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LES CHEVREUILS GOURMANDS

Publié le par Françoise Andersen

 

 

Les chevreuils qui vivent dans un petit bois proche de notre lotissement traversent parfois notre jardin. Ils s’y attardent rarement, car ils préfèrent aller chez nos voisins, qui ne viennent que le week-end. Ils peuvent ainsi squatter les lieux en toute tranquillité, pendant la semaine.

                  

                     

 

Bent, mon voisin, adore les animaux, et fait tout pour les attirer. Mais il aime aussi ses fleurs et il n’appréciait pas, quand il arrivait de Copenhague, le vendredi soir, de retrouver parfois uniquement des tiges de tulipes, de pensées, de géraniums, etc., parce que des cervidés s’étaient bien régalés avec les fleurs pendant son absence.

 

Quand je suis arrivée au Danemark cette année-là, j’ai donc eu la désagréable surprise de voir que Bent avait fait deux affreux petits enclos sur sa pelouse. Ils étaient destinés à protéger les petits arbres fruitiers qu’il venait de planter et à mettre à l’abri ses semis et ses pots de fleurs.

 

Craignant apparemment que les chevreuils ne sautent par-dessus le grillage, il avait aussi mis, autour du tronc des petits arbres fruitiers, une sorte de tuyau en plastique gris, car il avait entendu dire que les cervidés étaient très friands de l’écorce des jeunes arbres.

 

Je trouvais qu’il était en train de sombrer dans la paranoïa, simplement à cause de quelques fleurs mangées ici et là. Je regrettais de voir son jardin enlaidi de cette façon, avec toute la végétation “emprisonnée”. Je venais de m’acheter un tout petit arbre japonais avec de jolies petites feuilles roses, mais je ne voulais pas imiter Bent. Je n’ai donc rien fait pour le protéger, mais je l’ai amèrement regretté ensuite ! Tout s’est bien passé pendant 2 mois. Mais un jour, à notre retour d’une courte promenade sur la plage, nous avons constaté, furieux, qu’en notre absence des cervidés avaient grignoté l’écorce du petit tronc, qui se trouvait en partie dénudé. Nous espérions que ce petit arbre allait survivre, mais malgré tous les soins que je lui ai prodigués et le grillage destiné à empêcher une récidive, il s’est desséché petit à petit et nous avons dû l’arracher avant notre départ. J’ai gardé ce grillage pour le mettre autour du nouvel arbre que je planterai cette année.

 

Même si, sur le moment, j’en ai beaucoup voulu aux chevreuils et aux biches, je leur ai vite pardonné, car cette jeune écorce verte et tendre devait être très appétissante. Et puis je les aime beaucoup. C’est tellement beau et rare de voir une biche avec ses faons, en liberté !

 

Je dois souvent me contenter de les admirer quand ils sont dans le jardin du voisin, mais parfois j’ai la chance qu’une biche s’arrête à quelques mètres de moi, juste derrière la haie qui sépare les deux jardins. Elle me regarde, immobile et très calme. C’est un moment privilégié : quand je plonge mon regard dans le sien, je me sens emplie d’une grande sérénité et j’ai l’impression de ne faire qu’un avec la nature.

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Publié dans CHEVREUILS

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Le sauvetage de la petite pensée

Publié le par Françoise Andersen

 

 
J'aime bien sauver des vieilles choses destinées à être jetées et leur donner une seconde vie.  Cela demande souvent beaucoup de temps et de travail, car il faut parfois non seulement nettoyer et astiquer, mais gratter la rouille, poncer, peindre, etc. Mais j'adore ces "sauvetages". Cela me fait mal au coeur de voir tout ce dont les gens se débarrassent. Même s'ils ne veulent pas se donner la peine de réparer les vieux objets, ils pourraient au moins les offrir à des associations caritatives. Quel gâchis, surtout au Danemark, qui est un pays riche !  Dans les déchetteries, on voit parfois, par exemple, des fauteuils en cuir, destinés à être incénérés. Ils ont été jetés uniquement parce que le cuir était un tout petit peu usé à certains endroits. Il aurait pourtant suffi d'un simple coup de téléphone à la Croix rouge ou aux chiffonniers d'Emmaüs, pour que des gens démunis en profitent. Cela aurait aussi réduit un peu la pollution de l'air. Heureusement il y a maintenant une prise de conscience collective dans beaucoup de pays et des efforts sont faits dans le domaine de la récupération.
 
