aussitôt : "Mais c’est un loup ! Enfin... il est moitié chien, moitié loup". 

 

J’ai immédiatement retiré ma main, provoquant chez le "loup-chien" un doux regard de triste reproche et dans ma conscience une auto-accusation d’injustice et de racisme. J’ai donc repris mes caresses, mais plus prudemment.

 

Le propriétaire du restaurant nous a expliqué qu’il y avait une cinquantaine de ces "loups-chiens" en France, * et qu’ils étaient destinés à la garde. On devait les amener au contrôle tous les six mois, afin de s’assurer que l’instinct du loup n’avait pas repris le dessus. Il a continué : "Il a l’air tout doux, comme ça, mais c’est un excellent gardien. Vous voyez mon camion frigorifique pour ma viande, là-bas ? Il y en a pour de l’argent dedans. Essayez de faire mine de vous en approcher, vous allez voir."

Je n’ai jamais vu, car j’ai préféré le croire sur parole !

* Il y a longtemps de cela et j'ignore si cette pratique est encore autorisée

Publié dans CHIENS

Partager cet article

Repost 0

LE MULET CORSE

Publié le par Françoise Andersen

Alors que nous roulions sur un chemin très étroit, en Corse, nous avons tout à coup vu apparaître devant nous un mulet. Il était seul, chargé comme un baudet (c’est le cas de le dire !), et marchait à pas comptés en plein milieu du chemin. Il n’y avait pas la moindre place pour le dépasser.

Au bout d’un moment, j’ai suggéré à mon père de klaxonner. Il m’a dit qu’il risquait seulement de lui faire peur, mais que ça ne changerait rien. Il a donc pris son mal en patience, attendant que la route s’élargisse.

 

                                             DSCN0150

 


Finissant toutefois par s’impatienter, il a donné un petit coup de klaxon prudent. Le mulet s’est arrêté et a tourné la tête vers nous. Il s’est mis ensuite sur le bas-côté, et a attendu sagement que nous soyons passés. Il a même opiné de la tête, et j’ai eu l’impression qu’il m’adressait un salut courtois.

Il a repris ensuite son chemin au milieu de la route. Son maître, qui l’envoyait sûrement d’un village à l’autre livrer son chargement, lui avait apparemment inculqué les principes élémentaires du code de la route.

 

 

Publié dans CHEVAUX

Partager cet article

Repost 0

LE CHEVAL POLI

Publié le par Françoise Andersen

 

 A la lisière de la forêt de Thonon, il y a un grand pré. Quand je pars en promenade, j’emporte toujours des bouts de pommes et de carottes, pour les donner au cheval qui a l’air de s’y ennuyer ferme et qui accourt vers moi, dès qu’il me voit. 

Quand il y a beaucoup d’herbe, il n’a pas très faim et recherche plutôt ma compagnie et mes caresses ; mais dès que l’herbe se fait rare, il semble affamé, bien qu’il y ait, à l’autre bout du pré, une grande cabane qui lui sert d’écurie et où il doit avoir à boire et à manger. Mais mes pommes et mes carottes sont sûrement plus alléchantes, quand il manque de vitamines.

Un jour j’ai décidé de m’amuser à lui apprendre la politesse. A chaque fois que je lui donnais un morceau de pomme, je lui disais : « Dis merci » en faisant de grands hochements de tête. Il a fini par comprendre ce que je voulais et il m’a imitée. Ce n’était que quand il "avait dit merci" que je continuais à lui donner à manger. Certains esprits sceptiques prétendront que mes talents de pédagogue n’y sont pour rien et que c’est un geste inné chez les chevaux, mais la suite m’a prouvé que j’ai peut-être raison.

Ce jour-là, j’avais préparé des carottes et des pommes coupées en quatre (il faut faire durer le plaisir !), mais malheureusement, j’avais tout oublié sur la table de la cuisine. En me rapprochant du pré, j’avais mauvaise conscience et j’espérais que le cheval n’y serait pas, car parfois il est au travail. Il sert en effet de monture aux enfants de son propriétaire. Mais je l’ai aperçu de loin. Quand il m’a vue, j’ai encore eu plus mauvaise conscience, car il hochait la tête dans ma direction. Quand je suis arrivée à sa hauteur, il a amplifié son geste. J’ai essayé de lui montrer mes mains vides, mais il a continué. Je suis même allée jusqu’à retourner mes poches pour lui montrer qu’elles étaient vides. Il a alors eu l’air de se résigner. Je lui ai caressé longuement le museau, pour essayer de me faire pardonner.

