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Noël 1943

Publié le par Françoise Andersen

 

Il faisait très froid. C’était la guerre et pourtant c’était Noël.

 

                                           DNO0102132-M

 

 

J’étais malade, et mes parents avaient mis mon petit lit dans la cuisine, près de la cuisinière qui ronronnait doucement. C’était la seule source de chaleur dans notre maison glaciale. Malgré la fièvre et la toux, j’étais bien dans cette bonne chaleur, avec papa et maman qui étaient tout près de moi, et qui ne s’occupaient que de moi.

 

Je venais de me réveiller, et j’allais avoir mon cadeau de Noël. Papa l’a déballé sur la table, sous mes yeux émerveillés. Il s’agissait d’une maison de poupée qu’il avait fabriquée avec du carton. A l’intérieur, il y avait plein de petits meubles qu’il avait découpés dans des feuilles d’aluminium assez épaisses. Il y avait tout un ameublement : des tables, des chaises, des lits, une armoire qu’on pouvait ouvrir, et même une toute petite commode avec des tiroirs qu’on pouvait tirer. La maison était habitée par une famille composée d’un papa, d’une maman, d’une petite fille et d’un chien, fabriqués avec des marrons de différentes tailles pour le corps, et des morceaux d’allumettes de différentes longueurs pour le cou et les membres.

 

                                          DSCN9561

 

Ils avaient l’air tous très heureux, avec un grand sourire taillé dans leur bonne bouille de marron. La maman et la petite fille avaient les cheveux raides et une frange dessinés à coups de couteau dans l’écorce.

 

À côté de la maison, il y avait une crèche avec des petits personnages en plâtre.

 

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Au fond de l’étable, une fenêtre laissait entrer la lumière d’une bougie. Papa a éteint la lumière. Les meubles en aluminium scintillaient dans l’obscurité, comme s’ils étaient faits d’un métal précieux et, dans la crèche, à cause des ombres mouvantes, les personnages semblaient prendre vie.

C’est ainsi qu’épuisée par la fièvre, l’émotion, la joie, j’ai fermé mes paupières et je me suis endormie, tandis que le petit Jésus tendait ses petits bras vers moi en gazouillant.

 

J'ai déjà publié cette histoire, il y a quelques années, sur le site de l'école communale de Martigny (Suisse)

 http://zwook.ecolevs.ch/martigny/zwook/enfants/histoiresvraies

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Le Noël de Blacky

Publié le par Françoise Andersen

 

Blacky, c’était le labrador de mon fils et de ma belle-fille.

 

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Le soir de Noël, j’étais arrivée avec un faux os en couenne pour lui, mais je n’avais pas fait un paquet cadeau. Je n’ai jamais eu de chien et j’avais toujours trouvé ridicules les gens qui font des paquets pour leur chien et les mettent sous l’arbre avec les autres. Mais je viens de changer d’avis et j’ai très mauvaise conscience vis-à-vis de ce pauvre Blacky.

 

Pendant la distribution des cadeaux, il était assis par terre, l’air assez abattu. Quand il entendait crier un nom, il levait un sourcil et puis il retournait à sa rêvasserie.

 

                                      sapindecore.gif

 

Le beau-père de mon fils, Niels, lisait à haute voix le nom du destinataire de chaque cadeau, avant de le donner à ma petite-fille qui faisait la distribution.

 

Niels s’est écrié soudain : "Un cadeau pour Blacky !". Celui-ci s’est levé d’un bond, a arraché le cadeau de ses mains d’un coup de dents. Avant de l’ouvrir, il est venu le montrer à tout le monde, en balayant tout sur son passage, à grands coups de queue. Il s’arrêtait devant chacun d’entre nous en se trémoussant et en hochant la tête pour bien attirer notre attention sur ce cadeau qui lui faisait tant plaisir.

 

Les autres invités avaient ouvert leurs cadeaux en feignant souvent poliment une joie qu’ils n’éprouvaient pas. Les enfants, habitués à être trop gâtés et à recevoir tout au long de l’année presque tout ce qu’ils désiraient, semblaient assez blasés. Mais dans le regard de ce chien, il y avait cette joie simple et authentique que j’avais cherchée en vain chez les humains qui se trouvaient autour de moi ce soir-là.

