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Mon N.A.C.

Publié le par Françoise Andersen

Qu'est-ce que c'est qu' un N.A.C.? C'est un Nouvel Animal de Compagnie. Vous ne devinerez jamais ce que j'ai comme N.A.C. en ce moment !  Une chenille.

 

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Probablement une chenille qui va se transformer en vulgaire " papillon à chou" (je traduis du danois car je ne connais pas le mot francais).

 

Je l'ai logée dans une boîte en plastique percée de quelques trous. Elle a un appétit d'ogre. Elle mange 2 feuilles de capucines par jour et fait plein de cacas noirs. Encore heureux qu'elle n'ait pas une gastro ! Elle était toute maigre quand je l'ai recueillie et elle  a bien grossi depuis. Je l'ai trouvée en train de dévorer des feuilles de capucines..

 

J'ai d'abord pensé utiliser la méthode qui consiste à prendre délicatement l'animal indésirable (chenille, escargot, etc.), à traverser la rue et à lui laisser finir sa vie dans le champ qui est en face de la maison, en pensant, peut-être trop naïvement, qu'il ne va pas traverser la rue et revenir chez moi.

 

Mais je me suis tout à coup rappelé mes 10 ans. Mon père avait capturé une très belle chenille et il m'avait dit que j'allais être témoin, un jour, d'un petit miracle. Il l'avais mise dans une boîte avec des trous et je la nourrissais chaque jour de feuilles fraîches. Elle s'était transformée en chrysalide et un beau jour le miracle avait eu lieu, très lentement car les ailes avaient mis du temps à se déployer complètement.

 

J'ai donc voulu retrouver mes dix ans. Ne dit-on pas que les vieux retombent en enfance    ?

 

Mais je ne sais pas combien de temps elle va mettre avant de devenir un papillon. Il va falloir que je lui trouve un nouveau foyer avant de partir. Cela va, je l'espère,  intéresser un des petits-enfants de nos voisins.

 

Mais il va falloir, avant de la donner, que je la loge mieux. J'ai en effet lu sur le Net qu'il faut un terrarium (d'accord, ma boîte est trop petite) avec une branche dedans, sur laquelle la chrysalide pourra s'accrocher grâce à un fil de soie et et à laquelle elle pourra se pendre. 

 

Si vous avez de jeunes enfants ou des petits-enfants je vous conseille d'aller sur ce site qui m'a l'air très bien. En plus de donner des informations sur les papillons, ils expliquent comment on peut élever une chenille. 

 

 

http://www.jedessine.com/c_6042/lecture/reportages-pour-enfant/fiches-pedagogiques-sur-les-animaux/dossier-sur-les-insectes/de-la-chenille-au-papillon

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans ANIMAUX DIVERS

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La passagère clandestine

Publié le par Françoise Andersen

 

 

Quand il avait quatre ou cinq ans, Yann, mon plus jeune fils, regrettait beaucoup de devoir se contenter de petits animaux domestiques (cochons d’Inde, hamsters, etc), étant donné que nous habitions un immeuble. Il aurait tant aimé avoir un gros chien. Je lui avais expliqué que ce serait triste pour ce pauvre animal d’être enfermé seul, toute la journée, dans l’appartement. 

 

Il compensait donc cette frustation en jouant avec Flicka, la chienne de ma belle-soeur, quand nous allions lui rendre visite à la campagne. Mon fils aîné aimait bien aussi Flicka, qui était presque aussi grande que lui, quand elle se tenait sur ses pattes de derrière.

 

Au fil des mois, Yann s’attachait de plus en plus à Flicka. Il pleurait quand il devait dire au revoir à son amie et j’avais beaucoup de mal à les séparer, car Flicka l’aimait aussi beaucoup. Il m’avait demandé plusieurs fois s’il ne pouvait pas l’emmener avec nous, juste pour quelques jours. J’avais bien entendu toujours refusé.

 

Un jour, pendant que disais au revoir à ma belle-soeur, j’ai vu que Yann s’était déjà installé dans la voiture, sans que je le lui demande. Pourtant, d’habitude c’était difficile de lui faire abandonner Flicka. A ma grande surprise, j’ai vu qu’il avait même l’air ravi et, dans son oeil, il y avait une lueur coquine qui m’a un peu inquiétée et que j’avais déjà vue auparavant, quand il m’avait joué des tours. Mais je me suis dit qu’il ne fallait pas chercher à comprendre. Je devais juste me rejouir qu’il soit soudain devenu si raisonnable. Peut-être qu’en grandissant il s’était enfin rendu compte que c’était impossible pour nous d’avoir un chien à Copenhague.

