LE CHEVAL POLI

Publié le par Françoise Andersen

 

 A la lisière de la forêt de Thonon, il y a un grand pré. Quand je pars en promenade, j’emporte toujours des bouts de pommes et de carottes, pour les donner au cheval qui a l’air de s’y ennuyer ferme et qui accourt vers moi, dès qu’il me voit. 

Quand il y a beaucoup d’herbe, il n’a pas très faim et recherche plutôt ma compagnie et mes caresses ; mais dès que l’herbe se fait rare, il semble affamé, bien qu’il y ait, à l’autre bout du pré, une grande cabane qui lui sert d’écurie et où il doit avoir à boire et à manger. Mais mes pommes et mes carottes sont sûrement plus alléchantes, quand il manque de vitamines.

Un jour j’ai décidé de m’amuser à lui apprendre la politesse. A chaque fois que je lui donnais un morceau de pomme, je lui disais : « Dis merci » en faisant de grands hochements de tête. Il a fini par comprendre ce que je voulais et il m’a imitée. Ce n’était que quand il "avait dit merci" que je continuais à lui donner à manger. Certains esprits sceptiques prétendront que mes talents de pédagogue n’y sont pour rien et que c’est un geste inné chez les chevaux, mais la suite m’a prouvé que j’ai peut-être raison.

Ce jour-là, j’avais préparé des carottes et des pommes coupées en quatre (il faut faire durer le plaisir !), mais malheureusement, j’avais tout oublié sur la table de la cuisine. En me rapprochant du pré, j’avais mauvaise conscience et j’espérais que le cheval n’y serait pas, car parfois il est au travail. Il sert en effet de monture aux enfants de son propriétaire. Mais je l’ai aperçu de loin. Quand il m’a vue, j’ai encore eu plus mauvaise conscience, car il hochait la tête dans ma direction. Quand je suis arrivée à sa hauteur, il a amplifié son geste. J’ai essayé de lui montrer mes mains vides, mais il a continué. Je suis même allée jusqu’à retourner mes poches pour lui montrer qu’elles étaient vides. Il a alors eu l’air de se résigner. Je lui ai caressé longuement le museau, pour essayer de me faire pardonner.

Maintenant je n’oublie plus jamais de lui apporter à manger. Si je m’aperçois que j’ai oublié, je n’hésite pas à faire demi-tour. Je ne voudrais pas le décevoir une seconde fois.

 

©  Françoise Andersen

Cette histoire a déjà été publiée, il y a quelques années, sur le site de l'école de Martigny (Suisse)

                          http://zwook.ecolevs.ch/martigny/zwook/enfants/histoiresvraies

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marine D 13/05/2017 15:27

Ils sont gourmands et ils aiment aussi la compagnie nos amis les chevaux...