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Le nid de merle

Publié le par Françoise Andersen

 

Depuis notre mésaventure de l'an dernier avec les gobe-mouches (voir ”Le nid fleuri”

http://histoires.vraies.over-blog.com/article-le-nid-fleuri-91847418.html

mon mari avait décidé d'empêcher toute nouvelle tentative de nidification. Alors quand un merle a commencé à construire son nid dans un renfoncement bien abrité du vent et de la pluie, sur la façade de notre maison danoise, il a décrété qu’il n’était pas question de subir les mêmes inconvénients cette année. Mais j’ai plaidé la cause de ce pauvre merle, que je trouvais bien sympathique et qui ne risquait pas de nous gêner à cet endroit. J’ai finalement réussi à obtenir pour lui une autorisation de séjour. Vu d'en bas, on voyait juste un amas désordonné de feuilles mortes, de brindilles et même de ficelle. Cela n'avait vraiment pas l'air très professionnel.

Le nid de merle

Mais derrière ce capharnaüm, peut-être destiné à servir de protection, il y avait un beau nid bien rond contenant un petit oeuf vert. D'autres ont suivi.

Le nid de merle

Après avoir attendu avec impatience l'éclosion des œufs, j’ai eu un jour la surprise de voir un long bec qui dépassait du nid. Il avait vraiment une drôle de tête, cet oisillon, avec sa coiffure d'Iroquois!

Le nid de merle

Il a eu bientôt des frères et soeurs. Je n'ai jamais pu voir s'ils étaient 4 ou 5, car ils étaient tous entassés les uns sur les autres.

 

Après l'éclosion des oeufs, dès que la maman merle quittait son nid pour aller chercher de la nourriture, j'en profitais pour monter sur un escabeau et prendre des photos du nid..

Le nid de merle

Avant l’éclosion, la maman m’avait laissée prendre des photos du nid sans protester. Pendant la séance photo, elle m'avait observée calmement depuis la pelouse et n'était revenue que lorsque j’avais eu fini. Mais tout a changé après l'arrivée des petits. Dès que je faisais mine de monter sur l’escabeau, pendant qu'elle cherchait des vers de terre pour nourrir sa nichée, elle levait la tête et se mettait à émettre des sons discordants, qui traduisaient très bien sa réprobation. Je n’avais plus qu’à m'éclipser en vitesse, avec quelques mots d’excuses.

Le nid de merle

Mon fils m’avait dit : « Tu vas continuer à voir les petits pendant une dizaine de jours car, au début, ils ne peuvent pas voler : ils restent dans le jardin et la mère vient les nourrir. ». J’avais trouvé cela très inquiétant. S’ils ne pouvaient pas voler, est-ce qu'ils risquaient de s’écraser sur les dalles de ciment devant la maison, en quittant le nid ? En effet quand ils nichent dans des arbres, ils tombent sur l'herbe. En revanche, à cet endroit, une chute pouvait être fatale. En fait, même s’ils ne peuvent pas voler loin, les petits merles se laissent sûrement tomber du nid en une sorte de vol plané. Ils peuvent même voleter sur quelques mètres.

Au début, je voyais de temps en temps la maman merle qui donnait la becquée à l'un des petits sur la pelouse. Mais un jour, je n’en ai plus vu aucun, même si cela ne faisait que 5 ou 6 jours que le nid était vide. Je me faisais du souci. Il y avait tant de vilains matous mal intentionnés dans les parages ! Mais un beau matin, j’ai entendu des pépiements sur la terrasse. Peu après, la maman merle est arrivée avec un vermisseau dans le bec. Un gros bébé merle, caché sous les fleurs du parterre, est apparu soudain. Cette scène s'est reproduite plusieurs fois par jour.

Le nid de merle

Malheureusement, il était seul. Les autres n’avaient sûrement pas survécu. Il paraît que c’est souvent le cas. C’est pour cela que, pour perpétuer l’espèce, il y a 2 ou 3 couvées par an. Peut-être qu’ayant perdu les autres, la maman avait eu la bonne idée de cacher le survivant à un endroit où il était en sécurité. Peu à peu ses plumes tachetées d’oisillon étaient remplacées par des plumes noires. C’était un petit mâle, car le plumage des femelles est marron.

Un beau jour, il a sûrement pu enfin voler vraiment et je ne l’ai plus revu. Mais j’espère que, l’an prochain, un merle choisira à nouveau notre maison pour y faire son nid. C’est très probable, car ils reviennent en général au même endroit.

Publié dans OISEAUX

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La souris malentendante

Publié le par Françoise Andersen

 

Quand nous vivions dans la banlieue de Copenhague, nous passions, comme beaucoup de Danois, tout l’été dans notre petite "maison d’été". L’hiver, c’était un but de promenade, étant donné qu’elle n’était qu’à deux kilomètres de notre appartement. 
Un dimanche, nous avons eu la désagréable surprise de voir que la moitié du savon avait été grignoté.