 

Nous sommes donc repartis et tout était pour le mieux. Mais au bout de quelques kilomètres, j’ai tout à coup senti un souffle chaud sur ma nuque et j’ai entendu un léger halètement. Je me suis arrêtée immédiatement, assaillie par un mauvais pressentiment. Celui-ci s’est confirmé quand j’ai vu la tête de Flicka qui était juste derrière moi. Elle semblait toute réjouie avec sa gueule entrouverte qui lui donnait, comme à tous les chiens de sa race (colley) un semblant de sourire. Mon fils l’avait fait monter dans la voiture, en lui faisant signe de rester couchée au fond, pour que je ne la voie pas, faisant de cette passagère clandestine sa complice. Elle devait en effet être heureuse de cette aventure. Quand il avait estimé que nous étions assez loin, il s’était sûrement dit que je n’allais pas revenir en arrière et qu’il avait gagné la partie. Il l’avait donc laissée se redresser. Mais j’ai fait demi-tour et je suis allée rendre Flicka à ma belle-soeur, qui ne s’était même pas aperçue de sa disparition. Yann n’a plus fait de tentative d’enlèvement et il a accepté un compromis : nous avons acheté un adorable lapin nain blanc aux yeux bleus, à qui il a appris à se comporter comme un chat.

 

Je n’ai jamais pu avoir de chien et je le regrette, car je les aime beaucoup. Je me contente des "chiens randonneurs" savoyards, qui font de temps en temps un bout de chemin avec nous.

Publié dans CHIENS

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La maman cygne

Publié le par Françoise Andersen

 

L’été, quand nous séjournons au Danemark, sur l’île de Lolland, nous aimons beaucoup faire des balades à bicylette sur la digue. Elle longe la mer Baltique sur une trentaine de kilomètres et protège les terres qui ont été asséchées il y a environ deux siècles. Au début, cette digue ne faisait que 2,40 m de haut, mais elle a été réparée et réhaussée après un raz de marée qui avait fait 86 victimes en 1872. Elle fait maintenant 3,70 m de haut. Notre maison est au-dessous du niveau de la mer et il faut monter un escalier pour aller sur la plage.

 

 Un jour nous avons aperçu de loin un cygne qui allait et venait, semblant chercher quelque chose.

Nous avons l’habitude de voir de temps en temps des faisans ou des lièvres sur la digue, mais nous n’y avions jamais vu de cygne. Normalement ils sont dans les marais, côté terre. Parfois ils s’envolent pour aller se poser, de l’autre côté, sur la mer.

Ce cygne semblait tout à fait désorienté : il faisait des allées et venues rapides entre la digue et la mer. Il tournait la tête de tous les côtés et se penchait parfois pour examiner le sol entre les hautes herbes. J’ai dit à mon mari en plaisantant : "Il a dû perdre quelque chose !". En effet, il me faisait penser à quelqu’un qui aurait perdu ses clés ou son téléphone portable. Comme il ne pouvait pas avoir perdu quelque chose, je me suis dit qu’il était peut-être fou. Ceci s’est confirmé quand nous nous sommes rapprochés et qu’il nous a barré la route en battant des ailes. Son bec était grand ouvert et il en sortait des bruits agressifs. Il avait l’air très menaçant. Nous sommes descendus de nos bicyclettes n’osant aller plus loin, car il avait l’air très menaçant. Je me sentais assez ridicule et je me demandais combien de temps nous allions nous laisser tyranniser par ce méchant oiseau.

Heureusement, un groupe de cyclistes est arrivé à toute vitesse en sens inverse. Il a pris peur devant tous ces vélos qui fonçaient sur lui et a battu en retraite, en descendant de l’autre côté de la digue. C’est alors que mon mari m’a dit : "Regarde les petits cygnes". En contrebas, des bébés cygnes attendaient patiemment leur maman. Je suppose qu’ils ont été très heureux de la retrouver et elle de retrouver sa petite famille.

Étant donné que ses bébés étaient trop petits pour s’envoler avec elle vers la mer, elle y était allée à pieds - ou plutôt à pattes - suivie de sa marmaille. Peut-être qu’au moment où elle traversait la digue, des passants avaient effrayé les petits cygnes qui étaient redescendus au lieu de suivre leur maman. Quand celle-ci s’était aperçue de leur absence, elle s’était donc mise à les chercher et à empêcher les gens de passer, de peur qu’ils trouvent ses petits avant elle et qu’ils leur fassent du mal.

Cette histoire s’est heureusement bien terminée et elle montre que toutes les mamans sont pareilles : elles font tout pour protéger leurs petits.