 

                                                            -ooOoo-

 

J'ai déjà publié cette histoire, il y a quelques années, sur le site de l'école communale de Martigny (Suisse)

 http://zwook.ecolevs.ch/martigny/zwook/enfants/histoiresvraies

 

 

 

© Françoise Andersen

Cette histoire a déjà été publiée, il y a quelques années, sur le site de l'école communale de Martigny (Suisse)

Publié dans CHIENS

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Néo, le chien de garde dont j'ai terni la réputation

Publié le par Françoise Andersen

Je vais vous parler aujourd'hui d'un labrador d'une villa voisine de notre copropriété, qui est / (était ?) un très bon chien de garde. C'est son boulot et je n'ai rien contre à part que, quand je passe devant chez lui, en oubliant sa présence, il surgit tout à coup de nulle part et se met à aboyer très fort. Mon coeur, semi-mécanique depuis mon opération, s'emballe à chaque fois que j'ai un choc à cause de lui.

 

Un jour, après un nouveau choc en passant devant sa maison, je n'ai pu m'empêcher de réagir, pour la première fois, en l'enguirlandant, en danois. En effet, de plus en plus, je parle, rêve et pense dans cette langue. Je ne risquais absolument rien en laissant exploser ma colère, car un solide grillage me séparait du monstre. Je me suis bien défoulée en lui criant tout ce que j'avais sur le coeur depuis un bon moment. Je lui ai dit qu'il me faisait un choc à chaque fois, que c'était idiot d'aboyer, car il me connaissait et j'ai terminé par un cinglant: "SKAM DIG" ( "shame on you", en anglais et en français "Tu devrais avoir honte" !

 

Sa réaction a été vraiment inattendue. Il s'est tu immédiatement comme s'il avait compris et est allé vers la maison, la queue entre les jambes et l'air contrit. Je vous assure que je vous dis la vérité. D'habitude il aboie quand on passe sur le côté de la maison, puis il s'arrête et se précipite dans la partie du jardin qui est devant la maison. Il nous y attend en silence et je reçois d'habitude un second choc en passant devant. Je crois que par télépathie, hier, il a compris ce que je pensais de lui et, cette fois-ci, je ne l'ai ni vu ni entendu en passant devant la maison..

 

Un jour, son maître, que je n'avais jamais vu, bricolait sur sa voiture. Je lui ai dit bonjour et me suis permis de lui dire que son chien était très agressif. Il a protesté qu'il était gentil comme tout C'est ce que m'avait dit aussi la propriétaire d'un teckel qui, peu après, m'avait mordue, il y a 9 ans ! :(( J'ai donc eu un mouvement de recul quand le monsieur a ouvert la grille en appelant son Cerbère. Celui-ci s'est avancé vers moi en frétillant de la queue et est venu quémander des caresses. Il me regardait avec plein de confiance et d'amour dans les yeux, comme savent le faire si bien les chiens. Je crois que ça a été le début d'une belle amitié. J'ai appris qu'il s'appelait Néo.

 

Je me demandais comment il allait réagir la prochaine fois que je passerais devant chez lui. J'ai donc fait un test. Quand j'étais à quelques mètres, il a aboyé brièvement, mais pas comme d'habitude en sautant sur le grillage, en montrant ses crocs et en me lançant des regards furibonds. On aurait dit que c'était juste un signal pour montrer à ses maîtres qu'il faisait son boulot. Je l'ai appelé pas son nom et j'ai entamé la conversation, au grand dam de mon mari qui n'aime guère les chiens et qui me trouve ridicule quand je leur parle. Néo m'a écoutée calmement et, comme vous pouvez le voir sur la photo que j'ai prise, il n'y avait plus aucune animosité dans son regard. Il semblait presque craintifIl n'aime peut-être pas être photographié. D'accord il n'a pas l'air très expansif, mais il ne faut pas oublier que c'est un Savoyard ! ;))

Il est allé ensuite s'intaller tranquillement sur le perron de la maison.

 

Mais l'histoire ne s'arrête pas là. J'ai bien peur d'avoir détruit la réputation de ce chien de garde. En effet, depuis qu'il n'aboie plus après moi, il n'aboie plus non plus après les gens du quartier qu'il connaît et qui passent régulièrement devant chez lui. Ses maîtres en ont donc été réduits à mettre un panneau mensonger sur leur grille pour faire croire aux cambrioleurs potentiels qu'ils ont un féroce berger-allemand.

 

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L'écureuil cambrioleur

Publié le par Françoise Andersen

 

 

 

 

Chaque année, nous quittons Thonon pour aller passer l’été dans notre petite maison, au bord de la Baltique, en pleine nature. J’y retrouve avec joie tous "mes" animaux. Certains (les lièvres et les chevreuils) ne font que traverser le jardin. D’autres viennent s’y nourrir, comme mon gentil petit écureuil.

Au début il laissait les oiseaux manger tranquillement sur la terrasse.

Mais un jour il a investi la mangeoire et a trouvé la nourriture à son goût. Il a donc pris l’habitude de venir plusieurs fois par jour voler les graines de tournesol de mes pauvres petits oiseaux.