 

                                                   24-savon-marseille-cube-olive-400g.jpeg

 

C’était le signe qu’une souris était passée par là. Peu après, je me suis aperçue que le bas de ma robe de plage ressemblait presque à de la dentelle, la souris n’ayant rien eu d’autre à se mettre sous la dent. Nous avons cherché partout, mais pas la moindre trace de souris. Nous nous sommes dit qu’elle n’était plus là, et qu’elle devait entrer et sortir à sa guise.


Le lendemain, pour empêcher qu’elle ne revienne, nous avons acheté un tout petit appareil électronique qui,
d’après le vendeur, donnait des résultats garantis. On n’avait qu’à le brancher dans une prise de courant et il émettait des "ultrasons inaudibles pour les humains mais insupportables pour les souris, dans un périmètre de 15 mètres". C’est ce que promettait la publicité, qui était accompagnée d’un dessin de souris qui fuyait les yeux hors de la tête, en se bouchant les oreilles. 
Malheureusement, la fois suivante, nous avons constaté de nouveaux dégâts.


Nous nous demandions par où elle pouvait bien entrer, la maison nous semblant parfaitement étanche. J’avais vu un jour un personnage de bande dessinée qui voulait savoir d’où venait une souris. Il avait versé une fine couche de farine par terre, pour voir les empreintes de ses pas. Je me suis dit : « Ce n’est pas bête. Je vais essayer ». En effet, cela a été très efficace. Le week-end suivant, il y avait dans toute la maison de minuscules traces de pas de souris sur la farine. On pouvait voir qu’elles partaient de sous la porte de la cuisine. Nous avons alors constaté qu’il y avait un tout petit espace de seulement 2 ou 3 millimètres, que mon mari s’est empressé de boucher. Mais si, comme Sherlock Holmes, j’avais tout examiné à la loupe, j’aurais pu voir que les empreintes venaient de l’extérieur, mais qu’il n’y en avait pas qui étaient dirigées vers l’extérieur. J’étais un piètre détective et je n’ai donc pas vérifié si elle était encore dans la maison. Résultat : à notre visite suivante, il ne restait plus que la moitié d’un savon tout neuf et des sacs en plastique étaient plein de petits trous. Voulant l’empêcher d’entrer, nous l’avions seulement empêchée de sortir !

 

J’ai donc décidé de partir à la chasse à la souris, quitte à mettre la maison sens dessus dessous. Tout à coup nous avons entendu un petit bruit venant du tiroir qui était sous un lit et où je range la literie. Elle avait dû s’y faire un nid douillet. Pendant que je restais prudemment à l’autre bout de la pièce, mon mari a ouvert le tiroir. Une charmante petite souris marron s’en est échappée. C’était ce qu’on appelle en danois une "souris des champs", ce qui est plus joli que le terme de "rat des champs" désignant en français le campagnol, qui a en fait la taille d’une souris.

 

                                         Fichier-Zapus_hudsonius.jpeg

 

Donc notre "souris des champs" a couru se réfugier dans le coin où se trouvait l’appareil, elle s’est dressée sur ses pattes de derrière et s’est mise tranquillement à faire sa toilette. Cela avait l’air de lui être complètement égal que je sois à moins d’un mètre d’elle et que l’appareil émette des sons qui, théoriquement, auraient dû lui être insupportables. Soit elle était sourde, soit la publicité était mensongère. On voyait qu’elle se sentait chez elle. Elle devait même se demander qui était ces intrus. Elle ressemblait comme deux gouttes d’eau à Jerry, la souris coquine du dessin animé "Tom et Jerry". Je restais parfaitement immobile, retenant mon souffle car je voulais profiter du spectacle. Elle était très mignonne, mais je crois qu’en fait elle se moquait de nous et de notre appareil parfaitement inefficace.

 

Finalement j’ai probablement fait un geste qui lui a fait peur. Elle s’est enfuie par la porte, qui était restée ouverte. Nous ne l’avons plus jamais revue.

Publié dans ANIMAUX DIVERS

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LE VIEIL HOMME AUX OISEAUX

Publié le par Françoise Andersen

  

 

De passage à Paris, j’étais arrivée au Quartier Latin une demi-heure trop tôt pour un rendez-vous concernant mon travail. Je décidai donc d’aller faire un tour au jardin du Luxembourg, où un banc bien exposé au soleil me sembla l’endroit idéal pour y passer cette demi-heure d’attente.

 

              imgres-5.jpeg                Jardin-du-Luxembourg.jpeg                                                                 

 

Un vieil homme se dirigeait, à petits pas, vers un banc qui se trouvait à une dizaine de mètres du mien. A peine se fut-il assis qu’une nuée de moineaux obscurcit tout à coup le ciel bleu de cette belle fin d’après-midi d’automne.

 

Ils se posèrent autour de lui, mais aussi sur lui. Ses épaules, ses bras, et même sa tête, soudain couverts de plumes, lui donnaient l’apparence d’un personnage de légende, mi-homme mi-oiseau. Il ouvrit un sac en plastique et en sortit des morceaux de pain qu’il jeta autour de lui avec le geste lent du semeur, sans pour cela les effrayer. Puis il emplit ses mains de miettes, et les moineaux les plus audacieux s’y précipitèrent. Il en avait un sur chaque doigt. Au bout de quelques secondes, d’autres venaient chasser les premiers qui leur laissaient la place, et ainsi de suite....

