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LE CHIEN QUI AIMAIT LA MONTAGNE

Publié le par Françoise Andersen


 

Nous partons souvent marcher en montagne à partir du Col du Feu, qui n’est pas très loin de Thonon. Il y a quelques années quand, pour la première fois, nous sommes arrivés sur le parking, le chien de l’auberge est tout de suite venu vers nous à pas lents. C’était un sympathique chien de chasse à poils longs.


Il nous a regardés, avec beaucoup d’intérêt mettre nos chaussures de randonnée. Quand nous avons été prêts à partir, je lui ai demandé : « Tu veux venir te promener avec nous ? » Semblant m’avoir comprise, il a remué sa longue queue d’un air guilleret et il nous a emboîté le pas.


Il nous a suivis jusqu’à la chapelle d’Hermone. Il s’est allongé discrètement à quelques mètres de nous, sans mendier quoi que ce soit. Quand nous avons déballé notre pique-nique et que je lui ai offert un bout de jambon, il l’a toutefois accepté, mais on aurait dit que c’était plutôt par gourmandise. Ce n’était donc pas par intérêt qu’il nous avait suivis. Il aimait, comme le « chien randonneur » d’une autre histoire, accompagner des promeneurs. Il a pris l’habitude de nous suivre chaque fois que nous partions en balade. Il grimpait bien plus vite que nous, mais il s’arrêtait de temps pour nous attendre.

 

Un jour, alors que nous redescendions, la pluie s’est mise à tomber. Il a alors quitté tout à coup le chemin et pris un tout petit sentier que je ne connaissais pas. Nous hésitions à la suivre. Alors il est remonté vers nous, puis a refait quelques pas dans le sentier. On voyait qu’il voulait nous montrer qu’il fallait aller par là. J’avais envie de lui faire confiance pensant qu’il connaissait un raccourci, mais mon mari n’a pas osé. Nous avons donc pris notre chemin habituel. Le chien est remonté vers nous en soupirant. Il semblait penser que nous étions bêtes, mais il ne voulait pas nous abandonner. La pluie est devenue plus forte. Nous avons mis nos imperméables et cela me faisait de la peine de voir ce pauvre chien tout mouillé qui marchait á côté de nous. Je lui ai dit sans trop d’espoir qu’il me comprenne : « Ne nous attends pas. Va vite te mettre à l’abri à l’auberge. » 

 

Croyez-moi si vous voulez, mais il est parti immédiatement à toute allure. Quand nous sommes arrivés à l’auberge, il était allongé bien à l’abri sous le balcon. Et le plus drôle, c’est que je lui avais parlé en danois, étant donné que je parle toujours danois quand je suis seule avec mon mari. Peut-être que la transmission de pensée marche avec les animaux... Pour ce qui est du sentier, nous avons su ensuite que c’était un raccourci qui nous aurait menés bien plus vite à la voiture.

 

Certains jours le chien préférait rester à l’auberge. Le patron m’avait expliqué que c’était quand il avait déjà fait trois ou quatre heures de marche avec d’autres personnes. Je n’insistais donc pas, surtout qu’au fil des années ce chien était devenu très vieux. Mais la présence de ce gentil compagnon me manquait ensuite.

 

La première fois, il était resté à l’écart pendant que nous pique-niquions. Mais, nous connaissant mieux, il avait pris l’habitude de s’installer à nos pieds pour faire une petite sieste. Parfois même sur nos pieds, nous servant de bouillotte. Quand il se réveillait, il allait s’asseoir là où on avait la plus belle vue sur les montagnes environnantes. J’avais dit à mon mari : « Regarde, il admire le paysage ! ». Mais il m’avait taxée d'anthropomorphisme. Son explication était beaucoup plus terre à terre. D’après lui, il cherchait simplement un éventuel gibier. Mais je ne suis pas du tout persuadée que mon mari ait eu raison.

 

Un soir, comme leur vieux chien n’était pas rentré, ses maîtres, inquiets, sont partis à sa recherche. Ils l’ont trouvé sans vie sur un sentier. Je crois que sentant sa fin proche, il avait choisi d’aller faire, seul, une dernière balade, pour finir sa vie dans cette montagne qu’il aimait tant.

