L'OISEAU - PHÉNIX

Publié le par Françoise Andersen

 

 “Françoise ! Viens voir un drôle d’oiseau”. Je me suis précipitée dans le jardin et j’ai vu une grosse boule de plumes qui poussait des petits cris désespérés en levant vers moi un bec jaune béant.

J’ai mis un certain temps avant de m’apercevoir qu’il s’agissait tout simplement d’un bébé merle. Le pauvre avait si peur qu’il ébouriffait ses plumes et paraissait ainsi énorme. Pas de maman merle à l’horizon. J’allais une fois de plus jouer les mamans merles adoptives. Comme je ne pouvais pas aller dénicher un vermisseau pour le lui mettre dans le bec, je me suis contentée de faire une sorte de pâtée avec de la mie de pain et de déposer le tout devant lui, mais pas trop près afin de ne pas l’effaroucher. Puis je suis retournée dans la maison et je l’ai observé de ma fenêtre.

 

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L’oisillon était apparemment affamé, car il n’a pas tardé à venir picorer ma pâtée. Peu après, il a disparu dans la haie, mais j’ai continué chaque jour à déposer de la nourriture. Au bout de quelque temps, il est venu manger les miettes destinées aux moineaux. Et très vite, il est arrivé le premier quand je jetais mes miettes.

 

J’ai décidé de l’apprivoiser. Ne connaissant pas son nom, je me suis contentée de l’appeler “P’tit oiseau”. Au bout de quelques jours il répondait à l’appel, avant que je lui jette les miettes depuis la porte de la cuisine. Il n’a pas tardé à devancer mon appel et à venir mendier devant la porte. Même quand j’avais le dos tourné, je sentais tout à coup sa présence et j’étais heureuse d’avoir ce petit compagnon à la fois libre et dépendant de moi. Même si je n'étais que sa maman adoptive, j'étais fière de le voir grandir.

 

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Mais un jour, le drame s’est abattu sur mon jardin. J’ai trouvé P’tit oiseau inerte sur la terrasse. 

 

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J’ai soulevé avec précaution le petit corps encore tiède et je l’ai enterré, le coeur très triste. J’ai planté sur la petite tombe deux primevères.

 

Le lendemain matin, il faisait soleil, mais le jardin m’a pourtant semblé triste et sans vie. Je tournais le dos à la porte donnant sur la terrasse, quand il m’a semblé sentir la présence de P’tit oiseau. Je me suis dit que j’étais folle, car de la fenêtre je voyais la petite tombe toute fraîche. Je me suis quand même retournée et, miracle, P’tit oiseau était là, devant moi, tel l’oiseau phénix renaissant de ses cendres. Et c'était bien lui et non pas un autre oiseau, car il s'avançait vers moi, sans avoir peur. 

 

 

Je ne connaîtrai jamais la vérité, mais je pense qu’il y a deux explications possibles : l’oiseau que j’avais enterré était un “étranger” ou bien P’tit oiseau avait un frère. Peut-être qu’ils étaient deux, mais que je n’en avais vu qu’un seul à la fois. Enfin je n’ai pas cherché à comprendre. J’avais devant moi ce petit oiseau apprivoisé et bien vivant, alors qu’importe. Il ne faut pas chercher à expliquer les miracles...

 

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