Deuxième nouvelle autobiographique - Première partie

Publié le par Françoise Andersen


Voici un  texte que j'ai écrit sur Internet au Danemark dans les années 90. C'est une nouvelle entièrement autobiographique. Elle avait amusé mes amis internautes de l'époque et j'espère qu'elle va aussi vous amuser. 

 

Le début n'est pas très passionnant, mais ça se corse ensuite.

 

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Ah.... "Quelques fleurs »  d'Houbigan... Je doute que ce parfum existe encore. Si je pouvais plonger mes narines dans les effluves s'échappant d'un vieux flacon, je suis sûre que je remonterais le temps comme Proust avec sa madeleine.

 

C'était en 1955. J'avais 16 ans. Ma meilleure amie allait en avoir 17. Nous étions inséparables et nous nous confiions tous nos petits secrets. Elle s'intéressait déjà aux garçons, alors qu'aucun représentant du sexe dit fort n'avait encore fait battre mon coeur. Mais un jour, au lieu de s'enticher à nouveau d'un grand dadais de terminale du lycée de garçons,  elle a jeté son dévolu sur un présentateur de télévision. Celui-ci est décédé il y a 2 ou 3 ans. Comme je ne veux pas dévoiler son identité, je l'appellerai J. 

 

Nous n'avions pas encore la télé à la maison, mais les parents de mon amie avaient "un poste de télévision" comme on disait à l'époque. C'était un vrai meuble en beau bois qui trônait dans un coin du salon. En fait il y avait surtout du bois: au milieu on voyait une toute petite fenêtre très bombée et il était bien sûr en noir et blanc. Mais pour moi c'était quand même miraculeux.

 

Un jour mon amie m'a dit qu'il fallait absolument que je vienne chez elle un mardi à 18 h, car il y avait un présentateur qu'elle trouvait, suivant l'expression de l'époque "vachement bien". Les jeunes d'aujourd'hui diraient qu'elle "le kiffait" !. Je n'ai pas partagé son enthousiasme en le voyant. C'était un grand échalas un peu voûté au visage long, brun avec une mèche qui lui tombait sur le front, l'air assez sympathique quand même. Mais j'ai trouvé que c'était un vieillard: il avait bien 28 ou 30 ans ! Mon amie a paru un peu déçue de ma réaction. Moi je n'avais pas encore rencontré le prince charmant, mais si je l'avais rencontré,  il aurait eu les traits de Gérard Philippe, que j'avais vu peu avant dans Ruy Blas au TNP !  J. présentait une émission scientifique et les parents étaient étonnés, mais ravis, de constater notre brutal engouement pour la science. Chaque mardi, nous nous retrouvions les yeux rivés sur le petit écran.

 

Un jour, mon amie m'a dit qu'elle avait envie d'écrire à J. Mais comme elle avait une écriture de petite fille et que la mienne avait plus de caractère, elle m'a demandé si je pouvais l'écrire pour elle. J'ai bien sûr accepté, heureuse d'être mêlée à une telle aventure. Elle a commencé par me  dicter ce que je devais écrire, mais comme elle manquait d'inspiration, je suis passée très vite du statut de scribe à celui d'écrivain public. C'était moi qui suggérais ce qu'il fallait lui écrire et nous en discutions ensuite ensemble. C'était une lettre d'une jeune téléspectatrice avide d'apprendre, passionnée par l'émission et admiratrice de son talentueux présentateur. Nous avons très vite écrit une seconde lettre, puis une troisième, etc. Je revois le papier à lettres: rose doublé d'un fin papier fleuri. Comme si cela ne suffisait pas, l'enveloppe subissait une bonne douche de "Quelques fleurs" d'Houbigan avant de passer à la boîte au lettres. Et le tout partait pour l'ORTF, 15 rue Cognacq Jay, à Paris. Pendant plusieurs semaines  tout le courrier adressé à la télé a dû empester le parfum, car celui-ci était très tenace et nous ne lésinions pas sur la quantité. Les lettres partaient régulièrement, à raison je crois d'une lettre par semaine (le même rythme que celui de l'émission).

 

Très vite j'étais passée (puisque c'était moi qui avais vite pris les rênes épistolaires) à un style plus intime. Je lui parlais de notre vie (de MA vie), c'était en quelque sorte le journal intime d'une lycéenne. J'essayais aussi de l'amuser, de le faire rire.  Mais n'obtenant jamais de réponse, nous avons commencé à nous poser des questions. Lisait-il ces lettres. Peut-être qu'il les jetait sans les lire ou bien qu'une secrétaire jalouse les interceptait ? Alors j'ai eu - une fois de plus ;) - une idée géniale. 

 

À suivre ...

 


 


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@nnie54 10/02/2013 15:27


Bonjour Françoise, 


Ravie de te retrouver sur la blogo. Ben dis donc, j'attends la suite bien entendu... qu'à t'u pu inventer pour essayer pour prolonger cette aventure à deux ! 


j'espère que tu vas bien, et surtout n'en fais pas trop... à bientôt pour la suite.


bien amicalement, @nnie


 

Françoise Andersen 10/02/2013 21:59



Moi aussi je suis bien contente de vous retrouver tous/ toutes.  :))


Même si je voulais en faire trop, je ne le pourrais pas car je me fatigue très vite. Mais je reprends  petit à petit des forces chaque jour. Les premiers jours je n'avais même pas le courage
de lire mes mails !


Je vais essayer de mettre la deuxième partie en ligne avant de me coucher. 



nadia-vraie 09/02/2013 20:44


J'ai hâte de lire la suite, que peuvent faire des adomescentes avec l'éveil de l'amour!!!


ne te fatigue pas trop Françoise.


Amicalement,

Françoise Andersen 10/02/2013 08:33



Bonjour Nadia  :))


J'ai été très étonnée d'avoir déjà eu une lectrice.


Merci de ton intérêt pour mes petites histoires. C'est amusant, quand on devient vieux, de se rappeler toutes les petites bêtises qu'on a faites étant jeune !


J'ai été très fière de gagner le concours de décembre. Malheureusement c'était juste après l'opération et je n'ai pu savourer ce succès qu'à mon retour à la maison, la semaine dernière, quand
j'ai retrouvé avec plaisir Internet


Je souhaite de passer une bonne journée. Il doit faire très froid chez toi car même ici il gèle. Mais le ciel est bleu et le soliel est déjá sorti