Publié dans OISEAUX

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L'OISEAU - PHÉNIX

Publié le par Françoise Andersen

 

 “Françoise ! Viens voir un drôle d’oiseau”. Je me suis précipitée dans le jardin et j’ai vu une grosse boule de plumes qui poussait des petits cris désespérés en levant vers moi un bec jaune béant.

J’ai mis un certain temps avant de m’apercevoir qu’il s’agissait tout simplement d’un bébé merle. Le pauvre avait si peur qu’il ébouriffait ses plumes et paraissait ainsi énorme. Pas de maman merle à l’horizon. J’allais une fois de plus jouer les mamans merles adoptives. Comme je ne pouvais pas aller dénicher un vermisseau pour le lui mettre dans le bec, je me suis contentée de faire une sorte de pâtée avec de la mie de pain et de déposer le tout devant lui, mais pas trop près afin de ne pas l’effaroucher. Puis je suis retournée dans la maison et je l’ai observé de ma fenêtre.

 

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L’oisillon était apparemment affamé, car il n’a pas tardé à venir picorer ma pâtée. Peu après, il a disparu dans la haie, mais j’ai continué chaque jour à déposer de la nourriture. Au bout de quelque temps, il est venu manger les miettes destinées aux moineaux. Et très vite, il est arrivé le premier quand je jetais mes miettes.

 

J’ai décidé de l’apprivoiser. Ne connaissant pas son nom, je me suis contentée de l’appeler “P’tit oiseau”. Au bout de quelques jours il répondait à l’appel, avant que je lui jette les miettes depuis la porte de la cuisine. Il n’a pas tardé à devancer mon appel et à venir mendier devant la porte. Même quand j’avais le dos tourné, je sentais tout à coup sa présence et j’étais heureuse d’avoir ce petit compagnon à la fois libre et dépendant de moi. Même si je n'étais que sa maman adoptive, j'étais fière de le voir grandir.

 

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Mais un jour, le drame s’est abattu sur mon jardin. J’ai trouvé P’tit oiseau inerte sur la terrasse. 

 

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J’ai soulevé avec précaution le petit corps encore tiède et je l’ai enterré, le coeur très triste. J’ai planté sur la petite tombe deux primevères.

 

Le lendemain matin, il faisait soleil, mais le jardin m’a pourtant semblé triste et sans vie. Je tournais le dos à la porte donnant sur la terrasse, quand il m’a semblé sentir la présence de P’tit oiseau. Je me suis dit que j’étais folle, car de la fenêtre je voyais la petite tombe toute fraîche. Je me suis quand même retournée et, miracle, P’tit oiseau était là, devant moi, tel l’oiseau phénix renaissant de ses cendres. Et c'était bien lui et non pas un autre oiseau, car il s'avançait vers moi, sans avoir peur. 

 

 

Je ne connaîtrai jamais la vérité, mais je pense qu’il y a deux explications possibles : l’oiseau que j’avais enterré était un “étranger” ou bien P’tit oiseau avait un frère. Peut-être qu’ils étaient deux, mais que je n’en avais vu qu’un seul à la fois. Enfin je n’ai pas cherché à comprendre. J’avais devant moi ce petit oiseau apprivoisé et bien vivant, alors qu’importe. Il ne faut pas chercher à expliquer les miracles...

 

Publié dans OISEAUX

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LE CHIEN EN DEUIL

Publié le par histoires


Nous nous promenions dans un petit village danois, quand mon attention a été attirée par un vieux labrador noir au museau grisonnant, qui s’approchait à pas lents de l’église. Comme beaucoup d’églises danoises, celle-ci était entourée d’un joli petit cimetière. A part la petite plaque en marbre où était gravés le nom du défunt ainsi que la date de sa naissance et de sa mort, chaque tombe ressemblait presque à un petit jardin entouré de buis, dans lequel étaient plantés des arbustes, cyprès, rhododendrons, lilas, rosiers, etc. Le sol était recouvert de graviers et pas une mauvaise herbe ne dépassait. Contrairement aux cimetières français si tristes et angoissants avec leurs grosses pierres tombales, leurs monuments funéraires et leurs fleurs souvent artificielles ou fanées, celui-ci donnait à la mort un aspect naturel et presque acceptable

LE CHIEN EN DEUIL

En passant près de moi, le chien a levé les yeux et je lui ai trouvé l’air très triste. J’avais entendu dire qu’il arrive que des chiens viennent chaque jour sur la tombe de leur maître ou de leur maîtresse. Je me suis donc arrêtée pour voir ce qu’il allait faire. Il est entré effectivement dans le cimetière et est allé jusqu’à une tombe, qui se trouvait sur la gauche, au coin de l’église, derrière les deux cyprès. On voyait bien qu’il n’avait pas erré au hasard dans les allées, et qu’il savait très bien où il allait. Il s’est arrêté et est resté là quelques instants, immobile. Il ressemblait vraiment à quelqu’un qui vient se recueillir sur la tombe d’un proche. Il a ensuite refait lentement le même chemin en sens inverse. J’attendais devant l’entrée. Il a levé à nouveau vers moi un regard plein de détresse, avant de s’éloigner du même pas lent qui lui donnait l’air si accablé.