Maintenant je n’oublie plus jamais de lui apporter à manger. Si je m’aperçois que j’ai oublié, je n’hésite pas à faire demi-tour. Je ne voudrais pas le décevoir une seconde fois.

 

©  Françoise Andersen

Cette histoire a déjà été publiée, il y a quelques années, sur le site de l'école de Martigny (Suisse)

                          http://zwook.ecolevs.ch/martigny/zwook/enfants/histoiresvraies

Publié dans CHEVAUX

Partager cet article

Repost 0

Un oisillon avec du fard à paupières bleu :)

Publié le par Françoise Andersen

J'ai été très étonnée  en agrandissant une photo que j'avais prise dans un parc. Cette boule de poils ébouriffée ressemblait à un animal de dessin animé avec des petits yeux noirs et des paupières bleues à moitié fermées. 

 

 

                          P1090364

 

 

Et puis en regardant plus attentivement la photo, je me suis aperçue que ses "vrais" yeux étaient en-dessous. 

 

Sur une autre photo, prise sous un autre angle et moins agrandie, il a l'air en effet  plus normal.

 

 

    P1090368.JPG

 

Je n'ai pas vu de plumes bleues sur sa maman, qui m'a semblé être une poule-d'eau.

 

                               DSCN2879.JPG

 

Mais peut-être était-ce un petit mâle. Les mâles sont toujours plus beaux que les femelles (chez les animaux   

 

Je viens de retrouver une autre photo. Cette fois-ci, on dirait que c'est le papa qui est avec lui. Il est plus coloré que la femelle et on dirait qu'au-dessus du bec il a des plumes bleues. 

 

Je me dépêche de prendre les photos tant que mes "modèles" sont coopératifs et je fais souvent cela plus ou moins à l'aveugle. Ce n'est que quand je les charge sur l'ordinateur que je vois vraiment ce que j'ai pris.

 

 

     P1090364-copie-1.JPG

 

Dès que je rentre à la maison, je me dépêche de les charger et j'ai souvent de belles surprises. En tout cas, j'ai beaucoup de chance, car je fais souvent d'intéressantes rencontres.

 

 

Publié dans OISEAUX

Partager cet article

Repost 0

Le "chien" des voisins

Publié le par Françoise Andersen

 

Mon fils était venu nous voir de Copenhague et il lisait sur la terrasse, pendant que je préparais le déjeuner. Tout à coup, il est venu me demander : « Est-ce que les voisins ont un grand chien ? ».

 

Je lui ai répondu que ce qu’il avait pris pour un chien devait être un chevreuil. De loin on peut se tromper, étant donné qu’ils n’ont pas de bois l’été. J’ai donc sorti mon appareil photo. Moi-même j’ai pris, un jour, un labrador pour un petit chevreuil. J’avais aperçu le pelage marron clair d’un animal derrière la haie. Comme j’étais justement en train de prendre des photos, j’étais allée vers l’ouverture que nous avons faite entre les deux jardins, pour pouvoir facilement aller de l’un à l’autre. Je m’étais postée là, prête à appuyer sur le déclencheur, car j’avais eu l’impression que le "chevreuil" allait bientôt passer chez nous. C’est en effet ce que l’animal avait fait, mais j’avais eu la surprise de me retrouver, toute bête, nez à nez avec un labrador. J’avais entendu ensuite son maître qui sifflait depuis la route pour l’appeler.


Me rappelant tout à coup cet épisode, je me suis dit qu’en fait il s’agissait peut-être en effet d’un chien qui profitait de l’absence de nos voisins pour se promener dans leur jardin. Mais quand je suis sortie sur la terrasse, j’ai vu un chevreuil qui s’était figé et qui nous fixait apeuré.