Un des mes "recyclages" dont je suis très fière est celui d'un landau de poupée que des gens avaient déposé devant chez eux, sur le bord du trottoir, avec d'autres déchets encombrants que les éboueurs devaient venir ramasser le lendemain. Je regrette de ne pas l'avoir photographié dans l'état où il était quand je l'ai trouvé. Heureusement, j'ai un ami qui, comme moi, aime rénover les objets. Il est en train de remettre à neuf un modèle qui a aussi une cinquantaine d'années et que j'ai pu  photographier. Avant d'être rénové, il était presque identique au "mien", qui était dans un état aussi lamentable.     
 
Je me souviens encore de l'immense joie que j'ai éprouvée ce jour-là en rapportant mon "trésor" à la maison, sous le regard résigné de mon mari.  Celui-ci avait fini par marcher à quelques pas derrière moi, pour que les gens ne voient pas qu'il était avec cette folle qui traînait derrière elle cette épave. Il est pourtant habitué à mes accès de "folie douce", mais il trouvait cette fois-ci que j'exagérais. Mais j'ai plus d'imagination que lui et je me représentais ce landau une fois débarrassé de la rouille, repeint et avec une nouvelle capote. Je comptais arracher les lambeaux de toile cirée, ne garder que les arceaux et refaire la capote avec du tissu. J'allais bien entendu utiliser du tissu récupéré dans des vieux rideaux, avec lesquels je comptais aussi confectionner un oreiller et une enveloppe de couette. 
 
C'est à ma petite-fille, Christina, que je réservais cette surprise. Après plusieurs heures de travail pour de piètres résultats, j'avais commencé  à me dire que j'avais été trop optimiste. Mais je m'étais imaginé alors le regard émerveillé de Christina quand elle allait voir  ce qui allait devenir une merveille et j'avais repris courage. Et il en fallait ! Mais j'ai fini par être bien récompensée en contemplant le résultat final. Ma petite-fille a été ravie et très fière de sa Mamie qui avait réalisé ce que mon mari considérait comme un miracle.
 
Tous mes voisins savent qu'avant d'aller jeter de vieux objets à la déchetterie, ils doivent d'abord me demander si quelque chose m'intéresse. Il arrive parfois ensuite qu'ils soient presque jaloux, en voyant ce que j'ai pu en tirer. Certains recyclages demandent seulement un peu d'imagination. Une amie avait une sorte de photophore en céramique, de style oriental, qui ne lui plaisait plus. Je l'ai bien sûr récupéré. Jai tout de suite vu qu'il pouvait devenir une petite mangeoire à oiseaux, si je remplaçais la bougie par des graines de tournesol. Mes petites mésanges l'apprécient beaucoup.
 
 
Cette année, je ne me suis pas contentée de sauver des objets. J'ai aussi sauvé une petite fleur. Dans les hautes herbes qui recouvrent la dune se cachent  ici et là des fleurs sauvages. Parmi elles il y a des mini-pensées qui ne sont guère plus grosses qu'une violette.
                      
 
 
Un jour, j'étais assise sur la plage, quand j'ai vu  tout à coup dans le sable une petite pensée mauve. J'ai d'abord cru qu'un enfant l'avait cueillie sur la digue et s'était amusé à l'enfoncer dans le sable. Mais je me suis aperçue qu'elle avait poussé là et qu'elle avait des racines profondes. Elle allait être piétinée, alors j'ai tout de suite décidé d'essayer de la sauver. Je l'ai sortie du sable avec d'infinies précautions. Dès mon retour je l'ai plantée dans le jardin et je l'ai bien arrosée, en faisant des voeux pour qu'elle survive. Le lendemain elle avait l'air vraiment pitoyable. Mais j'ai continué à l'arroser et quelques jours plus tard, elle avait repris vie. La pensée est une plante annuelle, mais parfois elle se sème toute seule et elle ressort l'année suivante. J'espère que c'est ce qui se produira et que je la retrouverai au printemps.                   