Les animaux ne peuvent pas exprimer leur chagrin par des larmes, mais je crois qu’à l’intérieur, ce pauvre chien pleurait.

Publié dans CHIENS

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LE CHIEN RANDONNEUR

Publié le par histoires

Lors d’une excursion dans un village proche d’Abondance, nous avions pris, à pied, un petit chemin abrupt pour aller acheter du fromage (d’Abondance, naturellement), car nous avions vu une pancarte annonçant qu’une fromagerie se trouvait à 3 km. Il me semblait avoir déjà parcouru largement 3 km quand nous sommes arrivés dans un hameau. Mais nous avons eu beau chercher, nous n’avons pas trouvé la fromagerie en question.


Tout à coup j’ai remarqué, au milieu du chemin, un chien qui semblait nous observer.

 

                                        imgres-2

 

Nous hésitions à continuer, car il nous semblait bizarre que la fromagerie en question se trouve en dehors du hameau. Cependant intrigués par le manège du chien, nous l’avons suivi. En effet, après nous avoir regardés fixement, il avait fait quelques pas, et puis s’était arrêté. Il s’était retourné et puis avait fait à nouveau quelques pas. Nous avions vraiment l’impression qu’il nous invitait à le suivre.

 

J’ai pensé que c’était le chien de la fromagerie, qui était chargé de l’accueil des clients, et qu’il allait nous mener au fromage. Nous l’avons donc suivi. Il allait plus vite que nous, mais il s’arrêtait de temps en temps, se retournait et nous attendait. Il allait parfois folâtrer en dehors du chemin, et je croyais à chaque fois qu’il nous avait faussé compagnie, mais il finissait toujours par réapparaître.

 

Au bout d’un kilomètre environ, comme il n’y avait pas une seule ferme à l’horizon et que le paysage devenait de plus en plus aride, nous avons décidé de rebrousser chemin. Il nous a suivis, puis devancés à nouveau. De retour au hameau, nous avons découvert la fromagerie, que nous n’avions pas vue en montant. Le fromager a dit au chien : "Alors tu es allé te promener ?" , et il nous a expliqué que son chien n’aimait pas se promener tout seul, qu’il attendait que des promeneurs passent pour partir en balade avec eux.

 

Une fois notre fromage acheté, le maître a ordonné à son chien : "Tu restes ici maintenant, tu ne descends pas au village". Mais c’était dit sans conviction. On sentait bien lequel des deux faisait la loi ! D’ailleurs, le chien a fait la sourde oreille, et il nous a emboîté le pas.


A mi-chemin, j’ai vu qu’il y avait un chien de garde sans chaîne devant une ferme. Normalement je n’ai pas peur des chiens, mais celui-ci aboyait et avait l’air particulièrement féroce.

 

 

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"Notre" chien a dû partager mon appréhension, car il est monté le long du talus qui était en face, et faisant ainsi un long détour, il a contourné élégamment l’obstacle. Le talus était très abrupt et j’hésitais entre affronter le monstre et faire de l’escalade. Le chien randonneur nous attendait patiemment en contrebas. Quand il a vu que nous n’osions pas passer, il est revenu vers nous, s’est placé à gauche de mon mari, du côté du chien de garde, et il nous a regardés bravement. Son regard semblait dire : "Avec moi, vous ne craignez rien !". Mais on voyait qu’il avait peur, même s’il crânait, car il marchait rapidement, la queue entre les jambes. Cependant, il avait dû dire au monstre - en langage chien - qu’il était fermement décidé à nous défendre, car celui-ci nous a laissés passer sans nous importuner. Nous avons été très touchés par le courage et la loyauté de notre compagnon de route.

 

Quand nous sommes arrivés à l’entrée du village, j’ai essayé de lui expliquer avec des mots simples et force gestes qu’il devait remonter à la ferme, mais il nous a suivis jusqu’à l’arrêt de l’autocar.

 

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Quand, tout émue, je lui ai dit au revoir au moment de monter dans le car, il a pris un air indifférent. Ce n’était pas le chien sentimental, c’était le chien qui ne se lie pas, qui passe un bon moment avec vous et vous dit ensuite "Ciao", tourné vers l’avenir et déjà à la recherche d’un autre promeneur pour faire avec lui le chemin en sens inverse.