 

Je repense toujours à lui avec émotion quand nous allons au Col du Feu. Je le revois courant devant nous, puis se retournant et nous attendant patiemment, et c’est un peu comme s’il n’était pas vraiment mort.

 

Publié dans CHIENS

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UN CHAT TRÈS GÉNÉREUX

Publié le par Françoise Andersen

 

 

J’ai un ami qui, au cours d'une promenade dans un parc, a entendu de faibles miaulements. Il s’est approché et a découvert, dans un tas de feuilles mortes, cinq chatons, dont quatre étaient morts. Il arrive malheureusement parfois que le propriétaire d'une chatte, se débarrasse ainsi d'une portée qu'il ne veut pas garder. C'est cruel et vraiment honteux de laisser ainsi des animaux sans défense mourir lentement de froid et de faim. 

De retour chez lui, mon ami a donné au chaton du lait qu'il a lapé avidement. Il était si mignon qu'il a décidé de le garder. Malheureusement ce chat commence à lui poser des problèmes. En effet, croyant sûrement lui faire plaisir, il lui rapporte régulièrement, en guise de cadeau, des souris vivantes. Il les dépose à ses pieds, très content de lui, attendant des félicitations et des remerciements. Mais dès qu’elle est lâchée, la souris se sauve et va en général se cacher dans un placard. Il est alors impossible de l’en déloger. 

Plutôt que d'acheter de cruelles tapettes à ressort qui tuent les souris, mon ami a préféré utiliser un piège qui permet de les capturer, tout en leur laissant la vie sauve. C'est une petite boîte allongée au fond de laquelle on met du fromage. L’autre extrémité est munie d’une grille qui s’abaisse dès que l'imprudente mord dans l'appât. Elle se retrouve alors prisonnière. On peut ensuite la libérer ailleurs, en pleine forme.

Mais je trouve mon ami naïf car, au lieu d'aller ouvrir le piège loin de la maison, il fait cela dans le jardin. Il ne comprend pas que son chat continue à lui rapporter chaque jour une souris. Je crois que c'est la même, qui trouve une cachette près de la maison et se fait finalement attraper à nouveau. 

Ce chat très généreux, ne peut malheureusement pas comprendre que son maître se passerait bien de ses cadeaux! Sa générosité n’a pas de limites. Il sert volontiers d’oreiller à son copain, le chien Micky, faisant mentir l’expression "vivre comme chien et chat".

   

                         

 


©  Françoise Andersen

Cette histoire a déjà été publiée, il y a quelques années, sur le site de l'école de Martigny

(Suisse)            http://zwook.ecolevs.ch/martigny/zwook/enfants/histoiresvraies

Publié dans CHATS

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Thriller ornithologique

Publié le par Françoise Andersen

 

Cette année, c'est au-dessus de la terrasse, qu'une maman merle s'est mise à couver dans un recoin bien abrité du vent et de la pluie. Il y a une dizaine de jours, j'ai entendu des pépiements et j'ai vu trois petits becs grand ouverts qui réclamaient de la nourriture. Heureusement, la maman est vite revenue leur donner à manger. J'étais contente d'avoir à nouveau de gentils pensionnaires.
 

Quelques jours ont passé. Le papa venait aussi nourrir les petits. Ne voulant sûrement pas faire trop d'allers et retours, il arrivait à chaque fois avec trois petits vers de terre. On aurait pu croire qu'il savait compter! Tout allait donc pour le mieux jusqu'au jour où, au retour d'une promenade, j'ai constaté avec horreur que le nid était par terre, vide. Je savais bien que les oisillons étaient trop petits pour avoir déjà quitté le nid. Mon voisin, Bent,  m'a dit: "C'est sûrement une pie qui est venue les manger."  Je ne l'ai pas cru, car il me semble que les pies mangent les œufs des oiseaux mais pas les petits. Je soupçonnais plutôt le gros matou que j'avais vu rôder la veille sur la pelouse. En tout cas, quel que soit le coupable, j'étais bien triste.
 