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LAPINS À LOUER

Publié le par Françoise Andersen

 

L’été dernier, au Danemark, nous nous étions rendus dans une petite jardinerie, pour acheter un arbuste. Derrière les plantes, j’ai aperçu tout à coup des cages à lapin. Cela ne m’a pas étonnée car, dans les jardineries, on peut souvent acheter aussi des petits animaux de compagnie. Mon mari  a commencé à s’inquiéter. Il sait bien que quand les enfants étaient petits, si je leur achetais des petits animaux de compagnie, c’était en fait pour moi. Il connaît aussi mon faible pour les lapins. Cela faisait très longtemps que je n’avais plus d’alibi pour en acheter un, mais il avait quand même peur qu’avec ou sans alibi, je lui impose à nouveau la présence d’un lapin. Il les apprécie en effet beaucoup plus dans une assiette, à la sauce moutarde, que dans une cage.

 

Je me suis  approchée de l’une des cages de la jardinerie. J’ai vu un énorme lapin bélier. Il était tout seul et semblait s’ennuyer ferme.

 

 

Le propriétaire de la jardinerie m’a expliqué qu’il n’était pas à vendre mais à louer. En effet, il avait remarqué que des gens, qui louaient des maisons de vacances dans les environs, adoptaient des chatons errants, pour distraire leurs enfants. Mais le jour du départ, ils les abandonnaient sur place (les chatons, pas les enfants !). Ces pauvres bêtes, abandonnées à leur triste sort, mouraient lentement de froid et de faim pendant l’hiver. Pour que les petits vacanciers aient le plaisir de s’occuper d’un animal pendant leurs vacances, il avait donc pensé à louer des lapins en cage, qu’on lui ramenait les vacances finies. J’ai trouvé cette idée excellente et j’ai été tentée par cette offre. Mais je me suis interrogée sur ce qui arrivait ensuite aux lapins. Je ne pourrais jamais créer des liens affectifs avec un lapin, en ayant l’arrière pensée qu’il finirait ensuite à la casserole. Nous sommes donc repartis simplement avec un arbuste, au grand soulagement de mon mari.

En fait, je n’ai pas besoin d'un lapin : j’ai un lièvre, qui vient de temps en temps brouter la pelouse.

Mais je ne peux pas le caresser...

 

©  Françoise Andersen

Cette histoire a déjà été publiée, il y a quelques années, sur le site de l'école de Martigny (Suisse)

                          http://zwook.ecolevs.ch/martigny/zwook/enfants/histoiresvraies

Publié dans ANIMAUX DIVERS

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Oh la vache !

Publié le par Françoise Andersen

En contrebas de la digue qui longe la Baltique, près de notre maison de vacances danoise,  il y a, depuis cette année, un enclos avec des chevaux.


 

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Un jour j'ai été étonnée en voyant, au loin, ce qui m'a semblé être deux chevaux noirs sur lesquels on avait mis une couverture blanche. 


 

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Mais quand ces "chevaux" ont relevé la tête, j'ai vu que c'était de drôles de petites vaches sans corne, avec une large bande blanche au milieu du corps.



 

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Des promeneurs, qui s'étaient également arrêtés pour les regarder, m'ont dit que c'était des "galloway-ceinturées" et que cette race était originaire d'Écosse. 

 


 

Publié dans VACHES

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Mon N.A.C.

Publié le par Françoise Andersen

Qu'est-ce que c'est qu' un N.A.C.? C'est un Nouvel Animal de Compagnie. Vous ne devinerez jamais ce que j'ai comme N.A.C. en ce moment !  Une chenille.

 

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Probablement une chenille qui va se transformer en vulgaire " papillon à chou" (je traduis du danois car je ne connais pas le mot francais).

 

Je l'ai logée dans une boîte en plastique percée de quelques trous. Elle a un appétit d'ogre. Elle mange 2 feuilles de capucines par jour et fait plein de cacas noirs. Encore heureux qu'elle n'ait pas une gastro ! Elle était toute maigre quand je l'ai recueillie et elle  a bien grossi depuis. Je l'ai trouvée en train de dévorer des feuilles de capucines..

 

J'ai d'abord pensé utiliser la méthode qui consiste à prendre délicatement l'animal indésirable (chenille, escargot, etc.), à traverser la rue et à lui laisser finir sa vie dans le champ qui est en face de la maison, en pensant, peut-être trop naïvement, qu'il ne va pas traverser la rue et revenir chez moi.