Publié dans CHIENS

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Les oies dans la bergerie

Publié le par Françoise Andersen

 

 


Il y a quelques années, après avoir fait une longue promenade le long des crètes des Mémises, nous avons décidé de faire un détour, pour aller acheter du fromage de chèvre dans une bergerie dont on nous avait parlé. Une jeune femme et son mari vivaient là pendant l’été, avec leurs chèvres, complètement isolés du monde extérieur. L’hiver, ils redescendaient dans leur ferme, dans la vallée.


Il y avait une petite clôture autour de la maison, mais la porte était ouverte. Une dizaine d’oies se tenaient groupées au fond de la cour. Quand nous avons voulu y pénétrer, l’une d’elles, très agressive, s’est précipitée vers nous les ailes déployées, le cou en avant, en poussant des cris affreux.

 

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Les autres l’ont immédiatement imitée. Elles avaient vraiment l’air menaçantes et nous avons dû battre en retraite. Tant pis pour le fromage !


Comme si cette attaque d’oies ne suffisait pas, deux gros chiens ont surgi en aboyant férocement.

 

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Là, j’ai commencé à avoir vraiment peur. Mais il s’est passé quelque chose d’étonnant. Ce n’était pas à nous qu’ils en voulaient, mais aux oies. Ils leur ont fait faire demi-tour et les ont pourchassées jusqu’au fond de la cour, où elles sont restées parfaitement immobiles. Une fois leur travail terminé, les chiens sont revenus calmement vers l’entrée de la cour et se sont postés de chaque côté de la porte. Ils avaient l’air très gentils et frétillaient de la queue en signe de bienvenue. Il ne leur manquait que la parole pour nous dire : « Je vous en prie, entrez, n’ayez pas peur. Tant que vous êtes sous notre protection, les oies n’oseront rien vous faire. ». Ils nous ont ensuite escortés jusqu’à la maison, où la bergère nous a accueillis. Elle nous a présenté toutes ses biquettes, qui semblaient contentes d’avoir de la visite et qui ont accepté mes caresses. Nous avons eu la chance d’assister à la traite, qui se faisait à la main, à l’ancienne. Ensuite nous avons acheté notre fromage. Sans l’aide des deux chiens, nous n’aurions jamais osé braver les oies.

Publié dans OISEAUX

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MES CANARDS - FIN - (2:2) Les retrouvailles

Publié le par Françoise Andersen

 

Je suppose que vous vous souvenez de mes canards sauvages ? Je les ai rencontrés l’année suivante. Je me promenais dans le quartier, quand j’ai tout à coup entendu des "RAP RAP" véhéments ("coin coin" en langage canard danois).


J’ai alors aperçu une cane perchée sur le toit d’un auvent. Elle tendait le cou dans ma direction, comme si ses cris m’étaient adressés. Je me suis arrêtée. Elle s’est alors tournée vers le mâle qui semblait sommeiller à côté d’elle, et l’a réveillé par cinq ou six "rap rap" véhéments.

 

Le mâle a d’abord eu l’air éberlué de quelqu’un qu’on réveille en plein milieu d’une bonne sieste, puis il a tourné également le cou de mon côté, et s’est joint à sa femelle.

 

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Ce n’est qu’en plein milieu de ce concert qu’une idée m’est venue. Et si c’étaient "mes" canards", et s’ils m’avaient reconnue ? Pourquoi pas ? La chienne d’une de mes amies m’a bien reconnue après quatre ans passés au USA !

 

J’étais de plus en plus sûre que c’étaient « mes » canards. Ils semblaient avoir trouvé à nouveau le gîte et le couvert. En voyant que la femelle avait l’air de couver, je me suis dit que je pourrais peut-être bientôt terminer mon histoire ainsi : "Ils furent heureux et eurent beaucoup de canetons".

 

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Je ne m’étais pas trompée, car l’histoire a eu une fin heureuse quelques semaines plus tard. Mais elle a bien failli se terminer tragiquement. Nous passions en voiture devant l’endroit où j’avais vu la cane qui couvait quand, tout à coup, mon mari a freiné très brutalement, sans que je sache pourquoi. J’ai vite compris en voyant la cane traverser la rue juste devant notre capot suivie de 5 ou 6 canetons.

 

Imaginez ce qui aurait pu arriver, s’il n’avait pas réagi à temps ! Le dernier caneton a eu beaucoup de mal à monter sur le trottoir, mais il y est finalement parvenu. Tout ce petit monde s’est dirigé vers la parc voisin, où les bébés canards allaient pouvoir connaître, pour la première fois, les joies de la baignade dans le petit lac.