 

Fascinée par ce spectacle, je m’approchai prudemment. Le vieil homme leva la tête et m’adressa un sourire rayonnant de bonté. Dans ce vieux visage tout ridé, je fus étonnée de trouver des yeux d’un bleu très pâle et un regard candide qui me fit penser à celui du Petit Prince de Saint-Exupéry.

                                          large 543 4321-livre-le-Petit-Prince-Petit-Jour

 

"N’ayez pas peur, vous pouvez vous approcher". De sa voix douce, on aurait dit qu’il essayait de m’apprivoiser. J’obéis sur la pointe de pieds, pour ne pas faire fuir les oiseaux, et je me trouvai bientôt tout près de lui. J’eus l’impression d’être entrée dans un cercle magique. Il irradiait en effet de lui une telle sérénité, un tel accord avec la nature que je m’en sentais tout imprégnée. Cinq minutes plus tôt, mon seul désir était que soit accepté le résultat d’un an de travail, que je serrais précieusement contre moi, dans mon sac. J’avais rêvé qu’on me dise : "C’est formidable ce que vous avez fait. C’est exactement ce dont nous avons besoin". Seul comptait alors pour moi le jugement qui allait tomber quelques minutes plus tard. Maintenant, tout cela me semblait sans importance. J’enviais cet homme, et j’aurais donné n’importe quoi pour tenir moi aussi dans ma main, ne serait-ce que quelques secondes, un de "ses" moineaux.Comme s’il avait entendu ma prière muette, il me proposa : "Prenez du pain et mettez-le dans votre main. Ils vont venir". Je protestai : "Mais ils ne me connaissent pas, ils vont avoir peur de moi !". Il me rassura d’un sourire : "Non, tant que vous êtes à côté de moi, iIs savent que vous êtes une amie". En effet, en l’espace d’un instant, j’eus dans la main quatre ou cinq petites boules de plumes toutes chaudes et palpitantes. Je ne sais pas combien de temps cela dura... un instant d’éternité....

 

Des pleurs d’enfants m’ont rappelée à la réalité et je me suis tout à coup souvenue de mon rendez-vous. J’ai pris rapidement congé du vieil homme, et je suis partie en courant. Quand je suis revenue une demi-heure plus tard, avec les restes d’un pain au lait, le vieil homme n’était plus là. Je me suis assise et j’ai jeté quelques miettes pour attirer les moineaux, qui se sont très vite approchés. Mais j’ai eu beau ensuite leur présenter mon offrande, la main complètement immobile et en retenant mon souffle, aucun ne s’est approché de moi à plus d’un mètre. Le charme était rompu.

 

                            Fichier:House sparrowII

 

Si vous traversez un jour le jardin du Luxembourg, et que vous voyez l’homme aux oiseaux, approchez-vous doucement de lui. Peut-être aurez-vous aussi la chance qu’il vous fasse entrer dans son cercle magique.

 

©  Françoise Andersen

Cette histoire a déjà été publiée, il y a quelques années, sur le site de l'école de Martigny

(Suisse)            http://zwook.ecolevs.ch/martigny/zwook/enfants/histoiresvraies

 

Histoire déjà publié

Publié dans OISEAUX

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Un chat très intelligent

Publié le par Françoise Andersen

Une de mes voisines promène chaque jour son chat, Doudou, dans le quartier. Elle le tient en laisse, comme un chien.  Un jour je l'ai croisée, alors qu'elle le grondait. Elle criait "Ah, ça suffit. C'est moi qui décide, pas toi". Je me suis approchée, pour connaître la raison de sa colère. Elle m'a expliqué que si son gros matou n'avait pas envie d'aller plus loin, il "freinait" en attrapant la laisse avec sa patte. Sans ce stratagème, sa maîtresse tirerait pour le faire avancer. Il évite ainsi de se faire mal au cou en résistant. Comme il est très têtu, ce manège peut durer très longtemps. 

 

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Ainsi cette dame m'a raconté qu'elle n'avait jamais eu un chat aussi intelligent. S'il a fait une crotte sur sa litière ou bien simplement pipi, il refuse de l'utiliser à nouveau, tant qu'elle n'a pas été changée. Si un besoin urgent se fait sentir, il vient chercher sa maîtresse et par des miaulements et des allées venues entre elle et la litière lui montre qu'elle est souillée. Il refuse obstinément de l'utiliser tant qu'elle n'est pas propre.

 

Il a son propre fauteuil dans la salle et le soir il ne s'endort qu'une fois que sa maîtresse est venue lui mettre sa couverture, comme un enfant qui attend que sa maman vienne le border. Et il ne faut surtout pas que quelqu'un ait l'audace de s'asseoir dans son fauteuil. Un jour que son maître s'était assoupi dedans, il a attiré l'attention de sa femme, qui était dans la cuisine, et l'a incitée à le suivre dans la salle. Il s'est dressé sur ses pattes de derrière en miaulant de manière très agressive et en lançant des regards furibonds à l'impudent dormeur. Il ne s'est calmé que lorsque la dame a réveillé son mari et qu'il a pu récupérer "son" fauteuil.