Je l’ai photographié de loin avec le zoom et je me suis dit que, si nous nous approchions, il allait s’enfuir. J’ai donc discrètement fait signe à mon fils de me suivre en se déplaçant tout doucement sur le côté, jusqu’à ce que nous soyons cachés par la maison des voisins. Dès que nous avons été sûrs d’être hors de sa vue, nous avons longé la maison par derrière, au pas de course, pour aller le surprendre depuis la terrasse. Il nous a tout de suite repérés, mais il nous a fixés calmement. Nous avons tous les deux goûté cet instant magique, sans oser faire le moindre mouvement. Et puis la tentation de prendre une photo a été trop forte. J’ai levé l’appareil et j’ai juste eu le temps d’en prendre une seule, avant qu’il ne s’enfuie d’un bond.


Il y a souvent des chevreuils dans le jardin de nos voisins. Comme je me plaignais qu’ils ne s’arrêtent jamais chez moi, Bent m’a dit que c’était parce que je ne leur donnais pas à manger. Le lendemain, quand je suis allée mettre des graines de tournesol dans la mangeoire, j’en ai versé également sur l’herbe. Le résultat ne s’est pas fait attendre : le soir même, j’ai pu, pour la première fois, photographier un chevreuil dans mon jardin.

 

Mais je suis jalouse de Rie et Bent, car ils voient beaucoup plus de chevreuils que moi. Il faut dire que ceux-ci viennent surtout manger tôt le matin, vers 6 heures, et à cette heure là, je dors encore à poings fermés. Alors pour atténuer ma frustation, ils prennent des photos, pour me les montrer ensuite.

 

Cela me fait plaisir, mais ce n’est pas comme d’être à quelques mètres de ces merveilleux animaux et de plonger mon regard dans le leur.

Publié dans CHEVREUILS

Partager cet article

Repost 0

L'oie de garde

Publié le par Françoise Andersen

Près de notre immeuble, quand nous habitions la banlieue de Copenhague, il y avait un petit lac qui était une véritable réserve d’oiseaux sauvages. Il y avait des cygnes, des mouettes, toutes sortes de canards et parfois aussi des oies.

 

                   

 

Un jour que nous avions fait une promenade autour du lac et que nous rentrions chez nous, notre attention à été attirée, dans une rue toute proche, par une oie qui faisait le tour d’une voiture, à pas cadencés. Nous nous sommes arrêtés pour l’observer. On aurait dit un soldat qui montait la garde. Dès qu’elle avait fait le tour de la voiture, toujours à la même distance (environ 50 cm) et à la même vitesse, elle repartait pour un autre tour. Intriguée par son manège, j’ai voulu traverser la rue pour l’observer de plus près, mais elle s’est mise à pousser des cris affreux et à battre des ailes, en me regrdant d’un air vraiment mauvais. Elle semblait partagée entre l’envie de rester près de la voiture et de traverser pour m’agresser. J’ai prudemment battu en retraite et nous avons poursuivi notre chemin.

 

 

Le lendemain nous sommes repassés au même endroit, pour voir si l’oie était encore là. Elle était toujours à son poste. Dès qu’elle avait fini de longer la voiture, elle virait à angle droit pour continuer son tour.

 

Ce jour-là il y avait une autre voiture garée derrière la jaune, mais cela ne l’empêchait pas de se faufiler dans cet espace restreint pour continuer sa ronde. Apparemment les habitants du quartier savaient qu’elle était agressive et s’en méfiaient. Sur la photo, on voit en effet que le cycliste amorce un détour pour ne pas passer trop près d’elle et se faire agresser.

 

Nous avons remarqué que la maison devant laquelle la voiture jaune était garée avait les volets fermés. J’ai dit à mon mari pour plaisanter : "Ces gens-là doivent être partis en vacances en avion. Ils ont sûrement l’habitude de donner à manger à l’oie et, en échange, elle monte la garde devant leur voiture pendant leur absence". Ce petit manège a duré environ deux semaines. Le jour où nous avons vu que les volets de la maison étaient à nouveau ouverts, l’oie avait disparu.