 

                   photo_11833608_canard-des-marais.jpeg        photo_9586106_canard-avec-peu-de-canetons-copie-2.jpeg                                                        

 

Dans les années 60, en pleine ville de Copenhague, avant que les voitures n’envahissent trop les rues, on pouvait parfois voir, au printemps, des canes avec leurs canetons traverser la rue, aidés par un policier. C’était même devenu l’emblème de la ville. Dans les offices de tourisme, on voyait une affiche avec un dessin représentant un policier faisant traverser une famille de canards. Elle portait l’inscription :

                                       

                                        WONDERFUL COPENHAGEN 

 

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C’est encore une ville merveilleuse, mais elle l’était encore plus autrefois.

 

Publié dans OISEAUX, CANARD

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MES CANARDS SAUVAGES (1:2)

Publié le par Françoise Andersen

 

Un beau matin de printemps, je vois tout à coup, sur la pelouse de mon immeuble, un couple de canards qui semblaient regarder fixement en direction de ma fenêtre. 

 

                            14175645-mallard-duck                                      

                                                       

Étant donné que pendant tout l’hiver j’avais nourri consciencieusement un couple de merles, plusieurs mésanges et je ne sais combien de moineaux, je me suis dit que la rumeur s’était propagée parmi la gent animale.

 

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Afin de ne pas ternir ma bonne réputation d’amie des bêtes, je leur ai donc jeté des morceaux de pain. Ils n’ont pas tardé à s’approcher, la femelle en tête, bien décidée, et le mâle derrière, plus timide. Ils avaient un solide appétit et j’ai dû à plusieurs reprises jeter à nouveau du pain.

 

Je pensais qu’ils étaient seulement de passage, et le lendemain matin j’avais tout oublié, quand mon mari me dit tout à coup : "Tes canards sont là". En effet, ils étaient au même endroit que la veille. Mais cette fois-ci, je n’ai pas eu à jeter du pain : dès que j’ai ouvert la fenêtre, ils sont accourus.

 

La scène s’est répétée chaque matin. Au bout de quelques jours, je n’avais qu’à apparaître derrière la vitre, et ils me repéraient tout de suite. Un jour, j’étais en retard pour un rendez-vous, et je les avais oubliés. Quand je suis sortie, ils m’attendaient à la porte. J’étais bien ennuyée, mais je n’avais absolument pas le temps de remonter chercher du pain. J’ai donc lâchement fait semblant de ne pas les voir, mais ils m’ont suivie jusqu’au garage à la queue leu leu. J’avais bonne mine avec ma procession de canards et ma mauvaise conscience !

 

Quand je suis rentrée, deux heures plus tard, ils m’attendaient à la porte du garage. Ils m’ont suivie jusqu’à l’entrée de l’immeuble,

et ils ont attendu patiemment dehors. Devant tant de confiance, j’ai craqué et je suis descendue leur donner à manger. La femelle est venue prendre le pain dans ma main, le mâle, toujours plus craintif, attendait que je lui jette la nourriture.

 

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Chaque jour, une fois rassasiés, ils prenaient leur essor et s’envolaient vers un lac situé près de chez moi.

 

Un jour, ils ne sont pas revenus. Mais une surprise m’attendait au printemps suivant : un matin, j’ai été réveillée par des "rap-rap" (le "coin-coin" du canard danois) sous ma fenêtre. C’étaient "mes" canards ! Cela s’est reproduit pendant trois ans. Un jour où je tardais à faire ma distribution quotidienne de nourriture, j’ai vu tout à coup la femelle apparaître à hauteur de ma fenêtre, qui se trouve au deuxième étage.

 

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Elle est restée là à battre des ailes pendant quelques secondes, en me regardant fixement. Cela fait un drôle d’effet de voir tout à coup une tête de canard tout contre la vitre !


Et puis cette année, suite à des plaintes de voisins qui trouvaient peut-être que mes canards polluaient plus que leurs voitures, le règlement a interdit, sous pleine d’expulsion, qu’on donne à manger aux animaux sauvages. Pourtant, je n’avais jamais vu de saletés : ils ne restaient que l’espace d’un repas et partaient, avec beaucoup de tact, faire leurs besoins ailleurs ! Mais il y a peut-être eu une ou deux exceptions ?

 

Ils sont donc partis, et quand je vois un couple de canards sauvages survoler la cour, j’espère que ce sont mes canards et qu’ils ont trouvé une nouvelle amie ailleurs. Peut-être qu’ils ne m’ont pas oubliée ? D’ailleurs j’ai bien l’impression qu’en passant devant l’immeuble, ils tournent légèrement le cou dans ma direction...