 

Il a l'habitude de s'y asseoir pour regarder la télé le soir avec ses maîtres. Ceux-ci se couchent en général vers 22 heures. Dès que l'heure du coucher approche, il descend du fauteuil et miaule pour leur faire comprendre qu'il est l'heure d'aller se coucher. Il veut sûrement qu'ils quittent la salle, qu'il considère peut-être comme sa chambre, où ils ne sont tolérés que dans la journée. 

 

 

Ce chat pourrait, d'après sa maitresse, entrer dans le livre des records, comme le chat le plus intelligent du monde.

 

Publié dans CHATS

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Le chien qui avait perdu son ami

Publié le par Françoise Andersen

Ce jour-là, nous étions allés marcher dans la neige au-dessus du Col du Feu

 

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En redescendant, j'ai eu le regard attiré par les allées et venues d’un chien sur le parking, en face de l’auberge. Il semblait chercher quelque chose ou quelqu’un. Quand nous sommes arrivés près de notre voiture, il est venu vers moi et je lui ai trouvé l’air très triste. 

 

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Il avait un collier, était très bien entretenu et n’avait rien d’un chien perdu. Je me suis donc dit que ses maîtres étaient sûrement en train de s’équiper avant de partir en randonnée et qu’il trouvait peut-être simplement le temps long. Nous sommes donc rentrés à la maison et je ne me suis plus souciée de ce chien.

 

Quelques jours plus tard, nous sommes revenus au Col du Feu et quelle n’a pas été ma surprise de voir le même chien, qui se comportait exactement comme la dernière fois. Quand je suis sortie de la voiture, il s’est approché et a levé vers moi un regard implorant. J’avais vraiment l’impression qu’il essayait de me dire que je devais l’aider. Mais je ne pouvais rien pour lui et il s’est éloigné en continuant à regarder dans tous les sens. Puis il s’est dirigé vers le sentier qui mène au plateau de Trécout, mais est vite revenu sur le parking.

 

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Je lui ai proposé : « Tu viens te promener avec nous ? ». Il nous a emboîté le pas, mais dès que nous nous sommes dirigés vers la route de Trés-le-Mont, il a fait demi-tour pour aller se poster sur le bord de la route de Lullin.

 

Nous avions l’habitude, en revenant de randonnée, d’aller boire un bon chocolat chaud au bar de l’auberge. Je me suis dit qu’en questionnant la propriétaire j’allais peut-être avoir une explication au comportement très étrange de ce chien. J’ai donc demandé à la dame : « Est-ce que vous avez remarqué ce grand chien qui a l’air si triste et qui semble chercher quelqu’un ? ».

 

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Elle m’a alors raconté son histoire. Une ferme qui se trouvait en contrebas, sur la route de Lullin, avait brûlé. Les fermiers avaient deux chiens qui étaient inséparables, celui-ci et un autre plus petit. Quand l’incendie s’était déclaré, les deux chiens s’étaient enfuis, pris de panique, mais un seul était revenu bien plus tard, seul, par le sentier de Trécout. On n’avait plus jamais revu le petit chien. Peut-être qu’il s’était perdu et était mort de froid dans la montagne, ou bien que quelqu’un l’avait recueilli. On ne le saura jamais. Mais "le chien triste" était inconsolable d’avoir perdu son ami. C’est pourquoi il restait là à l’attendre, espérant qu’un miracle allait se produire et qu’il allait le voir surgir tout à coup, soit du sentier de Trécout, soit de la route de Lullin, où se trouvait la ferme. Peut-être qu’il a fini par accepter la perte de son ami, car nous ne l’avons plus jamais revu sur le parking du Col du Feu.

Publié dans CHIENS

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LE CHIEN QUI AIMAIT LA MONTAGNE

Publié le par Françoise Andersen


 

Nous partons souvent marcher en montagne à partir du Col du Feu, qui n’est pas très loin de Thonon. Il y a quelques années quand, pour la première fois, nous sommes arrivés sur le parking, le chien de l’auberge est tout de suite venu vers nous à pas lents. C’était un sympathique chien de chasse à poils longs.


Il nous a regardés, avec beaucoup d’intérêt mettre nos chaussures de randonnée. Quand nous avons été prêts à partir, je lui ai demandé : « Tu veux venir te promener avec nous ? » Semblant m’avoir comprise, il a remué sa longue queue d’un air guilleret et il nous a emboîté le pas.


Il nous a suivis jusqu’à la chapelle d’Hermone. Il s’est allongé discrètement à quelques mètres de nous, sans mendier quoi que ce soit. Quand nous avons déballé notre pique-nique et que je lui ai offert un bout de jambon, il l’a toutefois accepté, mais on aurait dit que c’était plutôt par gourmandise. Ce n’était donc pas par intérêt qu’il nous avait suivis. Il aimait, comme le « chien randonneur » d’une autre histoire, accompagner des promeneurs. Il a pris l’habitude de nous suivre chaque fois que nous partions en balade. Il grimpait bien plus vite que nous, mais il s’arrêtait de temps pour nous attendre.