Mais tout à coup, alors que j'examinais le nid qui était tombé sur des fleurs, j'ai eu la surprise d'apercevoir, un peu plus loin, un petit merle à qui il manquait encore quelques plumes sur le dos. Il avait l'air mourant et je me suis dit qu'il ne survivrait pas longtemps, car il faisait encore très froid la nuit. En me levant, le lendemain matin, la première chose que j'ai faite a été d'aller regarder le thermomètre. J'ai constaté avec horreur que la température était descendue à 2 degrés.


Nul doute que le seul rescapé était mort de froid pendant la nuit. Je n'osais pas aller sur la terrasse, me voyant déjà obligée de soulever le petit cadavre pour aller l'enterrer dans le jardin. Je me suis dit que cela ne servait à rien d'attendre et je suis sortie. J'ai été stupéfaite de voir qu'il respirait encore. Il a même ouvert le yeux et levé la tête vers moi. Peut-être que la maman merle s'était occupée de lui. Elle était venue en tout cas, j'en étais sûre, car elle avait commencé à reconstruire un nid par terre, autour de lui, pour le protéger. 
 

Il m'est tout à coup venu à l'idée que les deux autres bébés merles étaient peut-être encore sur le mur. J'ai donc pris un escabeau et effectivement, ils étaient deux. Il y avait même aussi un œuf.



 
Peu après, j'ai vu la mère qui s'était installée directement sur le mur au-dessus de l'oisillon que j'avais photographié à côté de l'œ
uf. Mais l'autre, qui était un peu plus loin, avait l'air frigorifié. Je sais qu'il faut laisser faire la nature et ne pas intervenir, mais j'avais vraiment envie de l'aider. Il ne faut surtout pas toucher le nid ni les oisillons, car il paraît que la mère sent l'odeur humaine et ne s'occupe alors plus de ses petits. Mais j'ai pris un bâton et j'ai remis le nid sur le mur, en partie au-dessus du petit merle, pour qu'il ait moins froid. Apparemment, la maman a bien accepté ce geste car, peu après, elle était installé dans le nid et il n'y avait plus d'oisillons à l'extérieur.
 

Nous sommes partis faire des courses et en rentrant, nouvelle catastrophe: il n'y avait plus rien sur le mur. Le nid était à nouveau par terre, la maman envolée et des deux oisillons avaient disparu.
 

Cela devenait de plus en plus énigmatique. J'ai cherché parmi les fleurs et j'ai vu, à une certaine distance de l'oisillon qui avait passé la nuit par terre, un autre petit oiseau. J'avais bien envie de le mettre près de son frère pour qu'il ait plus chaud, mais comment le déplacer sans le toucher et sans lui faire de mal? J'ai donc préféré ne rien faire. Le pauvre petit me regardait pourtant avec un air que j'ai trouvé suppliant. Il avait en plus eu la malchance de tomber sur un petit rosier. J'ai été obligée de l'abandonner à son triste sort, en espérant que la maman allait pouvoir l'aider.


Quelques heures plus tard, le thriller continuait: il avait disparu. Mais je l'ai vite retrouvé. Il était bien au chaud serré contre son frère. Il avait apparemment eu la force de se traîner jusqu'à lui.

Mais où était le troisième? J'ai eu beau chercher, je ne l'ai pas trouvé. Enfin je me disais que deux rescapés sur trois, ce n'était pas si mal, surtout étant donné que j'avais, un moment, cru qu'ils avaient tous été dévorés vivants par le chat.
 

Je me disais que c'était la fin de mon histoire et qu'en fait elle se terminait assez bien. Mais elle ne s'est terminée que le lendemain, quand j'ai vu, non pas deux petits becs, mais trois. Entre temps, la maman avait presque reconstruit un nid par terre, autour d'eux, et je suppose qu'elle y a passé la nuit avec eux. Avant-hier, quand j'ai voulu prendre une nouvelle photo, le nid était vide. Ils doivent être quelque part dans le jardin. La maman va encore les nourrir pendant quelques jours, avant qu'ils puissent vraiment voler et se débrouiller seuls. L'année prochaine,  c'est peut-être l'un deux, devenu adulte, qui fera son nid sur le mur.

 

Publié dans OISEAUX

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Pas bête la mésange !