Il fallait absolument les aider. Alors j’ai placé à leur intention, en hauteur, une autre mangeoire avec une toute petite ouverture devant. J’avoue que j’ai été trés naîve en m’imaginant que l’écureuil n’allait pas pouvoir y avoir accès. Il a grimpé à toute vitesse et a entré sa tête dans la mangeoire pour manger les graines.C’était très drôle à voir, cette moitié d’écureuil qui pendait de la mangeoire. Heureusement qu’un oiseau de proie ne passait pas par là, car il aurait été une victime facile. Mais cela montre à quel point "mes" animaux sont confiants. Mon jardin est pour eux une sorte de réserve où ils pensent apparemment que rien de mal ne peut leur arriver.

Mais il me fallait trouver une autre solution pour que mes petits oiseaux puissent manger en paix. J’ai donc acheté une grosse cage en osier, me disant qu’ils pourraient entrer et sortir à travers les barreaux, mais que ceux-ci étaient trop rapprochés pour que l’écureuil puisse y entrer.

Mais je me trompais car, dès le lendemain, j’ai pu voir "l’écureuil cambrioleur" en train de manger tranquillement au milieu de la cage. Il avait réussi à écarter deux barreaux, afin de pouvoir entrer et sortir à son gré.

Je me suis donc avouée vaincue et les oiseaux aussi. Ils attendent sagement dans les arbres que ce petit voleur soit rassasié, pour entrer à leur tour manger dans la cage. En fait, tout se passe très bien. Si seulement les humains pouvaient s’entendre aussi bien entre eux que les animaux !

A l’automne, je quitte le Danemark sans mauvaise conscience, car je sais que mes animaux iront se nourrir tout l’hiver chez mon nouveau voisin. Celui-ci aime tellement les animaux qu’il dépense une fortune en noisettes, graines de tournesol, boules de graisse, etc. Il achète par exemple les graines de tournesol par sac de 15 kg ! Avant que je l’aie comme voisin, je devais toujours attendre quelques jours, en mai, avant que les animaux reprennent l’habitude de venir manger dans mon jardin. Mais il m’a fait la surprise l’an dernier de mettre des graines de tournesol chez moi 8 jours avant mon arrivée, pour que je retrouve tout de suite tous "mes" animaux. D’ailleurs, en parlant d’eux, il dit "nos animaux". Quelle chance pour moi que la maison d’à côté ait été achetée par un ami des bêtes !

 

                                                            -ooOoo-

 

J'ai déjà publié cette histoire, il y a quelques années, sur le site de l'école communale de Martigny (Suisse)

 http://zwook.ecolevs.ch/martigny/zwook/enfants/histoiresvraies

 

 

 

 

 

 L’écureuil cambrioleur

Chaque année, nous quittons Thonon pour aller passer l’été dans notre petite maison, au bord de la Baltique, en pleine nature. J’y retrouve avec joie tous "mes" animaux. Certains (les lièvres et les chevreuils) ne font que traverser le jardin. D’autres viennent s’y nourrir, comme mon gentil petit écureuil.

Au début il laissait les oiseaux manger tranquillement sur la terrasse.

Mais un jour il a investi la mangeoire et a trouvé la nourriture à son goût. Il a donc pris l’habitude de venir plusieurs fois par jour voler les graines de tournesol de mes pauvres petits oiseaux.

Il fallait absolument les aider. Alors j’ai placé à leur intention, en hauteur, une autre mangeoire avec une toute petite ouverture devant. J’avoue que j’ai été trés naîve en m’imaginant que l’écureuil n’allait pas pouvoir y avoir accès. Il a grimpé à toute vitesse et a entré sa tête dans la mangeoire pour manger les graines.C’était très drôle à voir, cette moitié d’écureuil qui pendait de la mangeoire. Heureusement qu’un oiseau de proie ne passait pas par là, car il aurait été une victime facile. Mais cela montre à quel point "mes" animaux sont confiants. Mon jardin est pour eux une sorte de réserve où ils pensent apparemment que rien de mal ne peut leur arriver.

Mais il me fallait trouver une autre solution pour que mes petits oiseaux puissent manger en paix. J’ai donc acheté une grosse cage en osier, me disant qu’ils pourraient entrer et sortir à travers les barreaux, mais que ceux-ci étaient trop rapprochés pour que l’écureuil puisse y entrer.

Mais je me trompais car, dès le lendemain, j’ai pu voir "l’écureuil cambrioleur" en train de manger tranquillement au milieu de la cage. Il avait réussi à écarter deux barreaux, afin de pouvoir entrer et sortir à son gré.