 

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Publié dans OISEAUX

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LE NID FLEURI

Publié le par Françoise Andersen

 

 Dès notre arrivée au Danemark, en mai, je m'empresse toujours de sortir les meubles de jardin et d'aller acheter des plantes pour fleurir le jardin et la terrasse. Cette année, j'avais accroché, entre la porte et la fenêtre du petit chalet, qui nous sert de chambre d'amis, une corbeille dans laquelle j'avais planté des lobelias.

Pour les arroser plus facilement, je déposais parfois la corbeille sur le sol. Un jour, quelle ne fut pas ma surprise en découvrant, derrière les fleurs, un joli petit nid vide. Il semblait abandonné. J'avais entendu dire que chez certaines espèces d'oiseau, le mâle construit plusieurs nids et ensuite la femelle en choisit un. Peut-être que ce nid n'avait pas été choisi et je le regrettais.

 


Mais je me suis aperçue, peu après, qu'il n'était pas terminé. J'ai vu en effet arriver un oiseau tenant dans son bec -non pas un fromage comme le corbeau de la fable - mais une petite plume blanche. Il ne ressemblait à aucun des oiseaux qui fréquentent d'habitude le jardin.  J'ai donc cherché dans un guide de poche édité chez Nathan1 et qui permet d'identifier les oiseaux.  J'ai trouvé qu'il s'agissait d'un gobemouche gris. La photo et la description correspondaient parfaitement : "Dos brun grisâtre avec des raies longitudinales sombres. Il construit un nid de mousse, de feuilles, de morceaux d'écorce et de déchets, qu'il capitonne ensuite de plumes." Dans les caractéristiques, il y avait aussi le poids et la taille (14 cm et 18 g), mais je n'ai bien entendu pas pu vérifier !

J'ai décidé de ne plus toucher à la corbeille, même si mes fleurs allaient flétrir, et de me contenter de prendre des photos en tenant mon appareil à bout de bras au-dessus du nid. En effet celui-ci était trop haut pour que je puisse voir l'intérieur. Chaque jour je photographiais ainsi le nid pour voir si l'oiseau était venu y pondre des oeufs. Ce que j'attendais avec impatience est enfin arrivé : il y avait un oeuf vert clair tacheté de marron.


Je pensais qu'il allait bientôt être couvé, mais plusieurs jours ont passé et le nid restait inhabité. Ensuite un deuxième oeuf est venu s'ajouter au premier. Comme les nuits étaient très fraîches, je pensais que ces pauvres oeufs orphelins n'allaient sûrement pas résister au froid. Cela m'a rendue un peu triste.

Heureusement, peu après, l'oiseau s'est enfin installé dans le nid, où il s'est mis à couver. Mais je me suis à nouveau inquiétée, car parfois il s'envolait et ne revenait que plusieurs heures plus tard. Peut-être s'était-il fait dévorer par un vilain matou ? Une explication moins pessimiste et plus plausible était que notre présence sur la terrasse l'effrayait sûrement. A partir de ce jour, j'ai fait tout mon possible pour ne pas le déranger. Mais parfois mon mari oubliait qu'il devait faire attention : il sortait sur la terrasse, effrayant l'oiseau qui abandonnait ses oeufs. Comme je lui avais reproché plusieurs fois son manque d'égards vis-à-vis de "mon" oiseau, il avait fini par prendre, comme moi, l'habitude de profiter de ses courtes absences pour aller, par exemple, arroser les fleurs ou cueillir du persil.

Normalement les mâles viennent nourrir les femelles dans le nid, mais il s'agissait apparemment d'une mère célibataire que le père avait lâchement abandonnée et elle devait donc subvenir seule à ses besoins. Nous n'allions sur la terrasse que quand nous y étions vraiment obligés et en attendant le moment propice, c'est-à-dire pendant ses repas. J'avais trop peur qu'elle n'ose plus revenir. Ainsi pendant environ un mois, nous avons dû déserter la terrasse et nous installer dans le jardin, assez loin du nid pour ne pas être ressentis comme une menace. Nous ne nous sentions plus chez nous. Cela commençait à agacer sérieusement mon mari.

Je continuais à photographier régulièrement le nid, dès que la maman s'absentait pendant quelques minutes. C'était plus facile et plus rapide que de prendre un escabeau pour voir s'il y avait du nouveau. Au bout d'une dizaine de jours, à la place des oeufs, j'ai vu deux oisillons avec de gros yeux et pas la moindre plume. L'un semblait plus gros que l'autre. C'était sûrement l'oeuf qui avait été pondu en premier. Ils étaient immobiles et j'ai eu peur qu'ils ne soient morts. Leurs corps inertes me faisaient penser à des poulets rôtis, à l'étalage d'un supermarché. Quelle déception ! J'aurais tant aimé voir ces petits oiseaux devenir grands et s'envoler.