 

Peut-être qu’une oie peut se comporter comme un chien ? Quand ma petite-fille était bébé, sa maman l’avait mise un jour dans son landau, dans le jardin, pour qu’elle fasse sa sieste. Elle avait dit à Blacky, le labrador : "Garde le bébé". Il s’était assis près du landau, semblant tout fier de ses nouvelles responsabilités. Quand la voisine, qui était une amie de ma belle-fille et qui connaissait pourtant bien Blacky est entrée peu après dans le jardin, Blacky ne l’a pas laissée approcher du landau. Il grognait, montrait ses crocs et avait l’air si féroce qu’elle a dû rebrousser chemin. Peut-être qu’avant de partir, les habitants de la maison avaient dit à l’oie : "Garde la voiture"....

 

 

 

Publié dans OISEAUX

Partager cet article

Repost 0

LES CHEVREUILS GOURMANDS

Publié le par Françoise Andersen

 

 

Les chevreuils qui vivent dans un petit bois proche de notre lotissement traversent parfois notre jardin. Ils s’y attardent rarement, car ils préfèrent aller chez nos voisins, qui ne viennent que le week-end. Ils peuvent ainsi squatter les lieux en toute tranquillité, pendant la semaine.

                  

                     

 

Bent, mon voisin, adore les animaux, et fait tout pour les attirer. Mais il aime aussi ses fleurs et il n’appréciait pas, quand il arrivait de Copenhague, le vendredi soir, de retrouver parfois uniquement des tiges de tulipes, de pensées, de géraniums, etc., parce que des cervidés s’étaient bien régalés avec les fleurs pendant son absence.

 

Quand je suis arrivée au Danemark cette année-là, j’ai donc eu la désagréable surprise de voir que Bent avait fait deux affreux petits enclos sur sa pelouse. Ils étaient destinés à protéger les petits arbres fruitiers qu’il venait de planter et à mettre à l’abri ses semis et ses pots de fleurs.

 

Craignant apparemment que les chevreuils ne sautent par-dessus le grillage, il avait aussi mis, autour du tronc des petits arbres fruitiers, une sorte de tuyau en plastique gris, car il avait entendu dire que les cervidés étaient très friands de l’écorce des jeunes arbres.

 

Je trouvais qu’il était en train de sombrer dans la paranoïa, simplement à cause de quelques fleurs mangées ici et là. Je regrettais de voir son jardin enlaidi de cette façon, avec toute la végétation “emprisonnée”. Je venais de m’acheter un tout petit arbre japonais avec de jolies petites feuilles roses, mais je ne voulais pas imiter Bent. Je n’ai donc rien fait pour le protéger, mais je l’ai amèrement regretté ensuite ! Tout s’est bien passé pendant 2 mois. Mais un jour, à notre retour d’une courte promenade sur la plage, nous avons constaté, furieux, qu’en notre absence des cervidés avaient grignoté l’écorce du petit tronc, qui se trouvait en partie dénudé. Nous espérions que ce petit arbre allait survivre, mais malgré tous les soins que je lui ai prodigués et le grillage destiné à empêcher une récidive, il s’est desséché petit à petit et nous avons dû l’arracher avant notre départ. J’ai gardé ce grillage pour le mettre autour du nouvel arbre que je planterai cette année.

 

Même si, sur le moment, j’en ai beaucoup voulu aux chevreuils et aux biches, je leur ai vite pardonné, car cette jeune écorce verte et tendre devait être très appétissante. Et puis je les aime beaucoup. C’est tellement beau et rare de voir une biche avec ses faons, en liberté !

 

Je dois souvent me contenter de les admirer quand ils sont dans le jardin du voisin, mais parfois j’ai la chance qu’une biche s’arrête à quelques mètres de moi, juste derrière la haie qui sépare les deux jardins. Elle me regarde, immobile et très calme. C’est un moment privilégié : quand je plonge mon regard dans le sien, je me sens emplie d’une grande sérénité et j’ai l’impression de ne faire qu’un avec la nature.