Publié le par Françoise Andersen

 

Jean, mon voisin du dessous, est un amoureux de la nature et des animaux. Il a fait de son balcon un véritable jardin, dans lequel viennent se nourrir tous les petits oiseaux des alentours. Bien que j'aie d'excellentes relations avec lui, je lui en veux parfois de la concurrence déloyale dont je suis victime. En effet, alors que j'achète tout simplement mes graines et mes noisettes dans un supermarché, il va faire ses courses, aussi bien pour lui que pour ses "pensionnaires", dans un magasin bio. Ceux-ci préfèrent donc se nourrir chez lui. Je peux, depuis ma fenêtre, observer le bouleau qui est en face de l'immeuble et dans lequel ils viennent se percher à l'heure des repas. Eh oui, les oiseaux aussi mangent à heures fixes. Quand je vois l'un d'eux prendre son essor, je suis toute heureuse à l'idée qu'il va peut-être venir manger sur mon balcon, mais je suis souvent déçue, en le voyant aller directement au premier étage. La rumeur s'est apparemment répandue dans le quartier qu'il y avait un restaurant 3 étoiles gratuit chez Jean! Il y en a heureusement quelques-uns qui ne sont pas adeptes du bio et qui viennent chez moi, mais je dois me contenter de quelques rares mésanges bleues, noires ou charbonnières, alors que Jean voit défiler un tas d'espèces: pinson, rouge-gorge, mésange huppée, sittelle torchepot, etc.

 

L'an dernier, au printemps, il avait installé un nichoir de chaque côté du balcon. A droite, un pour les mésanges bleues et à gauche un pour les mésanges charbonnières. Celui de droite était resté inhabité alors qu'une mésange charbonnière avait niché dans l'autre. Comme dirait la Fontaine "Quand la bise fut venue", elle s'est apparemment souvenue de ce nid douillet et un soir elle est venue s'y installer pour y passer la nuit. Comme cela se répétait chaque jour, Jean, qui était frustré de ne plus la voir une fois qu'elle était entrée dans le nid, a installé une petite caméra à l'intérieur et l'a reliée à son téléviseur. Ainsi chaque soir il peut l'observer. J'ai eu la chance qu'il m'invite à assister à ce spectable extraordinaire.

 

La mésange arrive à peu près à la même heure. En ce moment c'est à 17h30 car les jours ont rallongé, mais en novembre, elle arrivait dès 16h30, quand il commençait à faire nuit. Elle commence par inspecter l'intérieur du nid comme si elle voulait s'assurer qu'il n'y a aucun danger, aucun ennemi planqué quelque part. Elle me fait penser à un enfant peureux qui regarde sous son lit avant de se coucher. Ce manège est étrange. Peut-être est-elle une maniaque de la propreté, qui veut s'assurer qu'il n'y a pas de toile d'araignée dans les coins!

 

Il y a de minuscules trous dans le bois et elle met parfois son oeil devant l'un d'eux pour inspecter l'extérieur, comme on le fait  à travers le judas d'une porte. Elle veut peut-être vérifier que personne ne l'a suivie.

 

 

 

Une fois complètement rassurée, elle  s'installe confortablement, en ayant soin de bien amasser sous son ventre les minuscules brindilles qu'elle a rapportées un jour et qui l'isolent sûrement du froid.  Puis elle s'ébouriffe les plumes.C'est très impressionnant. Elle grossit, grossit, jusqu'à devenir une grosse boule de plumes dans laquelle elle enfouit sa tête. Très vite elle s'endort. Il paraît qu'elle dort 14 heures d'affilée. Le lendemain matin, elle prend son envol vers l'arbre d'en face et elle ne revient que le soir.

 

Jean espère que le temps venu elle va y nicher et qu'il pourra suivre l'évolution depuis la ponte des oeufs jusqu'à l'envol des oisillons. C'est ce qu'il a fait dans un parc de Thonon au printemps. Il avait remarqué qu'une mésange bleue nichait dans le trou d'un arbre. Chaque jour, jusqu'à ce que les oisillons quittent le nid, il était allé l'observer. Il avait vu aussi un étourneau qui avait squatté un vieux nid de pic épeiche. Ceux-ci en font un nouveau chaque année à coup de bec et ainsi d'autres oiseaux peuvent en profiter l'année suivante. Jean et moi, nous  espérons que la mésange ne se contentera bientôt plus d'utiliser le nichoir uniquement comme centre d'hébergement de nuit, mais qu'elle commencera  à y couver. Cette histoire aura donc peut-être une suite.