Mes soupçons se sont confirmés quand le nid est resté silencieux, alors que j'aurais dû entendre de temps en temps des pépiements d'oisillons affamés. Pourtant la femelle semblait parfois leur donner à manger. Mais je n'entendais toujours aucun bruit et j'avais peur qu'elle s'obstine simplement à rester près d'eux, même si elle pouvait voir qu'ils n'étaient pas vivants.

Mais quand j'ai pris une nouvelle photo quelques jours plus tard, j'ai été très heureuse de voir qu'ils étaient bien vivants et qu'ils avaient poussé très vite.

Il m'a semblé toutefois qu'ils ne ressemblaient pas à des gobemouches. On aurait dit des petits de merle. Ceux-ci sont en effet marron et tachetés. Mon imagination s'est alors mise à galoper. Peut-être qu'un merle avait jeté les oeufs du gobemouches, comme le font les coucous et les avait remplacés par les siens ? Comment allait réagir la maman en voyant ses enfants devenir trois fois plus gros qu'elle ? J'ai repris mes recherches en ornithologie. Mon guide ne suffisant pas, je suis allée à la bibliothèque de Rødby où Jane, la gentille bibliothécaire, m'a prêté un gros livre sur le comportement des oiseaux. J'ai appris qu'il arrive que des merles pondent leurs oeufs dans un nid étranger, si leur propre nid a par exemple été détruit. Mais ils choisissent toujours le nid d'un autre merle, jamais celui d'une espèce différente. J'ai appris aussi que les jeunes gobemouches ont le plumage tacheté et plus foncé que celui des adultes. Il s'agissait donc bien de bébés gobemouches.

La maman est restée environ une semaine dans le nid. Je la voyais perchée de plus en plus haut, au fur et à mesure que les oisillons grandissaient. Je pense qu'ils ont fini par prendre trop de place, car un beau jour elle les a laissés seuls, le jour comme la nuit. Mais elle venait régulièrement leur apporter des insectes à manger. Je voyais maintenant deux petites têtes qui dépassaient du nid.

Le mâle avait fini par assumer son rôle de père. Il aidait maintenant la femelle à nourrir les petits. Tous les  deux protégeaient leur couvée et étaient très agressifs. Dès que j'ouvrais la porte de la terrasse, ils accouraient en poussant des cris affreux. Un jour, ils m'ont même attaquée. Ils m'ont foncé dessus comme des missiles à tête chercheuse. J'ai juste eu le temps de me réfugier dans la maison. Je me sentais ridicule d'avoir si peur de deux petits oiseaux. Mais ma crainte était en partie fondée : j'avais en effet entendu dire que, chaque année, des personnes faisant du jogging dans les bois, à proximité de nids d'oiseaux de proie, avaient été attaquées et blessées à la tête. Les petits gobemouches sont moins redoutables et ils voulaient, je pense, simplement m'intimider. Mon mari trouvait que j'étais ridicule d'avoir peur. Quand j'allais cueillir du persil, il me demandait goguenard : "Tu veux que je te couvre ?" comme si j'étais un personnage de film policier menacé par des hommes armés.

L'envol se faisant 12 ou 14 jours après l'éclosion, le moment approchait. En effet, un jour j'ai vu celui que j'avais surnommé "le grand frère" se dresser sur ses pattes et commencer à battre des ailes. Après quelques essais infructueux, il s'est tout à coup envolé. Sa maman qui, apparemment, l'avait observé comme moi, l'a rejoint et l'a escorté jusqu'à l'arbre le plus proche.

Quel drame pour le pauvre petit frère ! Il a piaillé toute la journée à vous fendre le coeur. Il était inconsolable, même si sa maman et son père continuaient à venir lui donner à manger. Il essayait de temps en temps de déployer ses ailes et de se dresser sur ses pattes. Mais celles-ci étaient flageolantes et il retombait à chaque fois au fond du nid. Le soir il a fini par se résigner et se coucher pour dormir. Cela a dû être très dur pour lui de ne pas sentir à côté de lui la présence réconfortante et la chaleur de son frère.  J'ai vraiment eu de la peine pour lui. Mais le lendemain, j'ai trouvé
le nid vide. Il avait réussi à aller rejoindre sa maman et son frère dans l'arbre.

Comme je ne voulais pas risquer un deuxième squat, j'ai enlevé la corbeille et nous avons retrouvé avec joie notre terrasse. Et l'on ne m'y reprendra plus. Je ne laisserai plus aucun oiseau investir la terrasse.


1 "Oiseaux des parcs et des jardins", Helga Hofmann, éd. Nathan 

Publié dans OISEAUX

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