     5268707005 21b11c2309 b

Publié dans CHEVREUILS

Partager cet article

Repost 0

Le sauvetage de la petite pensée

Publié le par Françoise Andersen

 

 
J'aime bien sauver des vieilles choses destinées à être jetées et leur donner une seconde vie.  Cela demande souvent beaucoup de temps et de travail, car il faut parfois non seulement nettoyer et astiquer, mais gratter la rouille, poncer, peindre, etc. Mais j'adore ces "sauvetages". Cela me fait mal au coeur de voir tout ce dont les gens se débarrassent. Même s'ils ne veulent pas se donner la peine de réparer les vieux objets, ils pourraient au moins les offrir à des associations caritatives. Quel gâchis, surtout au Danemark, qui est un pays riche !  Dans les déchetteries, on voit parfois, par exemple, des fauteuils en cuir, destinés à être incénérés. Ils ont été jetés uniquement parce que le cuir était un tout petit peu usé à certains endroits. Il aurait pourtant suffi d'un simple coup de téléphone à la Croix rouge ou aux chiffonniers d'Emmaüs, pour que des gens démunis en profitent. Cela aurait aussi réduit un peu la pollution de l'air. Heureusement il y a maintenant une prise de conscience collective dans beaucoup de pays et des efforts sont faits dans le domaine de la récupération.
 
Un des mes "recyclages" dont je suis très fière est celui d'un landau de poupée que des gens avaient déposé devant chez eux, sur le bord du trottoir, avec d'autres déchets encombrants que les éboueurs devaient venir ramasser le lendemain. Je regrette de ne pas l'avoir photographié dans l'état où il était quand je l'ai trouvé. Heureusement, j'ai un ami qui, comme moi, aime rénover les objets. Il est en train de remettre à neuf un modèle qui a aussi une cinquantaine d'années et que j'ai pu  photographier. Avant d'être rénové, il était presque identique au "mien", qui était dans un état aussi lamentable.     
 
Je me souviens encore de l'immense joie que j'ai éprouvée ce jour-là en rapportant mon "trésor" à la maison, sous le regard résigné de mon mari.  Celui-ci avait fini par marcher à quelques pas derrière moi, pour que les gens ne voient pas qu'il était avec cette folle qui traînait derrière elle cette épave. Il est pourtant habitué à mes accès de "folie douce", mais il trouvait cette fois-ci que j'exagérais. Mais j'ai plus d'imagination que lui et je me représentais ce landau une fois débarrassé de la rouille, repeint et avec une nouvelle capote. Je comptais arracher les lambeaux de toile cirée, ne garder que les arceaux et refaire la capote avec du tissu. J'allais bien entendu utiliser du tissu récupéré dans des vieux rideaux, avec lesquels je comptais aussi confectionner un oreiller et une enveloppe de couette. 
 
C'est à ma petite-fille, Christina, que je réservais cette surprise. Après plusieurs heures de travail pour de piètres résultats, j'avais commencé  à me dire que j'avais été trop optimiste. Mais je m'étais imaginé alors le regard émerveillé de Christina quand elle allait voir  ce qui allait devenir une merveille et j'avais repris courage. Et il en fallait ! Mais j'ai fini par être bien récompensée en contemplant le résultat final. Ma petite-fille a été ravie et très fière de sa Mamie qui avait réalisé ce que mon mari considérait comme un miracle.
 
Tous mes voisins savent qu'avant d'aller jeter de vieux objets à la déchetterie, ils doivent d'abord me demander si quelque chose m'intéresse. Il arrive parfois ensuite qu'ils soient presque jaloux, en voyant ce que j'ai pu en tirer. Certains recyclages demandent seulement un peu d'imagination. Une amie avait une sorte de photophore en céramique, de style oriental, qui ne lui plaisait plus. Je l'ai bien sûr récupéré. Jai tout de suite vu qu'il pouvait devenir une petite mangeoire à oiseaux, si je remplaçais la bougie par des graines de tournesol. Mes petites mésanges l'apprécient beaucoup.
 
 
Cette année, je ne me suis pas contentée de sauver des objets. J'ai aussi sauvé une petite fleur. Dans les hautes herbes qui recouvrent la dune se cachent  ici et là des fleurs sauvages. Parmi elles il y a des mini-pensées qui ne sont guère plus grosses qu'une violette.
                      
