L'oie de garde

Publié le par Françoise Andersen

Près de notre immeuble, quand nous habitions la banlieue de Copenhague, il y avait un petit lac qui était une véritable réserve d’oiseaux sauvages. Il y avait des cygnes, des mouettes, toutes sortes de canards et parfois aussi des oies.

 

                   

 

Un jour que nous avions fait une promenade autour du lac et que nous rentrions chez nous, notre attention à été attirée, dans une rue toute proche, par une oie qui faisait le tour d’une voiture, à pas cadencés. Nous nous sommes arrêtés pour l’observer. On aurait dit un soldat qui montait la garde. Dès qu’elle avait fait le tour de la voiture, toujours à la même distance (environ 50 cm) et à la même vitesse, elle repartait pour un autre tour. Intriguée par son manège, j’ai voulu traverser la rue pour l’observer de plus près, mais elle s’est mise à pousser des cris affreux et à battre des ailes, en me regrdant d’un air vraiment mauvais. Elle semblait partagée entre l’envie de rester près de la voiture et de traverser pour m’agresser. J’ai prudemment battu en retraite et nous avons poursuivi notre chemin.

 

 

Le lendemain nous sommes repassés au même endroit, pour voir si l’oie était encore là. Elle était toujours à son poste. Dès qu’elle avait fini de longer la voiture, elle virait à angle droit pour continuer son tour.

 

Ce jour-là il y avait une autre voiture garée derrière la jaune, mais cela ne l’empêchait pas de se faufiler dans cet espace restreint pour continuer sa ronde. Apparemment les habitants du quartier savaient qu’elle était agressive et s’en méfiaient. Sur la photo, on voit en effet que le cycliste amorce un détour pour ne pas passer trop près d’elle et se faire agresser.

 

Nous avons remarqué que la maison devant laquelle la voiture jaune était garée avait les volets fermés. J’ai dit à mon mari pour plaisanter : "Ces gens-là doivent être partis en vacances en avion. Ils ont sûrement l’habitude de donner à manger à l’oie et, en échange, elle monte la garde devant leur voiture pendant leur absence". Ce petit manège a duré environ deux semaines. Le jour où nous avons vu que les volets de la maison étaient à nouveau ouverts, l’oie avait disparu.

 

Peut-être qu’une oie peut se comporter comme un chien ? Quand ma petite-fille était bébé, sa maman l’avait mise un jour dans son landau, dans le jardin, pour qu’elle fasse sa sieste. Elle avait dit à Blacky, le labrador : "Garde le bébé". Il s’était assis près du landau, semblant tout fier de ses nouvelles responsabilités. Quand la voisine, qui était une amie de ma belle-fille et qui connaissait pourtant bien Blacky est entrée peu après dans le jardin, Blacky ne l’a pas laissée approcher du landau. Il grognait, montrait ses crocs et avait l’air si féroce qu’elle a dû rebrousser chemin. Peut-être qu’avant de partir, les habitants de la maison avaient dit à l’oie : "Garde la voiture"....

 

 

 

Publié dans OISEAUX

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