 

Mais je me suis tout à coup rappelé mes 10 ans. Mon père avait capturé une très belle chenille et il m'avait dit que j'allais être témoin, un jour, d'un petit miracle. Il l'avais mise dans une boîte avec des trous et je la nourrissais chaque jour de feuilles fraîches. Elle s'était transformée en chrysalide et un beau jour le miracle avait eu lieu, très lentement car les ailes avaient mis du temps à se déployer complètement.

 

J'ai donc voulu retrouver mes dix ans. Ne dit-on pas que les vieux retombent en enfance    ?

 

Mais je ne sais pas combien de temps elle va mettre avant de devenir un papillon. Il va falloir que je lui trouve un nouveau foyer avant de partir. Cela va, je l'espère,  intéresser un des petits-enfants de nos voisins.

 

Mais il va falloir, avant de la donner, que je la loge mieux. J'ai en effet lu sur le Net qu'il faut un terrarium (d'accord, ma boîte est trop petite) avec une branche dedans, sur laquelle la chrysalide pourra s'accrocher grâce à un fil de soie et et à laquelle elle pourra se pendre. 

 

Si vous avez de jeunes enfants ou des petits-enfants je vous conseille d'aller sur ce site qui m'a l'air très bien. En plus de donner des informations sur les papillons, ils expliquent comment on peut élever une chenille. 

 

 

http://www.jedessine.com/c_6042/lecture/reportages-pour-enfant/fiches-pedagogiques-sur-les-animaux/dossier-sur-les-insectes/de-la-chenille-au-papillon

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans ANIMAUX DIVERS

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La passagère clandestine

Publié le par Françoise Andersen

 

 

Quand il avait quatre ou cinq ans, Yann, mon plus jeune fils, regrettait beaucoup de devoir se contenter de petits animaux domestiques (cochons d’Inde, hamsters, etc), étant donné que nous habitions un immeuble. Il aurait tant aimé avoir un gros chien. Je lui avais expliqué que ce serait triste pour ce pauvre animal d’être enfermé seul, toute la journée, dans l’appartement. 

 

Il compensait donc cette frustation en jouant avec Flicka, la chienne de ma belle-soeur, quand nous allions lui rendre visite à la campagne. Mon fils aîné aimait bien aussi Flicka, qui était presque aussi grande que lui, quand elle se tenait sur ses pattes de derrière.

 

Au fil des mois, Yann s’attachait de plus en plus à Flicka. Il pleurait quand il devait dire au revoir à son amie et j’avais beaucoup de mal à les séparer, car Flicka l’aimait aussi beaucoup. Il m’avait demandé plusieurs fois s’il ne pouvait pas l’emmener avec nous, juste pour quelques jours. J’avais bien entendu toujours refusé.

 

Un jour, pendant que disais au revoir à ma belle-soeur, j’ai vu que Yann s’était déjà installé dans la voiture, sans que je le lui demande. Pourtant, d’habitude c’était difficile de lui faire abandonner Flicka. A ma grande surprise, j’ai vu qu’il avait même l’air ravi et, dans son oeil, il y avait une lueur coquine qui m’a un peu inquiétée et que j’avais déjà vue auparavant, quand il m’avait joué des tours. Mais je me suis dit qu’il ne fallait pas chercher à comprendre. Je devais juste me rejouir qu’il soit soudain devenu si raisonnable. Peut-être qu’en grandissant il s’était enfin rendu compte que c’était impossible pour nous d’avoir un chien à Copenhague.

 

Nous sommes donc repartis et tout était pour le mieux. Mais au bout de quelques kilomètres, j’ai tout à coup senti un souffle chaud sur ma nuque et j’ai entendu un léger halètement. Je me suis arrêtée immédiatement, assaillie par un mauvais pressentiment. Celui-ci s’est confirmé quand j’ai vu la tête de Flicka qui était juste derrière moi. Elle semblait toute réjouie avec sa gueule entrouverte qui lui donnait, comme à tous les chiens de sa race (colley) un semblant de sourire. Mon fils l’avait fait monter dans la voiture, en lui faisant signe de rester couchée au fond, pour que je ne la voie pas, faisant de cette passagère clandestine sa complice. Elle devait en effet être heureuse de cette aventure. Quand il avait estimé que nous étions assez loin, il s’était sûrement dit que je n’allais pas revenir en arrière et qu’il avait gagné la partie. Il l’avait donc laissée se redresser. Mais j’ai fait demi-tour et je suis allée rendre Flicka à ma belle-soeur, qui ne s’était même pas aperçue de sa disparition. Yann n’a plus fait de tentative d’enlèvement et il a accepté un compromis : nous avons acheté un adorable lapin nain blanc aux yeux bleus, à qui il a appris à se comporter comme un chat.