 

Un jour, alors que nous redescendions, la pluie s’est mise à tomber. Il a alors quitté tout à coup le chemin et pris un tout petit sentier que je ne connaissais pas. Nous hésitions à la suivre. Alors il est remonté vers nous, puis a refait quelques pas dans le sentier. On voyait qu’il voulait nous montrer qu’il fallait aller par là. J’avais envie de lui faire confiance pensant qu’il connaissait un raccourci, mais mon mari n’a pas osé. Nous avons donc pris notre chemin habituel. Le chien est remonté vers nous en soupirant. Il semblait penser que nous étions bêtes, mais il ne voulait pas nous abandonner. La pluie est devenue plus forte. Nous avons mis nos imperméables et cela me faisait de la peine de voir ce pauvre chien tout mouillé qui marchait á côté de nous. Je lui ai dit sans trop d’espoir qu’il me comprenne : « Ne nous attends pas. Va vite te mettre à l’abri à l’auberge. » 

 

Croyez-moi si vous voulez, mais il est parti immédiatement à toute allure. Quand nous sommes arrivés à l’auberge, il était allongé bien à l’abri sous le balcon. Et le plus drôle, c’est que je lui avais parlé en danois, étant donné que je parle toujours danois quand je suis seule avec mon mari. Peut-être que la transmission de pensée marche avec les animaux... Pour ce qui est du sentier, nous avons su ensuite que c’était un raccourci qui nous aurait menés bien plus vite à la voiture.

 

Certains jours le chien préférait rester à l’auberge. Le patron m’avait expliqué que c’était quand il avait déjà fait trois ou quatre heures de marche avec d’autres personnes. Je n’insistais donc pas, surtout qu’au fil des années ce chien était devenu très vieux. Mais la présence de ce gentil compagnon me manquait ensuite.

 

La première fois, il était resté à l’écart pendant que nous pique-niquions. Mais, nous connaissant mieux, il avait pris l’habitude de s’installer à nos pieds pour faire une petite sieste. Parfois même sur nos pieds, nous servant de bouillotte. Quand il se réveillait, il allait s’asseoir là où on avait la plus belle vue sur les montagnes environnantes. J’avais dit à mon mari : « Regarde, il admire le paysage ! ». Mais il m’avait taxée d'anthropomorphisme. Son explication était beaucoup plus terre à terre. D’après lui, il cherchait simplement un éventuel gibier. Mais je ne suis pas du tout persuadée que mon mari ait eu raison.

 

Un soir, comme leur vieux chien n’était pas rentré, ses maîtres, inquiets, sont partis à sa recherche. Ils l’ont trouvé sans vie sur un sentier. Je crois que sentant sa fin proche, il avait choisi d’aller faire, seul, une dernière balade, pour finir sa vie dans cette montagne qu’il aimait tant.

 

Je repense toujours à lui avec émotion quand nous allons au Col du Feu. Je le revois courant devant nous, puis se retournant et nous attendant patiemment, et c’est un peu comme s’il n’était pas vraiment mort.

 

Publié dans CHIENS

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UN CHAT TRÈS GÉNÉREUX

Publié le par Françoise Andersen

 

 

J’ai un ami qui, au cours d'une promenade dans un parc, a entendu de faibles miaulements. Il s’est approché et a découvert, dans un tas de feuilles mortes, cinq chatons, dont quatre étaient morts. Il arrive malheureusement parfois que le propriétaire d'une chatte, se débarrasse ainsi d'une portée qu'il ne veut pas garder. C'est cruel et vraiment honteux de laisser ainsi des animaux sans défense mourir lentement de froid et de faim. 

De retour chez lui, mon ami a donné au chaton du lait qu'il a lapé avidement. Il était si mignon qu'il a décidé de le garder. Malheureusement ce chat commence à lui poser des problèmes. En effet, croyant sûrement lui faire plaisir, il lui rapporte régulièrement, en guise de cadeau, des souris vivantes. Il les dépose à ses pieds, très content de lui, attendant des félicitations et des remerciements. Mais dès qu’elle est lâchée, la souris se sauve et va en général se cacher dans un placard. Il est alors impossible de l’en déloger. 

Plutôt que d'acheter de cruelles tapettes à ressort qui tuent les souris, mon ami a préféré utiliser un piège qui permet de les capturer, tout en leur laissant la vie sauve. C'est une petite boîte allongée au fond de laquelle on met du fromage. L’autre extrémité est munie d’une grille qui s’abaisse dès que l'imprudente mord dans l'appât. Elle se retrouve alors prisonnière. On peut ensuite la libérer ailleurs, en pleine forme.

Mais je trouve mon ami naïf car, au lieu d'aller ouvrir le piège loin de la maison, il fait cela dans le jardin. Il ne comprend pas que son chat continue à lui rapporter chaque jour une souris. Je crois que c'est la même, qui trouve une cachette près de la maison et se fait finalement attraper à nouveau. 

Ce chat très généreux, ne peut malheureusement pas comprendre que son maître se passerait bien de ses cadeaux! Sa générosité n’a pas de limites. Il sert volontiers d’oreiller à son copain, le chien Micky, faisant mentir l’expression "vivre comme chien et chat".

