La maman cygne

Publié le par Françoise Andersen

 

L’été, quand nous séjournons au Danemark, sur l’île de Lolland, nous aimons beaucoup faire des balades à bicylette sur la digue. Elle longe la mer Baltique sur une trentaine de kilomètres et protège les terres qui ont été asséchées il y a environ deux siècles. Au début, cette digue ne faisait que 2,40 m de haut, mais elle a été réparée et réhaussée après un raz de marée qui avait fait 86 victimes en 1872. Elle fait maintenant 3,70 m de haut. Notre maison est au-dessous du niveau de la mer et il faut monter un escalier pour aller sur la plage.

 

 Un jour nous avons aperçu de loin un cygne qui allait et venait, semblant chercher quelque chose.

Nous avons l’habitude de voir de temps en temps des faisans ou des lièvres sur la digue, mais nous n’y avions jamais vu de cygne. Normalement ils sont dans les marais, côté terre. Parfois ils s’envolent pour aller se poser, de l’autre côté, sur la mer.

Ce cygne semblait tout à fait désorienté : il faisait des allées et venues rapides entre la digue et la mer. Il tournait la tête de tous les côtés et se penchait parfois pour examiner le sol entre les hautes herbes. J’ai dit à mon mari en plaisantant : "Il a dû perdre quelque chose !". En effet, il me faisait penser à quelqu’un qui aurait perdu ses clés ou son téléphone portable. Comme il ne pouvait pas avoir perdu quelque chose, je me suis dit qu’il était peut-être fou. Ceci s’est confirmé quand nous nous sommes rapprochés et qu’il nous a barré la route en battant des ailes. Son bec était grand ouvert et il en sortait des bruits agressifs. Il avait l’air très menaçant. Nous sommes descendus de nos bicyclettes n’osant aller plus loin, car il avait l’air très menaçant. Je me sentais assez ridicule et je me demandais combien de temps nous allions nous laisser tyranniser par ce méchant oiseau.

Heureusement, un groupe de cyclistes est arrivé à toute vitesse en sens inverse. Il a pris peur devant tous ces vélos qui fonçaient sur lui et a battu en retraite, en descendant de l’autre côté de la digue. C’est alors que mon mari m’a dit : "Regarde les petits cygnes". En contrebas, des bébés cygnes attendaient patiemment leur maman. Je suppose qu’ils ont été très heureux de la retrouver et elle de retrouver sa petite famille.

Étant donné que ses bébés étaient trop petits pour s’envoler avec elle vers la mer, elle y était allée à pieds - ou plutôt à pattes - suivie de sa marmaille. Peut-être qu’au moment où elle traversait la digue, des passants avaient effrayé les petits cygnes qui étaient redescendus au lieu de suivre leur maman. Quand celle-ci s’était aperçue de leur absence, elle s’était donc mise à les chercher et à empêcher les gens de passer, de peur qu’ils trouvent ses petits avant elle et qu’ils leur fassent du mal.

Cette histoire s’est heureusement bien terminée et elle montre que toutes les mamans sont pareilles : elles font tout pour protéger leurs petits.

Publié dans OISEAUX

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