 

Je n’ai jamais pu avoir de chien et je le regrette, car je les aime beaucoup. Je me contente des "chiens randonneurs" savoyards, qui font de temps en temps un bout de chemin avec nous.

Publié dans CHIENS

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La maman cygne

Publié le par Françoise Andersen

 

L’été, quand nous séjournons au Danemark, sur l’île de Lolland, nous aimons beaucoup faire des balades à bicylette sur la digue. Elle longe la mer Baltique sur une trentaine de kilomètres et protège les terres qui ont été asséchées il y a environ deux siècles. Au début, cette digue ne faisait que 2,40 m de haut, mais elle a été réparée et réhaussée après un raz de marée qui avait fait 86 victimes en 1872. Elle fait maintenant 3,70 m de haut. Notre maison est au-dessous du niveau de la mer et il faut monter un escalier pour aller sur la plage.

 

 Un jour nous avons aperçu de loin un cygne qui allait et venait, semblant chercher quelque chose.

Nous avons l’habitude de voir de temps en temps des faisans ou des lièvres sur la digue, mais nous n’y avions jamais vu de cygne. Normalement ils sont dans les marais, côté terre. Parfois ils s’envolent pour aller se poser, de l’autre côté, sur la mer.

Ce cygne semblait tout à fait désorienté : il faisait des allées et venues rapides entre la digue et la mer. Il tournait la tête de tous les côtés et se penchait parfois pour examiner le sol entre les hautes herbes. J’ai dit à mon mari en plaisantant : "Il a dû perdre quelque chose !". En effet, il me faisait penser à quelqu’un qui aurait perdu ses clés ou son téléphone portable. Comme il ne pouvait pas avoir perdu quelque chose, je me suis dit qu’il était peut-être fou. Ceci s’est confirmé quand nous nous sommes rapprochés et qu’il nous a barré la route en battant des ailes. Son bec était grand ouvert et il en sortait des bruits agressifs. Il avait l’air très menaçant. Nous sommes descendus de nos bicyclettes n’osant aller plus loin, car il avait l’air très menaçant. Je me sentais assez ridicule et je me demandais combien de temps nous allions nous laisser tyranniser par ce méchant oiseau.

Heureusement, un groupe de cyclistes est arrivé à toute vitesse en sens inverse. Il a pris peur devant tous ces vélos qui fonçaient sur lui et a battu en retraite, en descendant de l’autre côté de la digue. C’est alors que mon mari m’a dit : "Regarde les petits cygnes". En contrebas, des bébés cygnes attendaient patiemment leur maman. Je suppose qu’ils ont été très heureux de la retrouver et elle de retrouver sa petite famille.

Étant donné que ses bébés étaient trop petits pour s’envoler avec elle vers la mer, elle y était allée à pieds - ou plutôt à pattes - suivie de sa marmaille. Peut-être qu’au moment où elle traversait la digue, des passants avaient effrayé les petits cygnes qui étaient redescendus au lieu de suivre leur maman. Quand celle-ci s’était aperçue de leur absence, elle s’était donc mise à les chercher et à empêcher les gens de passer, de peur qu’ils trouvent ses petits avant elle et qu’ils leur fassent du mal.

Cette histoire s’est heureusement bien terminée et elle montre que toutes les mamans sont pareilles : elles font tout pour protéger leurs petits.

Publié dans OISEAUX

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L'OISEAU - PHÉNIX

Publié le par Françoise Andersen

 

 “Françoise ! Viens voir un drôle d’oiseau”. Je me suis précipitée dans le jardin et j’ai vu une grosse boule de plumes qui poussait des petits cris désespérés en levant vers moi un bec jaune béant.

J’ai mis un certain temps avant de m’apercevoir qu’il s’agissait tout simplement d’un bébé merle. Le pauvre avait si peur qu’il ébouriffait ses plumes et paraissait ainsi énorme. Pas de maman merle à l’horizon. J’allais une fois de plus jouer les mamans merles adoptives. Comme je ne pouvais pas aller dénicher un vermisseau pour le lui mettre dans le bec, je me suis contentée de faire une sorte de pâtée avec de la mie de pain et de déposer le tout devant lui, mais pas trop près afin de ne pas l’effaroucher. Puis je suis retournée dans la maison et je l’ai observé de ma fenêtre.