   

                         

 


©  Françoise Andersen

Cette histoire a déjà été publiée, il y a quelques années, sur le site de l'école de Martigny

(Suisse)            http://zwook.ecolevs.ch/martigny/zwook/enfants/histoiresvraies

Publié dans CHATS

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Thriller ornithologique

Publié le par Françoise Andersen

 

Cette année, c'est au-dessus de la terrasse, qu'une maman merle s'est mise à couver dans un recoin bien abrité du vent et de la pluie. Il y a une dizaine de jours, j'ai entendu des pépiements et j'ai vu trois petits becs grand ouverts qui réclamaient de la nourriture. Heureusement, la maman est vite revenue leur donner à manger. J'étais contente d'avoir à nouveau de gentils pensionnaires.
 

Quelques jours ont passé. Le papa venait aussi nourrir les petits. Ne voulant sûrement pas faire trop d'allers et retours, il arrivait à chaque fois avec trois petits vers de terre. On aurait pu croire qu'il savait compter! Tout allait donc pour le mieux jusqu'au jour où, au retour d'une promenade, j'ai constaté avec horreur que le nid était par terre, vide. Je savais bien que les oisillons étaient trop petits pour avoir déjà quitté le nid. Mon voisin, Bent,  m'a dit: "C'est sûrement une pie qui est venue les manger."  Je ne l'ai pas cru, car il me semble que les pies mangent les œufs des oiseaux mais pas les petits. Je soupçonnais plutôt le gros matou que j'avais vu rôder la veille sur la pelouse. En tout cas, quel que soit le coupable, j'étais bien triste.
 

Mais tout à coup, alors que j'examinais le nid qui était tombé sur des fleurs, j'ai eu la surprise d'apercevoir, un peu plus loin, un petit merle à qui il manquait encore quelques plumes sur le dos. Il avait l'air mourant et je me suis dit qu'il ne survivrait pas longtemps, car il faisait encore très froid la nuit. En me levant, le lendemain matin, la première chose que j'ai faite a été d'aller regarder le thermomètre. J'ai constaté avec horreur que la température était descendue à 2 degrés.


Nul doute que le seul rescapé était mort de froid pendant la nuit. Je n'osais pas aller sur la terrasse, me voyant déjà obligée de soulever le petit cadavre pour aller l'enterrer dans le jardin. Je me suis dit que cela ne servait à rien d'attendre et je suis sortie. J'ai été stupéfaite de voir qu'il respirait encore. Il a même ouvert le yeux et levé la tête vers moi. Peut-être que la maman merle s'était occupée de lui. Elle était venue en tout cas, j'en étais sûre, car elle avait commencé à reconstruire un nid par terre, autour de lui, pour le protéger. 
 

Il m'est tout à coup venu à l'idée que les deux autres bébés merles étaient peut-être encore sur le mur. J'ai donc pris un escabeau et effectivement, ils étaient deux. Il y avait même aussi un œuf.



 
Peu après, j'ai vu la mère qui s'était installée directement sur le mur au-dessus de l'oisillon que j'avais photographié à côté de l'œ
uf. Mais l'autre, qui était un peu plus loin, avait l'air frigorifié. Je sais qu'il faut laisser faire la nature et ne pas intervenir, mais j'avais vraiment envie de l'aider. Il ne faut surtout pas toucher le nid ni les oisillons, car il paraît que la mère sent l'odeur humaine et ne s'occupe alors plus de ses petits. Mais j'ai pris un bâton et j'ai remis le nid sur le mur, en partie au-dessus du petit merle, pour qu'il ait moins froid. Apparemment, la maman a bien accepté ce geste car, peu après, elle était installé dans le nid et il n'y avait plus d'oisillons à l'extérieur.
 

Nous sommes partis faire des courses et en rentrant, nouvelle catastrophe: il n'y avait plus rien sur le mur. Le nid était à nouveau par terre, la maman envolée et des deux oisillons avaient disparu.
 

Cela devenait de plus en plus énigmatique. J'ai cherché parmi les fleurs et j'ai vu, à une certaine distance de l'oisillon qui avait passé la nuit par terre, un autre petit oiseau. J'avais bien envie de le mettre près de son frère pour qu'il ait plus chaud, mais comment le déplacer sans le toucher et sans lui faire de mal? J'ai donc préféré ne rien faire. Le pauvre petit me regardait pourtant avec un air que j'ai trouvé suppliant. Il avait en plus eu la malchance de tomber sur un petit rosier. J'ai été obligée de l'abandonner à son triste sort, en espérant que la maman allait pouvoir l'aider.


Quelques heures plus tard, le thriller continuait: il avait disparu. Mais je l'ai vite retrouvé. Il était bien au chaud serré contre son frère. Il avait apparemment eu la force de se traîner jusqu'à lui.

Mais où était le troisième? J'ai eu beau chercher, je ne l'ai pas trouvé. Enfin je me disais que deux rescapés sur trois, ce n'était pas si mal, surtout étant donné que j'avais, un moment, cru qu'ils avaient tous été dévorés vivants par le chat.
 