 

Merci à Jean Moléro d'avoir eu la gentillesse de mettre ses photos à ma disposition.

Publié dans OISEAUX

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Le reflet dans la vitre

Publié le par Françoise Andersen

 

Il y a quelques années, il arrivait assez fréquemment que des petits oiseaux se cognent contre la vitre de la cuisine, en venant manger et boire sur la terrasse de notre petite maison danoise. En général, ils s’en sortaient bien. Soit ils repartaient immédiatement en sens inverse. Soit dans le pire des cas, ils restaient quelques secondes par terre un peu groggy. Puis ils se secouaient comme pour se remettre les idées en place, et ils reprenaient leur envol. Mais il y avait déjà eu un accident mortel. C’est pourquoi, en entendant tout à coup un bruit plus fort que d’habitude, je me suis précipitée dehors, pleine d’appréhension.

 

Je ne comprenais pas ces vols quasi suicidaires étant donné que, de l’extérieur, on voyait bien tous les meubles de la pièce à travers la vitre. Même si celle-ci était invisible pour les oiseaux, il n’y avait aucune raison pour qu’ils essaient d’entrer dans la maison. Et bizarrement, le choc se produisait presque toujours dans la partie basse, au niveau du petit meuble blanc à tiroirs.


                   

 

Mon coeur battait donc très fort quand j’ai ouvert la porte de la terrasse. Je n’osais presque pas regarder par terre. Quand j’ai enfin baissé les yeux, j’ai vu une petite mésange bleue qui gisait sur le dos, les pattes en l’air et les yeux clos. J’ai d’abord cru qu’elle était morte, mais quand je me suis baissée vers elle, j’ai eu l’impression que sa poitrine se soulevait. Mais je ne savais pas comment la réanimer. Je ne pouvais pas lui faire du "bouche à bec" !

 

Je me suis alors rappelée qu’une amie m’avait dit un jour que sa perruche s’était envolée de sa cage et avait violemment heurté le mur. Elle lui avait fait reprendre connaissance en lui mettant une goutte d’alcool dans le bec. Trouvant l’alcool trop fort pour un bébé oiseau, j’ai mélangé quelques gouttes de cognac avec de l’eau. J’ai mis ensuite délicatement la petite mésange dans ma main gauche, dans la position où je l’avais trouvée. J’ai glissé quelques gouttes du liquide alcoolisé dans son bec et l’effet a été presque immédiat. Elle a ouvert un oeil, puis l’autre. Puis elle a battu des ailes et s’est remise sur ses pattes, dans le creux de ma main. Un vrai miracle ! Elle ne semblait pas effrayée et me regardait calmement. Les oisillons sont beaucoup moins sauvages que leurs parents. On dirait qu’ils ne savent pas encore que le monde peut être très hostile. Ils ont le même regard confiant que les petits enfants.

 

J’ai décidé de garder cet oisillon en observation, car il me semblait trop faible pour être abandonné dans la nature. Il aurait en effet pu être attaqué par un de ces petits rapaces qui tournoient souvent dans le ciel, au-dessus du jardin. Leur regard est très perçant et ils peuvent fondre sur leur proie à une vitesse vertigineuse. Et puis à cause de mon traitement, son taux d’alcoolémie devait être trop élevé pour lui permettre de voler en toute sécurité ! J’ai donc décidé de le garder à l’intérieur, devant la porte ouverte, jusqu’à ce qu’il soit complètement rétabli. Ses griffes glissaient sur le parquet, alors je suis allée chercher une feuille de papier de verre. C’est ce qu’on met au fond des cages. J’ai déposé l’oisillon dessus avec précaution. Ses pattes étaient encore flageolantes et il clignait des yeux comme s’il était sur le point de s’endormir. C’était probablement l’effet de l’alcool. Je comptais essayer de lui donner la becquée quand il aurait repris des forces. Mais peu après, je l’ai vu tout à coup battre des ailes. Avant que j’aie eu le temps de réagir, il s’était déjà envolé vers les arbres. J’ai été heureuse qu’il soit indemne, mais en même temps un peu triste qu’il soit déjà parti. Il faut dire que je m’attache facilement...

