Le sauvetage de la petite pensée

Publié le par Françoise Andersen

 

 
J'aime bien sauver des vieilles choses destinées à être jetées et leur donner une seconde vie.  Cela demande souvent beaucoup de temps et de travail, car il faut parfois non seulement nettoyer et astiquer, mais gratter la rouille, poncer, peindre, etc. Mais j'adore ces "sauvetages". Cela me fait mal au coeur de voir tout ce dont les gens se débarrassent. Même s'ils ne veulent pas se donner la peine de réparer les vieux objets, ils pourraient au moins les offrir à des associations caritatives. Quel gâchis, surtout au Danemark, qui est un pays riche !  Dans les déchetteries, on voit parfois, par exemple, des fauteuils en cuir, destinés à être incénérés. Ils ont été jetés uniquement parce que le cuir était un tout petit peu usé à certains endroits. Il aurait pourtant suffi d'un simple coup de téléphone à la Croix rouge ou aux chiffonniers d'Emmaüs, pour que des gens démunis en profitent. Cela aurait aussi réduit un peu la pollution de l'air. Heureusement il y a maintenant une prise de conscience collective dans beaucoup de pays et des efforts sont faits dans le domaine de la récupération.
 
Un des mes "recyclages" dont je suis très fière est celui d'un landau de poupée que des gens avaient déposé devant chez eux, sur le bord du trottoir, avec d'autres déchets encombrants que les éboueurs devaient venir ramasser le lendemain. Je regrette de ne pas l'avoir photographié dans l'état où il était quand je l'ai trouvé. Heureusement, j'ai un ami qui, comme moi, aime rénover les objets. Il est en train de remettre à neuf un modèle qui a aussi une cinquantaine d'années et que j'ai pu  photographier. Avant d'être rénové, il était presque identique au "mien", qui était dans un état aussi lamentable.     
 
Je me souviens encore de l'immense joie que j'ai éprouvée ce jour-là en rapportant mon "trésor" à la maison, sous le regard résigné de mon mari.  Celui-ci avait fini par marcher à quelques pas derrière moi, pour que les gens ne voient pas qu'il était avec cette folle qui traînait derrière elle cette épave. Il est pourtant habitué à mes accès de "folie douce", mais il trouvait cette fois-ci que j'exagérais. Mais j'ai plus d'imagination que lui et je me représentais ce landau une fois débarrassé de la rouille, repeint et avec une nouvelle capote. Je comptais arracher les lambeaux de toile cirée, ne garder que les arceaux et refaire la capote avec du tissu. J'allais bien entendu utiliser du tissu récupéré dans des vieux rideaux, avec lesquels je comptais aussi confectionner un oreiller et une enveloppe de couette. 
 
C'est à ma petite-fille, Christina, que je réservais cette surprise. Après plusieurs heures de travail pour de piètres résultats, j'avais commencé  à me dire que j'avais été trop optimiste. Mais je m'étais imaginé alors le regard émerveillé de Christina quand elle allait voir  ce qui allait devenir une merveille et j'avais repris courage. Et il en fallait ! Mais j'ai fini par être bien récompensée en contemplant le résultat final. Ma petite-fille a été ravie et très fière de sa Mamie qui avait réalisé ce que mon mari considérait comme un miracle.
 
Tous mes voisins savent qu'avant d'aller jeter de vieux objets à la déchetterie, ils doivent d'abord me demander si quelque chose m'intéresse. Il arrive parfois ensuite qu'ils soient presque jaloux, en voyant ce que j'ai pu en tirer. Certains recyclages demandent seulement un peu d'imagination. Une amie avait une sorte de photophore en céramique, de style oriental, qui ne lui plaisait plus. Je l'ai bien sûr récupéré. Jai tout de suite vu qu'il pouvait devenir une petite mangeoire à oiseaux, si je remplaçais la bougie par des graines de tournesol. Mes petites mésanges l'apprécient beaucoup.
 
 
Cette année, je ne me suis pas contentée de sauver des objets. J'ai aussi sauvé une petite fleur. Dans les hautes herbes qui recouvrent la dune se cachent  ici et là des fleurs sauvages. Parmi elles il y a des mini-pensées qui ne sont guère plus grosses qu'une violette.
                      
 
 
Un jour, j'étais assise sur la plage, quand j'ai vu  tout à coup dans le sable une petite pensée mauve. J'ai d'abord cru qu'un enfant l'avait cueillie sur la digue et s'était amusé à l'enfoncer dans le sable. Mais je me suis aperçue qu'elle avait poussé là et qu'elle avait des racines profondes. Elle allait être piétinée, alors j'ai tout de suite décidé d'essayer de la sauver. Je l'ai sortie du sable avec d'infinies précautions. Dès mon retour je l'ai plantée dans le jardin et je l'ai bien arrosée, en faisant des voeux pour qu'elle survive. Le lendemain elle avait l'air vraiment pitoyable. Mais j'ai continué à l'arroser et quelques jours plus tard, elle avait repris vie. La pensée est une plante annuelle, mais parfois elle se sème toute seule et elle ressort l'année suivante. J'espère que c'est ce qui se produira et que je la retrouverai au printemps.                   
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Sherry 12/11/2012 15:18


j'aime beaucoup cette publication, merci merci... bonne journée

Françoise Andersen 12/11/2012 23:04



J'avais presque regretté de l'avoir publiée car je me disais que ce n'était en fait pas tout à fait en accord avec le thème. Ton commentaire m'a rassurée. Merci :))



gilren 05/11/2012 19:35


Bonsoir Françoise


Je suis passé en coup de vent mais je suis sûr que je reviendrai pour y prendre des bols d'air frais et de jouvence. D'emblée,  ce blog me semble magique . Voilà une rencontre qui ne
m'est pas inopportune. A bientôt !

Françoise Andersen 05/11/2012 20:12



Merci pour ce gentil commentaire. A bientôt