Je me disais que c'était la fin de mon histoire et qu'en fait elle se terminait assez bien. Mais elle ne s'est terminée que le lendemain, quand j'ai vu, non pas deux petits becs, mais trois. Entre temps, la maman avait presque reconstruit un nid par terre, autour d'eux, et je suppose qu'elle y a passé la nuit avec eux. Avant-hier, quand j'ai voulu prendre une nouvelle photo, le nid était vide. Ils doivent être quelque part dans le jardin. La maman va encore les nourrir pendant quelques jours, avant qu'ils puissent vraiment voler et se débrouiller seuls. L'année prochaine,  c'est peut-être l'un deux, devenu adulte, qui fera son nid sur le mur.

 

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Pas bête la mésange !

Publié le par Françoise Andersen

 

Jean, mon voisin du dessous, est un amoureux de la nature et des animaux. Il a fait de son balcon un véritable jardin, dans lequel viennent se nourrir tous les petits oiseaux des alentours. Bien que j'aie d'excellentes relations avec lui, je lui en veux parfois de la concurrence déloyale dont je suis victime. En effet, alors que j'achète tout simplement mes graines et mes noisettes dans un supermarché, il va faire ses courses, aussi bien pour lui que pour ses "pensionnaires", dans un magasin bio. Ceux-ci préfèrent donc se nourrir chez lui. Je peux, depuis ma fenêtre, observer le bouleau qui est en face de l'immeuble et dans lequel ils viennent se percher à l'heure des repas. Eh oui, les oiseaux aussi mangent à heures fixes. Quand je vois l'un d'eux prendre son essor, je suis toute heureuse à l'idée qu'il va peut-être venir manger sur mon balcon, mais je suis souvent déçue, en le voyant aller directement au premier étage. La rumeur s'est apparemment répandue dans le quartier qu'il y avait un restaurant 3 étoiles gratuit chez Jean! Il y en a heureusement quelques-uns qui ne sont pas adeptes du bio et qui viennent chez moi, mais je dois me contenter de quelques rares mésanges bleues, noires ou charbonnières, alors que Jean voit défiler un tas d'espèces: pinson, rouge-gorge, mésange huppée, sittelle torchepot, etc.

 

L'an dernier, au printemps, il avait installé un nichoir de chaque côté du balcon. A droite, un pour les mésanges bleues et à gauche un pour les mésanges charbonnières. Celui de droite était resté inhabité alors qu'une mésange charbonnière avait niché dans l'autre. Comme dirait la Fontaine "Quand la bise fut venue", elle s'est apparemment souvenue de ce nid douillet et un soir elle est venue s'y installer pour y passer la nuit. Comme cela se répétait chaque jour, Jean, qui était frustré de ne plus la voir une fois qu'elle était entrée dans le nid, a installé une petite caméra à l'intérieur et l'a reliée à son téléviseur. Ainsi chaque soir il peut l'observer. J'ai eu la chance qu'il m'invite à assister à ce spectable extraordinaire.

 

La mésange arrive à peu près à la même heure. En ce moment c'est à 17h30 car les jours ont rallongé, mais en novembre, elle arrivait dès 16h30, quand il commençait à faire nuit. Elle commence par inspecter l'intérieur du nid comme si elle voulait s'assurer qu'il n'y a aucun danger, aucun ennemi planqué quelque part. Elle me fait penser à un enfant peureux qui regarde sous son lit avant de se coucher. Ce manège est étrange. Peut-être est-elle une maniaque de la propreté, qui veut s'assurer qu'il n'y a pas de toile d'araignée dans les coins!

 

Il y a de minuscules trous dans le bois et elle met parfois son oeil devant l'un d'eux pour inspecter l'extérieur, comme on le fait  à travers le judas d'une porte. Elle veut peut-être vérifier que personne ne l'a suivie.

 

 

 

Une fois complètement rassurée, elle  s'installe confortablement, en ayant soin de bien amasser sous son ventre les minuscules brindilles qu'elle a rapportées un jour et qui l'isolent sûrement du froid.  Puis elle s'ébouriffe les plumes.C'est très impressionnant. Elle grossit, grossit, jusqu'à devenir une grosse boule de plumes dans laquelle elle enfouit sa tête. Très vite elle s'endort. Il paraît qu'elle dort 14 heures d'affilée. Le lendemain matin, elle prend son envol vers l'arbre d'en face et elle ne revient que le soir.

 

Jean espère que le temps venu elle va y nicher et qu'il pourra suivre l'évolution depuis la ponte des oeufs jusqu'à l'envol des oisillons. C'est ce qu'il a fait dans un parc de Thonon au printemps. Il avait remarqué qu'une mésange bleue nichait dans le trou d'un arbre. Chaque jour, jusqu'à ce que les oisillons quittent le nid, il était allé l'observer. Il avait vu aussi un étourneau qui avait squatté un vieux nid de pic épeiche. Ceux-ci en font un nouveau chaque année à coup de bec et ainsi d'autres oiseaux peuvent en profiter l'année suivante. Jean et moi, nous  espérons que la mésange ne se contentera bientôt plus d'utiliser le nichoir uniquement comme centre d'hébergement de nuit, mais qu'elle commencera  à y couver. Cette histoire aura donc peut-être une suite.