 

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L’oisillon était apparemment affamé, car il n’a pas tardé à venir picorer ma pâtée. Peu après, il a disparu dans la haie, mais j’ai continué chaque jour à déposer de la nourriture. Au bout de quelque temps, il est venu manger les miettes destinées aux moineaux. Et très vite, il est arrivé le premier quand je jetais mes miettes.

 

J’ai décidé de l’apprivoiser. Ne connaissant pas son nom, je me suis contentée de l’appeler “P’tit oiseau”. Au bout de quelques jours il répondait à l’appel, avant que je lui jette les miettes depuis la porte de la cuisine. Il n’a pas tardé à devancer mon appel et à venir mendier devant la porte. Même quand j’avais le dos tourné, je sentais tout à coup sa présence et j’étais heureuse d’avoir ce petit compagnon à la fois libre et dépendant de moi. Même si je n'étais que sa maman adoptive, j'étais fière de le voir grandir.

 

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Mais un jour, le drame s’est abattu sur mon jardin. J’ai trouvé P’tit oiseau inerte sur la terrasse. 

 

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J’ai soulevé avec précaution le petit corps encore tiède et je l’ai enterré, le coeur très triste. J’ai planté sur la petite tombe deux primevères.

 

Le lendemain matin, il faisait soleil, mais le jardin m’a pourtant semblé triste et sans vie. Je tournais le dos à la porte donnant sur la terrasse, quand il m’a semblé sentir la présence de P’tit oiseau. Je me suis dit que j’étais folle, car de la fenêtre je voyais la petite tombe toute fraîche. Je me suis quand même retournée et, miracle, P’tit oiseau était là, devant moi, tel l’oiseau phénix renaissant de ses cendres. Et c'était bien lui et non pas un autre oiseau, car il s'avançait vers moi, sans avoir peur. 

 

 

Je ne connaîtrai jamais la vérité, mais je pense qu’il y a deux explications possibles : l’oiseau que j’avais enterré était un “étranger” ou bien P’tit oiseau avait un frère. Peut-être qu’ils étaient deux, mais que je n’en avais vu qu’un seul à la fois. Enfin je n’ai pas cherché à comprendre. J’avais devant moi ce petit oiseau apprivoisé et bien vivant, alors qu’importe. Il ne faut pas chercher à expliquer les miracles...

 

Publié dans OISEAUX

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LE CHIEN EN DEUIL

Publié le par histoires


Nous nous promenions dans un petit village danois, quand mon attention a été attirée par un vieux labrador noir au museau grisonnant, qui s’approchait à pas lents de l’église. Comme beaucoup d’églises danoises, celle-ci était entourée d’un joli petit cimetière. A part la petite plaque en marbre où était gravés le nom du défunt ainsi que la date de sa naissance et de sa mort, chaque tombe ressemblait presque à un petit jardin entouré de buis, dans lequel étaient plantés des arbustes, cyprès, rhododendrons, lilas, rosiers, etc. Le sol était recouvert de graviers et pas une mauvaise herbe ne dépassait. Contrairement aux cimetières français si tristes et angoissants avec leurs grosses pierres tombales, leurs monuments funéraires et leurs fleurs souvent artificielles ou fanées, celui-ci donnait à la mort un aspect naturel et presque acceptable

LE CHIEN EN DEUIL

En passant près de moi, le chien a levé les yeux et je lui ai trouvé l’air très triste. J’avais entendu dire qu’il arrive que des chiens viennent chaque jour sur la tombe de leur maître ou de leur maîtresse. Je me suis donc arrêtée pour voir ce qu’il allait faire. Il est entré effectivement dans le cimetière et est allé jusqu’à une tombe, qui se trouvait sur la gauche, au coin de l’église, derrière les deux cyprès. On voyait bien qu’il n’avait pas erré au hasard dans les allées, et qu’il savait très bien où il allait. Il s’est arrêté et est resté là quelques instants, immobile. Il ressemblait vraiment à quelqu’un qui vient se recueillir sur la tombe d’un proche. Il a ensuite refait lentement le même chemin en sens inverse. J’attendais devant l’entrée. Il a levé à nouveau vers moi un regard plein de détresse, avant de s’éloigner du même pas lent qui lui donnait l’air si accablé.