Je me suis donc avouée vaincue et les oiseaux aussi. Ils attendent sagement dans les arbres que ce petit voleur soit rassasié, pour entrer à leur tour manger dans la cage. En fait, tout se passe très bien. Si seulement les humains pouvaient s’entendre aussi bien entre eux que les animaux !

A l’automne, je quitte le Danemark sans mauvaise conscience, car je sais que mes animaux iront se nourrir tout l’hiver chez mon nouveau voisin. Celui-ci aime tellement les animaux qu’il dépense une fortune en noisettes, graines de tournesol, boules de graisse, etc. Il achète par exemple les graines de tournesol par sac de 15 kg ! Avant que je l’aie comme voisin, je devais toujours attendre quelques jours, en mai, avant que les animaux reprennent l’habitude de venir manger dans mon jardin. Mais il m’a fait la surprise l’an dernier de mettre des graines de tournesol chez moi 8 jours avant mon arrivée, pour que je retrouve tout de suite tous "mes" animaux. D’ailleurs, en parlant d’eux, il dit "nos animaux". Quelle chance pour moi que la maison d’à côté ait été achetée par un ami des bêtes !

 

 

 

Publié dans ÉCUREUILS

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L'étourneau squatter

Publié le par Françoise Andersen

 

 Un jour, très tôt le matin, j’ai été tirée de mon sommeil par des pépiements stridents qui semblaient presque venir de la chambre. Il n’y a pas de grenier dans la maison et les lambris du plafond sont seulement à une dizaine de centimètres de la toiture. Apparemment, cet espace étroit avait été squatté par des oiseaux. J’ai prêté l’oreille et je me suis aperçue que ces cris étaient toujours précédés d’un léger bruit de pas. C’était les pattes de la maman oiseau, qui venait nourrir ses petits. Dès qu’elle repartait, les piaillements reprenaient de plus belle. Au début, j’ai trouvé cela amusant, mais j’ai vite fini par ne pas apprécier ces réveils intempestifs. Par moment, j’avais envie de prendre un manche à balai, de donner un grand coup dans le plafond et de crier : « Silence. Il y en a qui essaient de dormir ! ».

 

Quelques jours plus tard, j’ai vu un étourneau se percher sur l’arête du toit et disparaître à l’intérieur. Je me demandais comment un oiseau de cette taille avait pu se glisser là pour y faire son nid. C’était incompréhensible qu’il ait réussi à se glisser sous la toiture, alors que le trou ne faisait que quelques centimètres. Mais je l’ai pourtant vu ressortir quelques minutes plus tard.

 

J’avais eu la preuve que cette maman étourneau pouvait entrer et sortir, mais je me suis inquiétée pour les oisillons. Comment allaient-ils, le moment venu, trouver cette sortie minuscule alors que je les entendais, juste au-dessus de mon lit, dans la partie basse du toit ? De jour en jour, ils prenaient des forces et leurs piaillements devenaient de plus en plus bruyants, si bien que j’ai fini par décider de me lever tôt. Je ne l’ai pas regretté, car c’est merveilleux la campagne, au lever du jour. Le paysage est parfois baigné dans une légère brume qui lui donne un aspect irréel et tous les animaux (écureuils, faisans, biches, lièvres, etc) sont en pleine activité.

 

Un beau jour, au lieu des allées venues de la maman étourneau et du bruit léger de ses pas, il y a eu un grand remue-ménage. Plein de petites pattes semblaient aller dans tous les sens. J’avais l’impression que les oisillons essayaient de monter vers l’arête du toit. Je me suis donc précipitée dehors et j’ai vu en effet les oisillons prendre leur essor les uns après les autres. Dès le lendemain, je pouvais à nouveau faire la grasse matinée. Je les ai souvent revus ensuite, avec leur maman, qui venaient manger avec les autres oiseaux. Et puis, un jour, ils ont disparu. Peut-être ont-il migré vers le sud à l’approche de l’hiver ?

 

 

 

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J'ai déjà publié cette histoire, il y a quelques années, sur le site de l'école communale de Martigny (Suisse)

 http://zwook.ecolevs.ch/martigny/zwook/enfants/histoiresvraies

 

 

 

                  

                  

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J'ai déjà publié cette histoire, il y a quelques années, sur le site de l'école communale de Martigny (Suisse)

 http://zwook.ecolevs.ch/martigny/zwook/enfants/histoiresvraies

 

 

Publié dans OISEAUX

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Le nid de merle

Publié le par Françoise Andersen

 

Depuis notre mésaventure de l'an dernier avec les gobe-mouches (voir ”Le nid fleuri”

http://histoires.vraies.over-blog.com/article-le-nid-fleuri-91847418.html

mon mari avait décidé d'empêcher toute nouvelle tentative de nidification. Alors quand un merle a commencé à construire son nid dans un renfoncement bien abrité du vent et de la pluie, sur la façade de notre maison danoise, il a décrété qu’il n’était pas question de subir les mêmes inconvénients cette année. Mais j’ai plaidé la cause de ce pauvre merle, que je trouvais bien sympathique et qui ne risquait pas de nous gêner à cet endroit. J’ai finalement réussi à obtenir pour lui une autorisation de séjour. Vu d'en bas, on voyait juste un amas désordonné de feuilles mortes, de brindilles et même de ficelle. Cela n'avait vraiment pas l'air très professionnel.