 

Merci à Jean Moléro d'avoir eu la gentillesse de mettre ses photos à ma disposition.

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Le reflet dans la vitre

Publié le par Françoise Andersen

 

Il y a quelques années, il arrivait assez fréquemment que des petits oiseaux se cognent contre la vitre de la cuisine, en venant manger et boire sur la terrasse de notre petite maison danoise. En général, ils s’en sortaient bien. Soit ils repartaient immédiatement en sens inverse. Soit dans le pire des cas, ils restaient quelques secondes par terre un peu groggy. Puis ils se secouaient comme pour se remettre les idées en place, et ils reprenaient leur envol. Mais il y avait déjà eu un accident mortel. C’est pourquoi, en entendant tout à coup un bruit plus fort que d’habitude, je me suis précipitée dehors, pleine d’appréhension.

 

Je ne comprenais pas ces vols quasi suicidaires étant donné que, de l’extérieur, on voyait bien tous les meubles de la pièce à travers la vitre. Même si celle-ci était invisible pour les oiseaux, il n’y avait aucune raison pour qu’ils essaient d’entrer dans la maison. Et bizarrement, le choc se produisait presque toujours dans la partie basse, au niveau du petit meuble blanc à tiroirs.


                   

 

Mon coeur battait donc très fort quand j’ai ouvert la porte de la terrasse. Je n’osais presque pas regarder par terre. Quand j’ai enfin baissé les yeux, j’ai vu une petite mésange bleue qui gisait sur le dos, les pattes en l’air et les yeux clos. J’ai d’abord cru qu’elle était morte, mais quand je me suis baissée vers elle, j’ai eu l’impression que sa poitrine se soulevait. Mais je ne savais pas comment la réanimer. Je ne pouvais pas lui faire du "bouche à bec" !

 

Je me suis alors rappelée qu’une amie m’avait dit un jour que sa perruche s’était envolée de sa cage et avait violemment heurté le mur. Elle lui avait fait reprendre connaissance en lui mettant une goutte d’alcool dans le bec. Trouvant l’alcool trop fort pour un bébé oiseau, j’ai mélangé quelques gouttes de cognac avec de l’eau. J’ai mis ensuite délicatement la petite mésange dans ma main gauche, dans la position où je l’avais trouvée. J’ai glissé quelques gouttes du liquide alcoolisé dans son bec et l’effet a été presque immédiat. Elle a ouvert un oeil, puis l’autre. Puis elle a battu des ailes et s’est remise sur ses pattes, dans le creux de ma main. Un vrai miracle ! Elle ne semblait pas effrayée et me regardait calmement. Les oisillons sont beaucoup moins sauvages que leurs parents. On dirait qu’ils ne savent pas encore que le monde peut être très hostile. Ils ont le même regard confiant que les petits enfants.

 

J’ai décidé de garder cet oisillon en observation, car il me semblait trop faible pour être abandonné dans la nature. Il aurait en effet pu être attaqué par un de ces petits rapaces qui tournoient souvent dans le ciel, au-dessus du jardin. Leur regard est très perçant et ils peuvent fondre sur leur proie à une vitesse vertigineuse. Et puis à cause de mon traitement, son taux d’alcoolémie devait être trop élevé pour lui permettre de voler en toute sécurité ! J’ai donc décidé de le garder à l’intérieur, devant la porte ouverte, jusqu’à ce qu’il soit complètement rétabli. Ses griffes glissaient sur le parquet, alors je suis allée chercher une feuille de papier de verre. C’est ce qu’on met au fond des cages. J’ai déposé l’oisillon dessus avec précaution. Ses pattes étaient encore flageolantes et il clignait des yeux comme s’il était sur le point de s’endormir. C’était probablement l’effet de l’alcool. Je comptais essayer de lui donner la becquée quand il aurait repris des forces. Mais peu après, je l’ai vu tout à coup battre des ailes. Avant que j’aie eu le temps de réagir, il s’était déjà envolé vers les arbres. J’ai été heureuse qu’il soit indemne, mais en même temps un peu triste qu’il soit déjà parti. Il faut dire que je m’attache facilement...

 

Quand, un peu plus tard, des petites mésanges sont venues grignoter dans la mangeoire, je me suis dit que "la mienne" était peut-être parmi elles. J’ai regretté de ne pas avoir eu l’idée de lui avoir mis quelque chose à la patte, afin de pouvoir ensuite la reconnaître.

 

Mais le mystère restait toutefois entier. Pourquoi des d’oiseaux essayaient-ils d’entrer dans la maison ? J’ai découvert un jour, par hasard, la clé du mystère : l’après-midi, quand il y avait du soleil et sous un certain angle, la vitre devenait presque un miroir. A la place du petit meuble blanc, on voyait distinctement le reflet de la mangeoire, vers laquelle ils se précipitaient donc.


                 

 

Depuis que j’ai éloigné la mangeoire et la coupelle de la terrasse et que j'ai  suspendu, devant la vitre, un mobile représentant un gros oiseau, il n'y a plus eu aucun accident.

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