 

Quand, un peu plus tard, des petites mésanges sont venues grignoter dans la mangeoire, je me suis dit que "la mienne" était peut-être parmi elles. J’ai regretté de ne pas avoir eu l’idée de lui avoir mis quelque chose à la patte, afin de pouvoir ensuite la reconnaître.

 

Mais le mystère restait toutefois entier. Pourquoi des d’oiseaux essayaient-ils d’entrer dans la maison ? J’ai découvert un jour, par hasard, la clé du mystère : l’après-midi, quand il y avait du soleil et sous un certain angle, la vitre devenait presque un miroir. A la place du petit meuble blanc, on voyait distinctement le reflet de la mangeoire, vers laquelle ils se précipitaient donc.


                 

 

Depuis que j’ai éloigné la mangeoire et la coupelle de la terrasse et que j'ai  suspendu, devant la vitre, un mobile représentant un gros oiseau, il n'y a plus eu aucun accident.

Publié dans OISEAUX

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LE CHIEN OBÉISSANT

Publié le par Françoise Andersen

Nous venions de pique-niquer en montagne. Avant de partir, mon fils s’était amusé à grimper en direction d’un chalet qui était au-dessus de nous.

 

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Tout à coup, je le vois dévaler la pente à toute vitesse. Il avait à ses trousses un chien furieux. Il avait beau courir aussi vite qu’il le pouvait, le chien était en train de le rattraper.

 

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Je sentais que celui-ci allait bientôt planter ses crocs dans les fesses rebondies de mon petit chérubin. Ayant entendu dire qu’il ne fallait pas courir, que cela excitait les chiens, j’ai hurlé "STOP" pour que mon fils s’arrête. Mon ordre impérieux a eu un effet vraiment inattendu : mon fils, qui n’était pas très obéissant de nature, a continué sa course. En revanche, le chien a "freiné" brutalement. Comme la pente était très abrupte, en essayant de s’arrêter net, il s’est immobilisé, la tête en arrière et les pattes de devant toutes raides. S’il avait été une voiture, on aurait entendu crisser les pneus ! Après m’avoir lancé un regard où se mêlaient la crainte et le respect, il est remonté rapidement en direction du chalet.


Publié dans CHIENS

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L'ARAIGNÉE BLANCHE

Publié le par Françoise Andersen


Quand j’habitais en ville, j’avais très peur des araignées. Dès que j’en voyais une, je paniquais. Mais quand nous avons commencé à vivre à la campagne, je me suis peu à peu habituée à ces bestioles parfaitement inoffensives. J’ai même chaque année une grosse araignée noire qui travaille pour moi bénévolement dans la maison. Elle habite dans un recoin, près du plafond, et je me garde bien de l’en déloger. En effet, quand une énorme mouche entre dans la pièce et que je n’arrive pas à la chasser, j’abandonne car je sais que je ne vais pas tarder à entendre une sorte de bourdonnement continu, que j’ai appris à reconnaître. 

C’est la mouche, que l’araignée a attrapée et qui essaie en vain de se libérer. Les araignées et moi, nous nous entendons donc maintenant très bien.

Mais un jour, le long du mur de la terrasse, j’en ai vu une qui ne m’a pas semblé très sympathique. Son dos ressemblait à une grosse tête avec deux petits yeux jaunes et ses pattes étaient très velues. Je me suis dit que je n’aimerais pas l’avoir comme locataire. L’idée qu’elle puisse me grimper dessus la nuit, pendant mon sommeil, me donnait la chair de poule. Mais comme elle était dehors et qu’elle était en train de tisser une magnifique toile d’une régularité étonnante, je me suis contentée de la photographier.

Je ne pensais pas que nos destins allaient bientôt à nouveau se croiser.

Quelques jours plus tard, je venais de finir de repeindre la partie blanche de la façade, mais il me manquait encore les deux petites fenêtres du haut.