Les animaux ne peuvent pas exprimer leur chagrin par des larmes, mais je crois qu’à l’intérieur, ce pauvre chien pleurait.

Publié dans CHIENS

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LE CHIEN RANDONNEUR

Publié le par histoires

Lors d’une excursion dans un village proche d’Abondance, nous avions pris, à pied, un petit chemin abrupt pour aller acheter du fromage (d’Abondance, naturellement), car nous avions vu une pancarte annonçant qu’une fromagerie se trouvait à 3 km. Il me semblait avoir déjà parcouru largement 3 km quand nous sommes arrivés dans un hameau. Mais nous avons eu beau chercher, nous n’avons pas trouvé la fromagerie en question.


Tout à coup j’ai remarqué, au milieu du chemin, un chien qui semblait nous observer.

 

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Nous hésitions à continuer, car il nous semblait bizarre que la fromagerie en question se trouve en dehors du hameau. Cependant intrigués par le manège du chien, nous l’avons suivi. En effet, après nous avoir regardés fixement, il avait fait quelques pas, et puis s’était arrêté. Il s’était retourné et puis avait fait à nouveau quelques pas. Nous avions vraiment l’impression qu’il nous invitait à le suivre.

 

J’ai pensé que c’était le chien de la fromagerie, qui était chargé de l’accueil des clients, et qu’il allait nous mener au fromage. Nous l’avons donc suivi. Il allait plus vite que nous, mais il s’arrêtait de temps en temps, se retournait et nous attendait. Il allait parfois folâtrer en dehors du chemin, et je croyais à chaque fois qu’il nous avait faussé compagnie, mais il finissait toujours par réapparaître.

 

Au bout d’un kilomètre environ, comme il n’y avait pas une seule ferme à l’horizon et que le paysage devenait de plus en plus aride, nous avons décidé de rebrousser chemin. Il nous a suivis, puis devancés à nouveau. De retour au hameau, nous avons découvert la fromagerie, que nous n’avions pas vue en montant. Le fromager a dit au chien : "Alors tu es allé te promener ?" , et il nous a expliqué que son chien n’aimait pas se promener tout seul, qu’il attendait que des promeneurs passent pour partir en balade avec eux.

 

Une fois notre fromage acheté, le maître a ordonné à son chien : "Tu restes ici maintenant, tu ne descends pas au village". Mais c’était dit sans conviction. On sentait bien lequel des deux faisait la loi ! D’ailleurs, le chien a fait la sourde oreille, et il nous a emboîté le pas.


A mi-chemin, j’ai vu qu’il y avait un chien de garde sans chaîne devant une ferme. Normalement je n’ai pas peur des chiens, mais celui-ci aboyait et avait l’air particulièrement féroce.

 

 

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"Notre" chien a dû partager mon appréhension, car il est monté le long du talus qui était en face, et faisant ainsi un long détour, il a contourné élégamment l’obstacle. Le talus était très abrupt et j’hésitais entre affronter le monstre et faire de l’escalade. Le chien randonneur nous attendait patiemment en contrebas. Quand il a vu que nous n’osions pas passer, il est revenu vers nous, s’est placé à gauche de mon mari, du côté du chien de garde, et il nous a regardés bravement. Son regard semblait dire : "Avec moi, vous ne craignez rien !". Mais on voyait qu’il avait peur, même s’il crânait, car il marchait rapidement, la queue entre les jambes. Cependant, il avait dû dire au monstre - en langage chien - qu’il était fermement décidé à nous défendre, car celui-ci nous a laissés passer sans nous importuner. Nous avons été très touchés par le courage et la loyauté de notre compagnon de route.

 

Quand nous sommes arrivés à l’entrée du village, j’ai essayé de lui expliquer avec des mots simples et force gestes qu’il devait remonter à la ferme, mais il nous a suivis jusqu’à l’arrêt de l’autocar.

 

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Quand, tout émue, je lui ai dit au revoir au moment de monter dans le car, il a pris un air indifférent. Ce n’était pas le chien sentimental, c’était le chien qui ne se lie pas, qui passe un bon moment avec vous et vous dit ensuite "Ciao", tourné vers l’avenir et déjà à la recherche d’un autre promeneur pour faire avec lui le chemin en sens inverse.

Publié dans CHIENS

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