Le nid de merle

Mais derrière ce capharnaüm, peut-être destiné à servir de protection, il y avait un beau nid bien rond contenant un petit oeuf vert. D'autres ont suivi.

Le nid de merle

Après avoir attendu avec impatience l'éclosion des œufs, j’ai eu un jour la surprise de voir un long bec qui dépassait du nid. Il avait vraiment une drôle de tête, cet oisillon, avec sa coiffure d'Iroquois!

Le nid de merle

Il a eu bientôt des frères et soeurs. Je n'ai jamais pu voir s'ils étaient 4 ou 5, car ils étaient tous entassés les uns sur les autres.

 

Après l'éclosion des oeufs, dès que la maman merle quittait son nid pour aller chercher de la nourriture, j'en profitais pour monter sur un escabeau et prendre des photos du nid..

Le nid de merle

Avant l’éclosion, la maman m’avait laissée prendre des photos du nid sans protester. Pendant la séance photo, elle m'avait observée calmement depuis la pelouse et n'était revenue que lorsque j’avais eu fini. Mais tout a changé après l'arrivée des petits. Dès que je faisais mine de monter sur l’escabeau, pendant qu'elle cherchait des vers de terre pour nourrir sa nichée, elle levait la tête et se mettait à émettre des sons discordants, qui traduisaient très bien sa réprobation. Je n’avais plus qu’à m'éclipser en vitesse, avec quelques mots d’excuses.

Le nid de merle

Mon fils m’avait dit : « Tu vas continuer à voir les petits pendant une dizaine de jours car, au début, ils ne peuvent pas voler : ils restent dans le jardin et la mère vient les nourrir. ». J’avais trouvé cela très inquiétant. S’ils ne pouvaient pas voler, est-ce qu'ils risquaient de s’écraser sur les dalles de ciment devant la maison, en quittant le nid ? En effet quand ils nichent dans des arbres, ils tombent sur l'herbe. En revanche, à cet endroit, une chute pouvait être fatale. En fait, même s’ils ne peuvent pas voler loin, les petits merles se laissent sûrement tomber du nid en une sorte de vol plané. Ils peuvent même voleter sur quelques mètres.

Au début, je voyais de temps en temps la maman merle qui donnait la becquée à l'un des petits sur la pelouse. Mais un jour, je n’en ai plus vu aucun, même si cela ne faisait que 5 ou 6 jours que le nid était vide. Je me faisais du souci. Il y avait tant de vilains matous mal intentionnés dans les parages ! Mais un beau matin, j’ai entendu des pépiements sur la terrasse. Peu après, la maman merle est arrivée avec un vermisseau dans le bec. Un gros bébé merle, caché sous les fleurs du parterre, est apparu soudain. Cette scène s'est reproduite plusieurs fois par jour.

Le nid de merle

Malheureusement, il était seul. Les autres n’avaient sûrement pas survécu. Il paraît que c’est souvent le cas. C’est pour cela que, pour perpétuer l’espèce, il y a 2 ou 3 couvées par an. Peut-être qu’ayant perdu les autres, la maman avait eu la bonne idée de cacher le survivant à un endroit où il était en sécurité. Peu à peu ses plumes tachetées d’oisillon étaient remplacées par des plumes noires. C’était un petit mâle, car le plumage des femelles est marron.

Un beau jour, il a sûrement pu enfin voler vraiment et je ne l’ai plus revu. Mais j’espère que, l’an prochain, un merle choisira à nouveau notre maison pour y faire son nid. C’est très probable, car ils reviennent en général au même endroit.

Publié dans OISEAUX

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La souris malentendante

Publié le par Françoise Andersen

 

Quand nous vivions dans la banlieue de Copenhague, nous passions, comme beaucoup de Danois, tout l’été dans notre petite "maison d’été". L’hiver, c’était un but de promenade, étant donné qu’elle n’était qu’à deux kilomètres de notre appartement. 
Un dimanche, nous avons eu la désagréable surprise de voir que la moitié du savon avait été grignoté.