Avant de me mettre au travail, j’avais pris un balai pour enlever les toiles d’araignées qui étaient sous le toit et chasser leurs propriétaires, avec précaution et sans leur faire de mal, mais j’en avais apparemment oublié une. En effet, en peignant, j’ai senti quelque chose qui tombait soudain sur ma main gauche. J’ai eu le temps de m’apercevoir, avec effroi, que c’était l’araignée marron que j’avais prise en photo. J’ai eu immédiatement le réflexe de la chasser d’un large mouvement de la main droite, l’envoyant valser très loin, sur la pelouse. Comme je n’étais liée à elle par aucun lien affectif, et qu’elle m’inspirait même une certaine répulsion (pour ne pas dire une répulsion certaine), j’ai repris mon travail, sans plus m’en soucier.

Mais quelle ne fut pas ma surprise, le lendemain, de découvrir, à gauche de la porte, l’araignée qui était revenue. Elle était à moitié blanche. Quand j’avais fait ce grand geste pour m’en débarrasser, c’est le pinceau plein de peinture, que je tenais à la main, qui l’avait touchée.

Elle semblait beaucoup moins en forme que le jour de la photo, mais elle s’était remise au travail. Toutefois l’irrégularité de sa nouvelle toile laissait craindre qu’elle n’ait subi un léger traumatisme crânien, lors du choc avec le pinceau !

 

©  Françoise Andersen

Cette histoire a déjà été publiée, il y a quelques années, sur le site de l'école de Martigny

(Suisse)            



Publié dans ANIMAUX DIVERS

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LA COCCINELLE INSECTICIDE

Publié le par Françoise Andersen


Sur l’une de mes plantes vertes, j’ai découvert un jour de microscopiques taches blanches qui se sont avérées être des pucerons. Étant donné que je suis contre l’usage des pesticides, j’arrive en général à m’en débarrasser grâce à une recette de grand-mère : je vaporise les fleurs avec de l’eau dans laquelle j’ajoute un peu de savon de Marseille. Mais parfois cela ne suffit pas. A l’extérieur, des coccinelles viennent souvent me prêter main forte. Elles sont aussi efficaces que les produits chimiques, car elles mangent les pucerons. Malheureusement, il y avait peu de chance qu’une coccinelle entre dans l’appartement. Je sais qu’on peut maintenant acheter des oeufs de coccinelle comme insecticide biologique, mais je n’avais pas besoin de toute une armée de coccinelles. Une seule me suffisait.

Je me suis dit que grâce à ce printemps si précoce, j’en trouverai bientôt une sur le balcon. Il me suffirait alors de la prendre et de la mettre sur la plante verte. Mais je voyais des abeilles et des bourdons butiner les primevères et les jonquilles, alors qu’il n’y avait pas l’ombre d’une coccinelle.Heureusement, le hasard a bien fait les choses. Je m’apprêtais à descendre de la voiture, après une randonnée en montagne, quand j’ai vu, sur la vitre, une coccinelle qui faisait des efforts désespérés pour essayer de sortir. C’était comme si un bon génie avait exaucé mon voeu en enfermant cet insecte dans ma voiture. J’ai essayé en vain de la faire passer sur mon doigt. Elle semblait très stressée et allait dans tous les sens. Mais j’ai fait preuve de patience et j’ai fini par réussir à la faire grimper sur ma main. Il restait encore à la monter au troisième étage. Les gens qui m’ont vue marcher, en la faisant passer d’une main sur l’autre, ont dû croire que j’étais retombée en enfance. Il y avait eu un premier miracle : la coccinelle trouvée dans la voiture. Il y en a eu un deuxième : je suis arrivée jusqu’à l’appartement sans qu’elle s’envole et j’ai pu la déposer avec précaution sur la plante.

Le lendemain, j’ai été agréablement surprise : il restait encore quelques pucerons ici et là, mais mon ouvrière bénévole avait vraiment fait du bon travail. Malheureusement elle avait disparu. Quelques heures plus tard, je l’ai retrouvée dans la cuisine. Je l’ai immédiatement remise au travail et ma plante a été débarrassée de tous ses parasites. Peu après, comme je ne la voyais plus, j’ai pensé que n’ayant plus rien à se mettre sous la dent - si je puis dire - elle s’était envolée.