 
 
Un jour, j'étais assise sur la plage, quand j'ai vu  tout à coup dans le sable une petite pensée mauve. J'ai d'abord cru qu'un enfant l'avait cueillie sur la digue et s'était amusé à l'enfoncer dans le sable. Mais je me suis aperçue qu'elle avait poussé là et qu'elle avait des racines profondes. Elle allait être piétinée, alors j'ai tout de suite décidé d'essayer de la sauver. Je l'ai sortie du sable avec d'infinies précautions. Dès mon retour je l'ai plantée dans le jardin et je l'ai bien arrosée, en faisant des voeux pour qu'elle survive. Le lendemain elle avait l'air vraiment pitoyable. Mais j'ai continué à l'arroser et quelques jours plus tard, elle avait repris vie. La pensée est une plante annuelle, mais parfois elle se sème toute seule et elle ressort l'année suivante. J'espère que c'est ce qui se produira et que je la retrouverai au printemps.                   

Partager cet article

Repost 0

LAPINS À LOUER

Publié le par Françoise Andersen

 

L’été dernier, au Danemark, nous nous étions rendus dans une petite jardinerie, pour acheter un arbuste. Derrière les plantes, j’ai aperçu tout à coup des cages à lapin. Cela ne m’a pas étonnée car, dans les jardineries, on peut souvent acheter aussi des petits animaux de compagnie. Mon mari  a commencé à s’inquiéter. Il sait bien que quand les enfants étaient petits, si je leur achetais des petits animaux de compagnie, c’était en fait pour moi. Il connaît aussi mon faible pour les lapins. Cela faisait très longtemps que je n’avais plus d’alibi pour en acheter un, mais il avait quand même peur qu’avec ou sans alibi, je lui impose à nouveau la présence d’un lapin. Il les apprécie en effet beaucoup plus dans une assiette, à la sauce moutarde, que dans une cage.

 

Je me suis  approchée de l’une des cages de la jardinerie. J’ai vu un énorme lapin bélier. Il était tout seul et semblait s’ennuyer ferme.

 

 

Le propriétaire de la jardinerie m’a expliqué qu’il n’était pas à vendre mais à louer. En effet, il avait remarqué que des gens, qui louaient des maisons de vacances dans les environs, adoptaient des chatons errants, pour distraire leurs enfants. Mais le jour du départ, ils les abandonnaient sur place (les chatons, pas les enfants !). Ces pauvres bêtes, abandonnées à leur triste sort, mouraient lentement de froid et de faim pendant l’hiver. Pour que les petits vacanciers aient le plaisir de s’occuper d’un animal pendant leurs vacances, il avait donc pensé à louer des lapins en cage, qu’on lui ramenait les vacances finies. J’ai trouvé cette idée excellente et j’ai été tentée par cette offre. Mais je me suis interrogée sur ce qui arrivait ensuite aux lapins. Je ne pourrais jamais créer des liens affectifs avec un lapin, en ayant l’arrière pensée qu’il finirait ensuite à la casserole. Nous sommes donc repartis simplement avec un arbuste, au grand soulagement de mon mari.

En fait, je n’ai pas besoin d'un lapin : j’ai un lièvre, qui vient de temps en temps brouter la pelouse.

Mais je ne peux pas le caresser...

 

©  Françoise Andersen

Cette histoire a déjà été publiée, il y a quelques années, sur le site de l'école de Martigny (Suisse)

                          http://zwook.ecolevs.ch/martigny/zwook/enfants/histoiresvraies

Publié dans ANIMAUX DIVERS

Partager cet article

Repost 0

Oh la vache !

Publié le par Françoise Andersen

En contrebas de la digue qui longe la Baltique, près de notre maison de vacances danoise,  il y a, depuis cette année, un enclos avec des chevaux.


 

      P1110519_2.jpg

 

 

Un jour j'ai été étonnée en voyant, au loin, ce qui m'a semblé être deux chevaux noirs sur lesquels on avait mis une couverture blanche. 


 

      P1110242 2

 

 

 

Mais quand ces "chevaux" ont relevé la tête, j'ai vu que c'était de drôles de petites vaches sans corne, avec une large bande blanche au milieu du corps.



 

     P1110236.jpg

 

 

Des promeneurs, qui s'étaient également arrêtés pour les regarder, m'ont dit que c'était des "galloway-ceinturées" et que cette race était originaire d'Écosse. 

 


 

Publié dans VACHES

Partager cet article

Repost 0

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 > >>