 

                                                   24-savon-marseille-cube-olive-400g.jpeg

 

C’était le signe qu’une souris était passée par là. Peu après, je me suis aperçue que le bas de ma robe de plage ressemblait presque à de la dentelle, la souris n’ayant rien eu d’autre à se mettre sous la dent. Nous avons cherché partout, mais pas la moindre trace de souris. Nous nous sommes dit qu’elle n’était plus là, et qu’elle devait entrer et sortir à sa guise.


Le lendemain, pour empêcher qu’elle ne revienne, nous avons acheté un tout petit appareil électronique qui,
d’après le vendeur, donnait des résultats garantis. On n’avait qu’à le brancher dans une prise de courant et il émettait des "ultrasons inaudibles pour les humains mais insupportables pour les souris, dans un périmètre de 15 mètres". C’est ce que promettait la publicité, qui était accompagnée d’un dessin de souris qui fuyait les yeux hors de la tête, en se bouchant les oreilles. 
Malheureusement, la fois suivante, nous avons constaté de nouveaux dégâts.


Nous nous demandions par où elle pouvait bien entrer, la maison nous semblant parfaitement étanche. J’avais vu un jour un personnage de bande dessinée qui voulait savoir d’où venait une souris. Il avait versé une fine couche de farine par terre, pour voir les empreintes de ses pas. Je me suis dit : « Ce n’est pas bête. Je vais essayer ». En effet, cela a été très efficace. Le week-end suivant, il y avait dans toute la maison de minuscules traces de pas de souris sur la farine. On pouvait voir qu’elles partaient de sous la porte de la cuisine. Nous avons alors constaté qu’il y avait un tout petit espace de seulement 2 ou 3 millimètres, que mon mari s’est empressé de boucher. Mais si, comme Sherlock Holmes, j’avais tout examiné à la loupe, j’aurais pu voir que les empreintes venaient de l’extérieur, mais qu’il n’y en avait pas qui étaient dirigées vers l’extérieur. J’étais un piètre détective et je n’ai donc pas vérifié si elle était encore dans la maison. Résultat : à notre visite suivante, il ne restait plus que la moitié d’un savon tout neuf et des sacs en plastique étaient plein de petits trous. Voulant l’empêcher d’entrer, nous l’avions seulement empêchée de sortir !

 

J’ai donc décidé de partir à la chasse à la souris, quitte à mettre la maison sens dessus dessous. Tout à coup nous avons entendu un petit bruit venant du tiroir qui était sous un lit et où je range la literie. Elle avait dû s’y faire un nid douillet. Pendant que je restais prudemment à l’autre bout de la pièce, mon mari a ouvert le tiroir. Une charmante petite souris marron s’en est échappée. C’était ce qu’on appelle en danois une "souris des champs", ce qui est plus joli que le terme de "rat des champs" désignant en français le campagnol, qui a en fait la taille d’une souris.

 

                                         Fichier-Zapus_hudsonius.jpeg

 

Donc notre "souris des champs" a couru se réfugier dans le coin où se trouvait l’appareil, elle s’est dressée sur ses pattes de derrière et s’est mise tranquillement à faire sa toilette. Cela avait l’air de lui être complètement égal que je sois à moins d’un mètre d’elle et que l’appareil émette des sons qui, théoriquement, auraient dû lui être insupportables. Soit elle était sourde, soit la publicité était mensongère. On voyait qu’elle se sentait chez elle. Elle devait même se demander qui était ces intrus. Elle ressemblait comme deux gouttes d’eau à Jerry, la souris coquine du dessin animé "Tom et Jerry". Je restais parfaitement immobile, retenant mon souffle car je voulais profiter du spectacle. Elle était très mignonne, mais je crois qu’en fait elle se moquait de nous et de notre appareil parfaitement inefficace.

 

Finalement j’ai probablement fait un geste qui lui a fait peur. Elle s’est enfuie par la porte, qui était restée ouverte. Nous ne l’avons plus jamais revue.

Publié dans ANIMAUX DIVERS

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LE VIEIL HOMME AUX OISEAUX

Publié le par Françoise Andersen

  

 

De passage à Paris, j’étais arrivée au Quartier Latin une demi-heure trop tôt pour un rendez-vous concernant mon travail. Je décidai donc d’aller faire un tour au jardin du Luxembourg, où un banc bien exposé au soleil me sembla l’endroit idéal pour y passer cette demi-heure d’attente.

 

              imgres-5.jpeg                Jardin-du-Luxembourg.jpeg                                                                 

 

Un vieil homme se dirigeait, à petits pas, vers un banc qui se trouvait à une dizaine de mètres du mien. A peine se fut-il assis qu’une nuée de moineaux obscurcit tout à coup le ciel bleu de cette belle fin d’après-midi d’automne.