J’ai donc été très surprise de la découvrir, quelques jours plus tard, cachée sous une feuille.

Je comprends maintenant pourquoi les pucerons ne sont pas revenus. C’est en effet ce qui se passe souvent quand on croit en être débarrassé. Avec cette coccinelle qui a décidé de rester chez moi, j’ai la chance de bénéficier d’un traitement en continu.

 

 

©  Françoise Andersen

Cette histoire a déjà été publiée, il y a quelques années, sur le site de l'école de Martigny

(Suisse)            http://zwook.ecolevs.ch/martigny/zwook/enfants/histoiresvraies

 

Publié dans INSECTES

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Une grenouille sous la douche

Publié le par Françoise Andersen

 

J’étais devant le lavabo en train de me mettre de la crème solaire sur le visage, quand il m’a semblé apercevoir une sorte de gros caillou sur le carrelage près du rideau de douche. Je dis ”il m’a semblé” car quand je n’ai pas mes lunettes je n’y vois pas grand chose. J’ai eu soudain l’impression que le”caillou” bougeait Intriguée j’ai mis mes lunettes pour aller voir ça de plus près. Je me suis alors aperçue qu’il s’agissait d’une petite grenouille. C’était pendant la canicule de 2003. Elle avait dû sentir la proximité d’un endroit humide et elle était apparemment entrée par la porte. Attirée par l’eau, elle avait sauté dans le coin douche.

Je ne pouvais pas la laisser là. Alors j’ai mis sur elle un récipient en plastique transparent. Elle semblait tétanisée par la peur. Ensuite, avec d’infinies précautions, j’ai glissé un carton sous elle. J’ai transporté le tout dans le jardin dans un endroit ombragé et je l’ai libérée. Elle restait parfaitement immobile et on ne la voyait presque pas dans l’herbe.
 

                                  

 
Je suis allée chercher une vasque  remplie d’eau et je l’ai mise devant elle. Elle n’a pas tardé à y entrer. Mon sauvetage de grenouille avait réussi.

Publié dans ANIMAUX DIVERS

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Mon petit lapin nain blanc aux yeux bleus

Publié le par Françoise Andersen

Le dernier animal de compagnie que nous avons eu était un lapin nain tout blanc aux yeux bleus. C’est très rare car, d’habitude, les lapins blancs sont des albinos et ils ont les yeux rouges.

 

 

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 Ce petit lapin se comportait absolument comme un chat. Il avait sa caisse dans un renfoncement dans l’entrée. Il était très propre et faisait toujours ses besoins dans le même coin. Jamais il n’a sali l’appartement. La nuit, une petite barrière l’empêchait de se déplacer dans l’appartement mais, dans la journée, il était en liberté. Il n’avait toutefois le droit de gambader que dans l’entrée et la chambre des enfants. Je lui avais appris que l’accès aux autres pièces lui était interdit. Je le grondais, s’il faisait mine de désobéir.

 

Parfois il pensait que je ne le voyais pas, alors que je le surveillais du coin de l’œil. Ne se croyant pas observé, il mettait une patte sur le seuil et attendait, en me regardant. Ne voyant pas de réaction, il mettait l'autre et s’apprêtait à prendre son élan. Mais un « non » catégorique suffisait à lui faire rebrousser chemin.

 

Tous les matins, j’ouvrais la petite barrière et mon fils, qui était encore au lit l’appelait. Il sautait sur le lit et allait se blottir contre lui, pour se faire caresser. Malheureusement, à un an seulement, il a eu un cancer et il a fallu le faire euthanasier, pour abréger ses souffrances. C’est moi qui ai eu la pénible tâche de l’amener chez la vétérinaire.

 

Je l’avais bien emmitouflé dans un vieux pull et le tenais contre moi, tandis que les larmes coulaient sur mes joues. Dans la salle d’attente, des gens avec leur chien me jetaient des regards en coin. J’avais honte et essayais de me répéter: « Ce n’est qu’un lapin, ce n'est qu'un lapin », mais je continuais malgré tout à pleurer, parce que ce n’était pas juste « un » lapin, mais « MON » lapin.

Publié dans ANIMAUX DIVERS

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