LES CHEVREUILS GOURMANDS

Publié le par Françoise Andersen

 

 

Les chevreuils qui vivent dans un petit bois proche de notre lotissement traversent parfois notre jardin. Ils s’y attardent rarement, car ils préfèrent aller chez nos voisins, qui ne viennent que le week-end. Ils peuvent ainsi squatter les lieux en toute tranquillité, pendant la semaine.

                  

                     

 

Bent, mon voisin, adore les animaux, et fait tout pour les attirer. Mais il aime aussi ses fleurs et il n’appréciait pas, quand il arrivait de Copenhague, le vendredi soir, de retrouver parfois uniquement des tiges de tulipes, de pensées, de géraniums, etc., parce que des cervidés s’étaient bien régalés avec les fleurs pendant son absence.

 

Quand je suis arrivée au Danemark cette année-là, j’ai donc eu la désagréable surprise de voir que Bent avait fait deux affreux petits enclos sur sa pelouse. Ils étaient destinés à protéger les petits arbres fruitiers qu’il venait de planter et à mettre à l’abri ses semis et ses pots de fleurs.

 

Craignant apparemment que les chevreuils ne sautent par-dessus le grillage, il avait aussi mis, autour du tronc des petits arbres fruitiers, une sorte de tuyau en plastique gris, car il avait entendu dire que les cervidés étaient très friands de l’écorce des jeunes arbres.

 

Je trouvais qu’il était en train de sombrer dans la paranoïa, simplement à cause de quelques fleurs mangées ici et là. Je regrettais de voir son jardin enlaidi de cette façon, avec toute la végétation “emprisonnée”. Je venais de m’acheter un tout petit arbre japonais avec de jolies petites feuilles roses, mais je ne voulais pas imiter Bent. Je n’ai donc rien fait pour le protéger, mais je l’ai amèrement regretté ensuite ! Tout s’est bien passé pendant 2 mois. Mais un jour, à notre retour d’une courte promenade sur la plage, nous avons constaté, furieux, qu’en notre absence des cervidés avaient grignoté l’écorce du petit tronc, qui se trouvait en partie dénudé. Nous espérions que ce petit arbre allait survivre, mais malgré tous les soins que je lui ai prodigués et le grillage destiné à empêcher une récidive, il s’est desséché petit à petit et nous avons dû l’arracher avant notre départ. J’ai gardé ce grillage pour le mettre autour du nouvel arbre que je planterai cette année.

 

Même si, sur le moment, j’en ai beaucoup voulu aux chevreuils et aux biches, je leur ai vite pardonné, car cette jeune écorce verte et tendre devait être très appétissante. Et puis je les aime beaucoup. C’est tellement beau et rare de voir une biche avec ses faons, en liberté !

 

Je dois souvent me contenter de les admirer quand ils sont dans le jardin du voisin, mais parfois j’ai la chance qu’une biche s’arrête à quelques mètres de moi, juste derrière la haie qui sépare les deux jardins. Elle me regarde, immobile et très calme. C’est un moment privilégié : quand je plonge mon regard dans le sien, je me sens emplie d’une grande sérénité et j’ai l’impression de ne faire qu’un avec la nature.

     5268707005 21b11c2309 b

Publié dans CHEVREUILS

Commenter cet article