 

Ils se posèrent autour de lui, mais aussi sur lui. Ses épaules, ses bras, et même sa tête, soudain couverts de plumes, lui donnaient l’apparence d’un personnage de légende, mi-homme mi-oiseau. Il ouvrit un sac en plastique et en sortit des morceaux de pain qu’il jeta autour de lui avec le geste lent du semeur, sans pour cela les effrayer. Puis il emplit ses mains de miettes, et les moineaux les plus audacieux s’y précipitèrent. Il en avait un sur chaque doigt. Au bout de quelques secondes, d’autres venaient chasser les premiers qui leur laissaient la place, et ainsi de suite....

 

Fascinée par ce spectacle, je m’approchai prudemment. Le vieil homme leva la tête et m’adressa un sourire rayonnant de bonté. Dans ce vieux visage tout ridé, je fus étonnée de trouver des yeux d’un bleu très pâle et un regard candide qui me fit penser à celui du Petit Prince de Saint-Exupéry.

                                          large 543 4321-livre-le-Petit-Prince-Petit-Jour

 

"N’ayez pas peur, vous pouvez vous approcher". De sa voix douce, on aurait dit qu’il essayait de m’apprivoiser. J’obéis sur la pointe de pieds, pour ne pas faire fuir les oiseaux, et je me trouvai bientôt tout près de lui. J’eus l’impression d’être entrée dans un cercle magique. Il irradiait en effet de lui une telle sérénité, un tel accord avec la nature que je m’en sentais tout imprégnée. Cinq minutes plus tôt, mon seul désir était que soit accepté le résultat d’un an de travail, que je serrais précieusement contre moi, dans mon sac. J’avais rêvé qu’on me dise : "C’est formidable ce que vous avez fait. C’est exactement ce dont nous avons besoin". Seul comptait alors pour moi le jugement qui allait tomber quelques minutes plus tard. Maintenant, tout cela me semblait sans importance. J’enviais cet homme, et j’aurais donné n’importe quoi pour tenir moi aussi dans ma main, ne serait-ce que quelques secondes, un de "ses" moineaux.Comme s’il avait entendu ma prière muette, il me proposa : "Prenez du pain et mettez-le dans votre main. Ils vont venir". Je protestai : "Mais ils ne me connaissent pas, ils vont avoir peur de moi !". Il me rassura d’un sourire : "Non, tant que vous êtes à côté de moi, iIs savent que vous êtes une amie". En effet, en l’espace d’un instant, j’eus dans la main quatre ou cinq petites boules de plumes toutes chaudes et palpitantes. Je ne sais pas combien de temps cela dura... un instant d’éternité....

 

Des pleurs d’enfants m’ont rappelée à la réalité et je me suis tout à coup souvenue de mon rendez-vous. J’ai pris rapidement congé du vieil homme, et je suis partie en courant. Quand je suis revenue une demi-heure plus tard, avec les restes d’un pain au lait, le vieil homme n’était plus là. Je me suis assise et j’ai jeté quelques miettes pour attirer les moineaux, qui se sont très vite approchés. Mais j’ai eu beau ensuite leur présenter mon offrande, la main complètement immobile et en retenant mon souffle, aucun ne s’est approché de moi à plus d’un mètre. Le charme était rompu.

 

                            Fichier:House sparrowII

 

Si vous traversez un jour le jardin du Luxembourg, et que vous voyez l’homme aux oiseaux, approchez-vous doucement de lui. Peut-être aurez-vous aussi la chance qu’il vous fasse entrer dans son cercle magique.

 

©  Françoise Andersen

Cette histoire a déjà été publiée, il y a quelques années, sur le site de l'école de Martigny

(Suisse)            http://zwook.ecolevs.ch/martigny/zwook/enfants/histoiresvraies

 

Histoire déjà publié

Publié dans OISEAUX

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Un chat très intelligent

Publié le par Françoise Andersen

Une de mes voisines promène chaque jour son chat, Doudou, dans le quartier. Elle le tient en laisse, comme un chien.  Un jour je l'ai croisée, alors qu'elle le grondait. Elle criait "Ah, ça suffit. C'est moi qui décide, pas toi". Je me suis approchée, pour connaître la raison de sa colère. Elle m'a expliqué que si son gros matou n'avait pas envie d'aller plus loin, il "freinait" en attrapant la laisse avec sa patte. Sans ce stratagème, sa maîtresse tirerait pour le faire avancer. Il évite ainsi de se faire mal au cou en résistant. Comme il est très têtu, ce manège peut durer très longtemps. 

 

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Ainsi cette dame m'a raconté qu'elle n'avait jamais eu un chat aussi intelligent. S'il a fait une crotte sur sa litière ou bien simplement pipi, il refuse de l'utiliser à nouveau, tant qu'elle n'a pas été changée. Si un besoin urgent se fait sentir, il vient chercher sa maîtresse et par des miaulements et des allées venues entre elle et la litière lui montre qu'elle est souillée. Il refuse obstinément de l'utiliser tant qu'elle n'est pas propre.

 

Il a son propre fauteuil dans la salle et le soir il ne s'endort qu'une fois que sa maîtresse est venue lui mettre sa couverture, comme un enfant qui attend que sa maman vienne le border. Et il ne faut surtout pas que quelqu'un ait l'audace de s'asseoir dans son fauteuil. Un jour que son maître s'était assoupi dedans, il a attiré l'attention de sa femme, qui était dans la cuisine, et l'a incitée à le suivre dans la salle. Il s'est dressé sur ses pattes de derrière en miaulant de manière très agressive et en lançant des regards furibonds à l'impudent dormeur. Il ne s'est calmé que lorsque la dame a réveillé son mari et qu'il a pu récupérer "son" fauteuil.

 

Il a l'habitude de s'y asseoir pour regarder la télé le soir avec ses maîtres. Ceux-ci se couchent en général vers 22 heures. Dès que l'heure du coucher approche, il descend du fauteuil et miaule pour leur faire comprendre qu'il est l'heure d'aller se coucher. Il veut sûrement qu'ils quittent la salle, qu'il considère peut-être comme sa chambre, où ils ne sont tolérés que dans la journée. 

 

 

Ce chat pourrait, d'après sa maitresse, entrer dans le livre des records, comme le chat le plus intelligent du monde.

 

Publié dans CHATS

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Le chien qui avait perdu son ami

Publié le par Françoise Andersen

Ce jour-là, nous étions allés marcher dans la neige au-dessus du Col du Feu

 

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En redescendant, j'ai eu le regard attiré par les allées et venues d’un chien sur le parking, en face de l’auberge. Il semblait chercher quelque chose ou quelqu’un. Quand nous sommes arrivés près de notre voiture, il est venu vers moi et je lui ai trouvé l’air très triste. 

 

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Il avait un collier, était très bien entretenu et n’avait rien d’un chien perdu. Je me suis donc dit que ses maîtres étaient sûrement en train de s’équiper avant de partir en randonnée et qu’il trouvait peut-être simplement le temps long. Nous sommes donc rentrés à la maison et je ne me suis plus souciée de ce chien.

 

Quelques jours plus tard, nous sommes revenus au Col du Feu et quelle n’a pas été ma surprise de voir le même chien, qui se comportait exactement comme la dernière fois. Quand je suis sortie de la voiture, il s’est approché et a levé vers moi un regard implorant. J’avais vraiment l’impression qu’il essayait de me dire que je devais l’aider. Mais je ne pouvais rien pour lui et il s’est éloigné en continuant à regarder dans tous les sens. Puis il s’est dirigé vers le sentier qui mène au plateau de Trécout, mais est vite revenu sur le parking.

 

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Je lui ai proposé : « Tu viens te promener avec nous ? ». Il nous a emboîté le pas, mais dès que nous nous sommes dirigés vers la route de Trés-le-Mont, il a fait demi-tour pour aller se poster sur le bord de la route de Lullin.

 

Nous avions l’habitude, en revenant de randonnée, d’aller boire un bon chocolat chaud au bar de l’auberge. Je me suis dit qu’en questionnant la propriétaire j’allais peut-être avoir une explication au comportement très étrange de ce chien. J’ai donc demandé à la dame : « Est-ce que vous avez remarqué ce grand chien qui a l’air si triste et qui semble chercher quelqu’un ? ».

 

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Elle m’a alors raconté son histoire. Une ferme qui se trouvait en contrebas, sur la route de Lullin, avait brûlé. Les fermiers avaient deux chiens qui étaient inséparables, celui-ci et un autre plus petit. Quand l’incendie s’était déclaré, les deux chiens s’étaient enfuis, pris de panique, mais un seul était revenu bien plus tard, seul, par le sentier de Trécout. On n’avait plus jamais revu le petit chien. Peut-être qu’il s’était perdu et était mort de froid dans la montagne, ou bien que quelqu’un l’avait recueilli. On ne le saura jamais. Mais "le chien triste" était inconsolable d’avoir perdu son ami. C’est pourquoi il restait là à l’attendre, espérant qu’un miracle allait se produire et qu’il allait le voir surgir tout à coup, soit du sentier de Trécout, soit de la route de Lullin, où se trouvait la ferme. Peut-être qu’il a fini par accepter la perte de son ami, car nous ne l’avons plus jamais revu sur le parking du Col du Feu.

Publié dans CHIENS

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